Une info à nous transmettre? Une histoire à nous raconter? Ecrivez-nous à
web@20minutes.ch 
Saint-Valentin en Iran
13 février 2012 23:11; Act: 13.02.2012 23:11 Print
Fête aimée de la jeunesse, mais pas du pouvoir
Le régime iranien a beau tenter d'étouffer la Saint-Valentin, qu'il considère comme une fête occidentale «décadente», elle a un succès grandissant au sein de la jeunesse iranienne aisée, qui tente de profiter de l'occasion pour fêter l'amour.
Les commerçants de Téhéran soulignent que les bouquets de rose, les cartes avec le mot «love», les chocolats ou les parfums sont très demandés, alors que de nombreux Iraniens prévoient de sortir en couple, comme en atteste le propriétaire d'un restaurant italien, dont toutes les tables sont réservées.
Une des raisons de ce succès grandissant tient de la démographie: 60% des 75 millions d'Iraniens ont moins de 30 ans, et un Iranien sur trois a entre 15 et 30 ans.
La Saint-Valentin est en outre perçue comme une journée où il est toléré de courtiser, dans un pays où les bars, boîtes de nuit et soirées mixtes sont interdits.
Pour Elmira, étudiante en architecture de 24 ans, la Saint-Valentin, surtout célébrée par les jeunes des classes moyennes à aisées, consiste à «échanger des cadeaux puis sortir dîner».
Mais ces rituels suffisent à exaspérer les autorités, inquiètes du déclin du mariages ces dernières années, qu'elles attribuent à la superficialité importée d'Occident.
Les dignitaires au pouvoir en Iran ont interdit l'an dernier la fabrication et la vente d'objets liés à la Saint-Valentin, estimant que les déclarations impudentes n'ont pas leur place dans la culture musulmane.
Saba, étudiante en graphisme de 18 ans, préfère participer à une soirée privée plutôt que de prendre le risque de s'attirer les foudres de la police des moeurs iranienne en se rendant dans un restaurant ou un autre lieu public de Machhad, ville sainte du nord-est de l'Iran où elle réside.
«Nous ne ferions rien de contraire à l'islam dans un café ou un restaurant, mais il n'y a pas beaucoup d'endroit dans notre ville où on peut sortir en toute quiétude le soir de la Saint-Valentin», estime-t-elle.
Les soirées à domicile ne sont pas exemptes de risques: la police contrôle régulièrement ces fêtes, et les jeunes gens consommant de l'alcool ou dansant sont interpellés.
«J'aimerais recevoir des cadeaux et du chocolat», lance la jeune fille, selon qui l'évènement n'a rien à voir avec le calendrier chrétien.
(afp)




















