Dette

15 novembre 2017 07:06; Act: 15.11.2017 13:51 Print

Fitch aussi, considère Caracas en défaut partiel

L'étau se resserre autour de la dette vénézuélienne. Mais Caracas «s'en fout» et mise sur un accord avec la Russie.

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Image prétexte (Photo: AFP)

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Le Venezuela s'est défendu mardi comme un «bon payeur», après avoir été déclaré en défaut partiel sur sa dette par les agences Fitch (mardi) et S&P (lundi), tout comme son joyau pétrolier PDVSA, celui-ci obtenant néanmoins un léger répit face à ses créanciers internationaux.

«Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation, le département du Trésor (américain), l'Union européenne et Donald Trump», a déclaré le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez. «On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons», a-t-il ajouté, augurant d'un succès des négociations engagées avec les créanciers sur une restructuration de la dette.

Caracas doit en effet conclure mercredi avec Moscou un accord pour alléger le poids de sa dette envers la Russie, l'un de ses principaux créanciers qui apporte ainsi son soutien à un allié stratégique sans pour autant le tirer d'affaires. L'accord devrait permettre de rééchelonner les remboursements voire diminuer ou effacer des créances. Depuis des mois, Caracas et Moscou négocient de nouveaux termes pour un crédit de près de trois milliards de dollars accordé en 2011 pour financer l'achat d'armements russes (chars et missiles).

La Chine (28 milliards de dollars) et la Russie (9 milliards) sont les principaux créanciers du Vénézuéla.

Caracas dément

Dimanche soir, le président socialiste Nicolas Maduro avait affirmé avec virulence que «jamais» le pays sud-américain ne se déclarerait en défaut de paiement.

Mais coup sur coup lundi et mardi, les agences de notation S&P Global Ratings puis Fitch ont décidé de placer le Venezuela en défaut partiel, constatant que son gouvernement n'avait pas réussi à payer, à l'issue du délai de grâce de 30 jours, des échéances sur sa dette extérieure.

Fitch a également pris une décision similaire envers le fleuron de l'industrie vénézuélienne, le groupe pétrolier public PDVSA, critiqué pour avoir tardé jusqu'à une semaine pour régler deux échéances d'un montant total de deux milliards.

Jorge Rodriguez a toutefois nié tout problème de règlement, assurant que les versements étaient en cours.

Court répit pour PDVSA

PDVSA a toutefois obtenu un court répit: l'association internationale des produits dérivés (ISDA), réunie à New York, a renoncé à trancher dans l'immédiat la question d'un défaut de paiement de 1,161 milliard le concernant, en attendant d'«obtenir des informations claires sur le calendrier des paiements effectués».

Ce comité spécialisé composé de 15 sociétés financières se réunira de nouveau jeudi à New York à 18H00 GMT «pour poursuivre les discussions».

Redoutée depuis des semaines, l'annonce de défaut partiel du pays ravive les inquiétudes sur les capacités de Caracas à continuer de rembourser sa dette extérieure d'environ 150 milliards de dollars.

Elle pourrait précéder un défaut général, en d'autres termes une incapacité totale de payer ses dettes, alors que la population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

Pression internationale

La réunion, lundi à Caracas des créanciers internationaux pour renégocier ses conditions d'emprunt s'est achevée sans accord même si les parties prévoient une prochaine rencontre. Cela n'a pas empêché les autorités vénézuéliennes de la qualifier de «succès retentissant».

Le Venezuela, ruiné notamment par la chute des cours de l'or noir, ne dispose plus que de 9,7 milliards de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici fin 2017, puis 8 milliards en 2018.

«Il est très probable que nous considérions toute restructuration de la dette vénézuélienne comme un échange imposé aux créanciers assimilable à un défaut, compte tenu des fortes contraintes pesant sur la liquidité extérieure», a souligné S&P.

Inquiétudes

S&P comme Fitch s'inquiètent aussi des sanctions du gouvernement américain, qui interdit à ses citoyens et banques d'accepter tout accord des autorités vénézuéliennes, ce qui devrait compliquer et allonger les discussions avec les créanciers. Selon Caracas, 70% d'entre eux sont Nord-américains (Etats-Unis et Canada).

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique latine, risque de se retrouver coupé des marchés, tout comme PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et de filiales à l'étranger.

Il est déjà sous pression de la communauté internationale, qui dénonce la radicalisation du président Maduro. Lundi, l'Union européenne lui a infligé des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes.

«L'annonce de la restructuration a généré plus d'incertitudes que de certitudes sur les marchés et la réunion plus de questions que de réponses, donc le Venezuela se rapproche d'un défaut de paiement formel», explique à l'AFP l'analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS.

Le taux de rendement sur la dette vénézuélienne à 10 ans a atteint mardi 50,39%, traduisant une hausse des craintes sur la solvabilité du pays. Il avait culminé à 54,08% le 7 novembre, avant de redescendre à 42,54% le 13 novembre.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Hugues le 15.11.2017 10:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ils sont bien gérés

    Le Venezuela est un des plus grands producteurs de pétrole et malgré ça il y a des gents qui ont des pénuries alimentaires. Ces sociétés de notation ne font que démontrer la réalité économique du pays. Le problème est à chercher dans les vrais raisons de cette situation. Évidemment le fait qu'il y a un gouvernement d'extrême gauche tendance dictature, n'a rien à voir.

  • Alan Devaud le 15.11.2017 09:33 Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    a ces agences de notation qui se placent au dessus des etats, des citoyens et de la démocratie pour enrichir et alimenter la haute finance.

  • Canard Wc le 15.11.2017 16:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Statistiques

    Bof, si ces agences faisaient correctement leurs travail, elles n'accepteraient pas les 3% de chômage bidon que notre pays donne en référence...

Les derniers commentaires

  • Canard Wc le 15.11.2017 16:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Statistiques

    Bof, si ces agences faisaient correctement leurs travail, elles n'accepteraient pas les 3% de chômage bidon que notre pays donne en référence...

  • Hugues le 15.11.2017 10:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et ils sont bien gérés

    Le Venezuela est un des plus grands producteurs de pétrole et malgré ça il y a des gents qui ont des pénuries alimentaires. Ces sociétés de notation ne font que démontrer la réalité économique du pays. Le problème est à chercher dans les vrais raisons de cette situation. Évidemment le fait qu'il y a un gouvernement d'extrême gauche tendance dictature, n'a rien à voir.

  • Alan Devaud le 15.11.2017 09:33 Report dénoncer ce commentaire

    Stop

    a ces agences de notation qui se placent au dessus des etats, des citoyens et de la démocratie pour enrichir et alimenter la haute finance.