Hommage aux victimes de Toronto

30 avril 2018 03:21; Act: 30.04.2018 08:31 Print

«L'amour pour tous, la haine pour personne»

Bougies, fleurs et prières étaient de sortie dimanche pour rendre hommage aux dix personnes tuées par le chauffard de Toronto.

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Des milliers de personnes ont laissé des bougies, des fleurs et beaucoup de messages à la cérémonie dimanche soir à Toronto en hommage aux dix morts percutés volontairement par une camionnette six jours plus tôt.

Dix bougies à l'abri du vent dans des photophores étaient alignées sur la scène pour les huit femmes et les deux hommes happés mortellement lundi à la mi-journée par la camionnette de location conduite par Alek Minassian en plein centre de Toronto. Les victimes de la camionnette sur la rue Yonge, une des artères les plus commerçantes du Canada ou dans les rues avoisinantes, étaient âgées de 22 à 94 ans.

«L'amour pour tous, la haine pour personne» pouvait-on lire sur de grandes affiches ou sur des T-shirt bleus portés par plusieurs personnes dans la foule où avait pris place le Premier ministre Justin Trudeau.

La gouverneure générale du Canada Julie Payette, représentante de la reine Elizabeth II, des chefs de gouvernements provinciaux comme Kathleen Wynne (Ontario) ou Philippe Couillard (Québec), ou le maire de Toronto John Tory avaient également pris place au coeur de la foule des anonymes.

«Nos peines se reflètent dans les yeux de l'étranger à côté de nous», a déclaré Alexa Gilmour, pasteur de l'Eglise unifiée Windermere. «Ensemble tenons-nous debout», a-t-elle lancé en ouverture d'un hommage où l'émotion et la tristesse dominaient. «Nous sommes comme une famille, nous avons enduré une tragédie», a poursuivi Lilly Cheng, une des maîtres de cérémonie.

Des représentants de toutes les communautés religieuses de Toronto, la ville la plus cosmopolite du Canada, ont ensuite rendu hommage en prières aux victimes.

Roses blanches

Pour le rabbin Baruch Frydman-Kohl, «Toronto a ressenti la peine d'autres villes» comme Londres, Paris, Berlin, Nice ou Stockholm où des véhicules-bélier ont délibérément tué des piétons au hasard de leur course folle. Une camionnette de six mètres sur une distance de 2,1 km a laissé dix morts et 16 blessés, a-t-il rappelé en substance.

Mary Elizabeth Forsyth, Géraldine Brady, Dorothy Sewel, Beutis Renuka Amarasingha, Chung So-he, Anne-Marie D'Amico, Andrea Bradden, Kim Ji-hun, Kang Chul-min, Mounir Habib Najjar, les noms des victimes ont ensuite été égrenés et dix officiers religieux ont tour à tour déposé une rose blanche près du chaque photophore symbolisant les personnes disparues.

«Nous serons plus reconnaissants pour la vie que nous avons» en repensant à cette tragédie dans le futur, a souligné Lilly Cheng en fin de cérémonie ponctuée par l'hymne canadien.

Au lendemain de la tuerie, la police avait convenu que le chauffeur Alek Minassian avait visé «majoritairement des femmes» juste après avoir publié sur Facebook «un message énigmatique» contre le sexe féminin. «La rébellion Incel a déjà commencé!», avait-il écrit en référence à la sous-culture «incel», abréviation anglophone pour «involontairement célibataire».

Ce mouvement se fond dans l'ensemble «masculiniste» et sexiste plus large sur internet, appelé «manosphère», et plus actif depuis le regain de popularité du féminisme avec le mouvement #MeToo. Alek Minassian a été arrêté sept minutes après avoir projeté la camionnette sur les premières femmes. Il a été inculpé de meurtre avec préméditation et de tentative de meurtres.

(nxp/afp)