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Paris
24 janvier 2013 06:03; Act: 24.01.2013 22:16 Print
Florence Cassez est de retour en France
Libérée par la Cour suprême du Mexique après huit ans de prison, la Française Florence Cassez a atterri peu avant 14 heures à Paris.
La Française Florence Cassez a été accueillie jeudi à Paris en héroïne par les médias et les politiques. Elle a été libérée mercredi après sept ans de prison, la Cour suprême du Mexique ayant annulé sa condamnation pour des enlèvements qu'elle a toujours niés.
Chronologie de l'affaire Florence Cassez
- 8 décembre 2005 : Vallarta et Florence Cassez sont arrêtés, selon leurs témoignages. Les policiers soupçonnent Vallarta de diriger un groupe qui aurait à son actif une dizaine d'enlèvements et un meurtre.
- 9 décembre 2005: l'Agence fédérale d'investigation (AFI), la police judiciaire fédérale, met en scène devant des caméras de télévision l'arrestation de Cassez et Vallarta dans le ranch, ainsi que la libération de trois otages. Ces images sont présentées faussement comme un reportage «en direct». Ce montage sera reconnu deux mois après par les autorités.
- 27 avril 2008 : Florence Cassez est condamnée à 96 ans de détention pour quatre enlèvements, association de malfaiteurs et possession d'armes. En fait, cette condamnation correspond à la somme de plusieurs peines qui pourront être purgées simultanément. La peine effective est alors de 20 ans. La Française fait appel. Son ex-compagnon assure qu'elle est innocente.
- 3 mars 2009 : en appel, la peine totale passe à 70 ans. Comme la peine maximale au Mexique est de 60 ans, la peine effective de Florence Cassez triple pour passer de 20 ans en première instance à 60 ans.
- 9 mars 2009 : les présidents français Nicolas Sarkozy et mexicain Felipe Calderon s'accordent pour qu'un groupe de travail juridique binational étudie un éventuel transfèrement de Florence Cassez en France.
- 22 juin 2009 : le président Calderon rejette un éventuel transfèrement de Florence Cassez dans une prison française dans le cadre de la Convention de Strasbourg.
- 10 février 2011 : la Cour de cassation rejette le recours déposé par les avocats de Florence Cassez, rendant définitive sa condamnation aux yeux de la justice mexicaine.
- 7 mars 2011 : l'avocat mexicain de Florence Cassez annonce qu'il a déposé un recours en révision pour inconstitutionnalité devant la Cour suprême du Mexique.
- 21 mars 2012 : quatre juges sur cinq reconnaissent les irrégularités de la procédure, mais seuls deux d'entre eux se prononcent pour la libération immédiate de la Française. En l'absence de majorité, une nouvelle réunion doit avoir lieu.
- 9 janvier 2013: la juge Olga Sanchez transmet à ses collègues de la Première chambre de la Cour suprême une proposition d'annulation de la condamnation de la Française avec renvoi devant la cour d'appel.
- 23 janvier 2013: Par trois voix sur cinq, la Première chambre de la Cour suprême du Mexique ordonne la libération immédiate de la Française, en raison de la violation de ses droits constitutionnels lors de la procédure.
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a accueilli personnellement Florence Cassez, sortie la veille de la prison pour femmes de Tepepan (Mexico), à sa descente d'avion. Il a salué son «courage» face à l'«injustice».
«Libre, je l'ai toujours été dans ma tête», a lancé la Française de 38 ans qui avait fait le voyage avec son père et son avocat Frank Berton et qu'attendaient entre autres sa mère et son frère à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.
Elle a estimé avoir été «innocentée» par la Cour suprême du Mexique, dont trois juges sur cinq ont approuvé son relâchement en raison de la violation de ses droits fondamentaux, mais sans se prononcer explicitement sur le fait de savoir si elle était innocente.
«Vrais coupables»
«J'ai souffert en tant que victime pendant plus de sept ans et je pense que la base est là, mettre les vrais coupables en prison, c'est aider les victimes d'enlèvements», a affirmé Florence Cassez, ajoutant: «C'est une grande victoire aussi pour les Mexicains, dans le sens où justice a été rendue».
