France

19 juin 2017 22:31; Act: 19.06.2017 22:43 Print

Edouard Philippe va former un nouveau gouvernement

Le Premier ministre français a été chargé lundi par Emmanuel Macron de former un nouveau gouvernement d'ici mercredi soir, au lendemain des législatives.

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Edouard Philippe. (Photo: AFP)

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Formalité classique après un scrutin législatif, le Premier ministre a démissionné mais a été reconduit aussitôt dans ses fonctions par le président qui l'a chargé de former une nouvelle équipe. Le remaniement devrait être d'ampleur limitée, selon le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

Le nouveau gouvernement ne comprendra toutefois pas un proche d'Emmanuel Macron, le ministre de la Cohésion territoriale Richard Ferrand, visé par une enquête préliminaire de la justice dans une affaire immobilière.

Après avoir réussi son pari d'un grand renouvellement politique, avec notamment la fin du bipartisme droite gauche, Emmanuel Macron, le plus jeune président de France à 39 ans, entend s'atteler à ses nouvelles priorités sur le plan intérieur : moralisation de la vie politique, réforme du droit du travail et renforcement de l'arsenal antiterroriste.

Le parti présidentiel la République en marche (REM) et sa formation alliée du MoDem (centriste) ont obtenu dimanche une large majorité absolue à l'Assemblée, balayant les autres partis en emportant 350 des 577 sièges (dont 308 pour REM seul).

Le PS défonfit

Laminé, le parti socialiste n'obtient que 30 élus contre 284 dans l'Assemblée sortante. Les Républicains (droite) parviennent à en conserver 112 (130 avec leurs alliés centristes). Déçu dans ses ambitions, le parti d'extrême droite Front national conquiert néanmoins 8 sièges (contre 2 auparavant), dont un pour sa présidente Marine Le Pen.

Les électeurs ont-ils pour autant donné un blanc-seing au président pour conduire ses réformes? Pas tout à fait, relève la presse, en raison de l'abstention historique ayant marqué l'élection (57% au second tour), perçue comme le refus d'une «carte blanche» au nouvel exécutif.

«Nous obtenons une majorité nette mais en même temps les Français n'ont pas voulu signer de chèque en blanc», a admis Christophe Castaner.

«Le peuple est entré en grève générale civique», a lancé le héraut de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, élu à Marseille (sud) et dont le parti vieux d'un an à peine, La France insoumise, a obtenu 17 sièges.

Déjà des manifs

Plusieurs rassemblements, de quelques centaines de personnes, ont eu lieu lundi dans le pays, à l'appel notamment de syndicats et d'associations, pour dénoncer les prochaines réformes de l'exécutif, accusé comme à Paris de vouloir procéder à un «plan de destruction sociale massive». A Lyon (centre-est) ils étaient 300 à demander : «face aux ordonnances, défendons nos conquêtes sociales!».

L'élection législative a consacré les jeunes partis et les nouveaux venus en politique : 91% des nouveaux députés REM et 100% de ceux de la France insoumise n'ont jamais siégé à l'Assemblée nationale.

Sur les 345 députés candidats à la réélection seuls 140 ont passé la rampe. Et parmi les députés figurent maintenant 224 femmes, un nombre record.

(nxp/afp)