A la question de savoir ce qu'elle souhaitait faire désormais, elle a répondu: «Profitez des miens, vivre.»
Au Mexique, où des milliers d'affaires d'enlèvement restent impunies, la décision de la Cour suprême a été dénoncée par les proches des victimes.
Sarkozy oublié par Hollande
En France au contraire, le chef de l'Etat François Hollande qui doit la recevoir vendredi à l'Elysée a salué la décision de la Cour suprême et remercié dans un communiqué «tous ceux qui, au Mexique comme dans notre pays, se sont engagés pour que la vérité et la justice prévalent».
Au grand dam de responsables de la droite, il n'a pas cité le nom de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, qui s'était aussi démené pour la jeune Française et en avait fait une cause nationale, au même titre que la libération d'Ingrid Bétancourt.
L'affaire avait même provoqué en 2011 une crise diplomatique ayant entraîné l'annulation par Mexico de l'année du Mexique au France, après la décision de M. Sarkozy de dédier cet événement à la jeune femme. Pour calmer le jeu, François Hollande avait quant à lui dit faire «toute confiance à l'indépendance de la justice mexicaine».
Nicolas Sarkozy «m'a sauvé la vie», a assuré Florence Cassez. «Je suis passée par des moments où je n'avais plus le courage de me battre», a-t-elle ajouté.
Fiancé mexicain
Florence Cassez avait été arrêtée le 8 décembre 2005 en compagnie de son fiancé mexicain, soupçonné de diriger un groupe accusé d'une dizaine d'enlèvements et d'un meurtre.
Le lendemain, un montage télévisé organisé par la police avait fait croire à son arrestation en direct et fait d'elle, aux yeux des téléspectateurs mexicains, «Florence la diabolique», membre d'une bande criminelle spécialisée dans des enlèvements qui sont un véritable fléau au Mexique.
L'idée reste depuis ancrée dans l'opinion mexicaine, même si une partie de la presse a changé de bord ces derniers mois et soutenu l'idée de sa libération au fur et à mesure que les révélations s'accumulaient sur les zones d'ombre de ce dossier.
Centaines de détenus
Très rapidement, son comité de soutien et son avocat avaient réussi à sensibiliser médias et politiques au plus haut niveau, choqués par la lourdeur de sa condamnation en 2009 à 60 ans de prison pour enlèvements et délinquance organisée, dans un dossier comprenant de nombreuses irrégularités.
Son sort avait très rapidement déclenché une forte mobilisation contrastant avec l'indifférence entourant parfois le sort d'autres Français détenus à l'étranger qui sont aujourd'hui plus de 2200, dont sept condamnés à mort.
Le président mexicain ne veut plus d'affaire Cassez
Le président mexicain Enrique Peña Nieto a regretté jeudi que les irrégularités constatées lors de procédures judiciaires empêchent de déterminer l'innocence ou la culpabilité d'un accusé, et exhorté les autorités à faire en sorte que ne se reproduise pas le cas de la Française Florence Cassez.
«Je regrette que dans ce cas comme dans beaucoup d'autres affaires, les erreurs et violations de la procédure empêchent le pouvoir judiciaire de déterminer l'innocence ou la culpabilité d'une personne», a déclaré le président mexicain au cours d'une cérémonie publique à Mexico.
Le président a toutefois «réaffirmé son respect absolu pour les décisions du pouvoir judiciaire», au lendemain de la décision de la Cour Suprême d'accorder à la Française sa libération immédiate en raison des violations de la procédure ayant mené à sa condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements.
Reportage:
(Source: youtube.com)
(ats)
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Tous les 118 Commentaires

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et puis?
on s'en moque !
Haha
Au moins elle aura appris quelque chose... L'espagnol !!!
on a marre
voila un plus de la democretie,les droits des homme,et les droits de les victimes ce pour quand?