Violences au Kénya

12 août 2017 17:19; Act: 13.08.2017 05:07 Print

La contestation des élections fait 11 morts

De nombreux heurts ont éclaté depuis l'annonce de la réélection du président Uhuru Kenyatta contestée par l'opposition.

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Le président kényan Uhuru Kenyatta a été investi mardi. (Mardi 28 novembre 2017) Il a été élu pour un second et dernier mandat à la tête de son pays après saga électorale, marquée notamment par l'invalidation en justice de la présidentielle du 8 août. (Mardi 28 novembre 2017) Réélu à la présidentielle d'octobre, boycottée par l'opposition, Uhuru Kenyatta a prêté serment sous les vivats des 60'000 personnes rassemblées dans un stade du nord-est de la capitale Nairobi. (Mardi 28 novembre 2017) Le chaos était rendez-vous autour du stade de Kasarani. La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des partisans du président qui voulaient pénétrer dans l'enceinte déjà remplie, faisant plusieurs blessés. (Mardi 28 novembre 2017) Uhuru Kenyatta est bien réélu à la tête du Kenya. La Cour suprême du Kenya a rejeté ce lundi les deux recours demandant l'invalidation de l'élection présidentielle du 26 octobre. (20 novembre 2017) De nouvelles manifestations ont éclaté ce vendredi à Nairobi, faisant au moins 3 morts. (17 novembre 2017) Deux recours ont été déposés devant la Cour suprême kényane pour contester la réélection du président sortant Kenyatta. (Lundi 6 novembre 2017 - Image 26 octobre) Raila Odinga: «On ne peut pas en rester là avec cette élection. Si on le permettait, ce serait une farce intégrale (...) et potentiellement la fin du scrutin électoral comme moyen d'instituer le gouvernement au Kenya.» (31 octobre 2017) Le président de la Commission électorale (IEBC) a tranché. Uhuru Kenyatta a remporté le premier scrutin, qui avait été annulé le 1er septembre par la Cour suprême. (Lundi 30 octobre 2017) Alors que les provinces de l'ouest du pays n'ont pas pu voter jeudi, la décision de la commission électorale est très attendue. (Image 28 octobre 2017) Kenya's President Uhuru Kenyatta casts his ballot as he votes at a polling station at Mutomo primary school in Kiambu on October 26, 2017 as polls opened for the presidential elections. / AFP PHOTO / SIMON MAINA Pour des raisons de sécurité, la Commission électorale a décidé vendredi de reporter à une date ultérieure le vote qui devait avoir lieu samedi dans quatre comtés de l'ouest du pays (Image - vendredi 27 octobre 2017) Kenya's President Uhuru Kenyatta casts his ballot as he votes at a polling station at Mutomo primary school in Kiambu on October 26, 2017 as polls opened for the presidential elections. / AFP PHOTO / SIMON MAINA Ces quatres comtés n'avaient déjà pas pu voter jeudi, pour les mêmes raisons. Les affrontements depuis jeudi ont fait au moins 8 morts et des dizaines de blessés. (vendredi 27 octobre 2017) Ces quatre comtés de l'Ouest sont aussi relativement favorables à l'opposant Raila Odinga (ici), candidat malheureux à la présidentielle d'août, présidentielle dont le résultat a été invalidé - d'où le nouveau vote de ce jeudi. (Image - 27 octobre 2017) La situation s'est tendue vendredi 27 octobre, dans les bastions de l'opposition, à l'Ouest du pays et surtout dans le bidonville de Kawangware (ici) à Nairobi. Une personne y a été tuée par la police, en marge d'affrontements entre communautés, de pillages et d'incendies. (IMage- vendredi 27 octobre) Le résultat, encore repoussé, ne fait toutefois aucun doute: Uhuru Kenyatta (ici) est assuré de l'emporter, Raila Odinga ayant décidé de ne pas participer à ce qu'il a qualifié de «mascarade» électorale. Mais la failbe participation (35% pourl e moment) n'assoit guère sa légitimité). (Image - jeudi 26 octobre 2017) Après une élection présidentielle marquée par des violences, le Kenya est encore plus divisé que par le passé. (Jeudi 26 octobre 2017) Des échauffourées ont éclaté jeudi matin entre forces de sécurité et manifestants à l'ouverture des bureaux de vote. La police a usé de la force pour disperser les opposants qui entravaient l'accès aux bureaux de vote, comme à , où l'on a déploré au moins trois morts. (Jeudi 26 octobre 2017) Un policier kényan tente de disperser une manifestation d'opposants. (Jeudi 26 octobre 2017) A Huruma, des électeurs se présentent au bureau de vote. (Jeudi 26 octobre 2017) Les bureaux de vote ouvraient timidement leurs portes au Kenya pour l'élection présidentielle, élection boycottée par l'opposition qui conteste la crédibilité du scrutin. (Jeudi 26 octobre 2017 - Image 25 octobre) Des femmes manifestent devant le siège de la Cour suprême kényane, qui n'a pas pu se réunir puisque cinq de ses sept juges étaient absents. (Mercredi 25 octobre 2017) L'opposition kenyane, menée par Raila Odinga, entend manifester le jour de l'élection présidentielle. (Mercredi 18 octobre 2017) La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, lors du scrutin du 8 août. Des irrégularités ont été relevées dans les opérations de vote. (1er septembre 2017) Raila Odinga lors d'une conférence de presse. Il a annoncé qu'il allait saisir la Cour Suprême pour contester la réélection du président Uhuru Kenyatta. (Mercredi 16 août 2017) L'opposition menée par Raila Odinga a reporté de 24 heures la présentation de sa stratégie pour contester la victoire d'Uhuru Kenyatta à la présidentielle kényane. (Mardi 15 août 2017) Déjà défait trois fois auparavant à la présidentielle, Raila Odinga a décidé de ne pas s'incliner sans avoir mené jusqu'au bout ce qui pourrait être sa dernière grande bataille politique, à 72 ans. (Lundi 14 août 2017) Le parti du président tout juste réélu Uhuru Kenyatta (ici à l'image) a ravi à l'opposition un nombre important de postes de gouverneurs, lors des élections générales du 8 août. (Lundi 14 août 2017) Un homme gît à terre après avoir été tabassé par la foule lors de heurts entre les soutiens du leader de l'opposition Raila Odinga et les supporteurs du président Uhuru Kenyatta. (Dimanche 13 août 2017) De violents affrontements ont opposé dimanche dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l'ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l'opposant Raila Odinga. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga ne cède pas et continue de contester le résultat de l'élection présidentielle kényane. Il annoncera sa stratégie mardi. (13 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) A Kibera, des supporteurs en colère de Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant selon eux à des membres de l'ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta. (Vendredi 11 août 2017) Les forces de sécurité kenyanes ont été déployées dans les rues de Kisumu peu après l'annonce de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta vendredi soir. (Vendredi 11 août 2017) Uhuru Kenyatta reçoit le certificat qui confirme sa réélection. (Vendredi 11 août 2017) Le président sortant Uhuru Kenyatta a été réélu avec 54,27% des voix. (Vendredi 11 août 2017) Les supporters de l'actuel président Uhuru Kenyatta fêtent sa victoire alors même que les résultats officiels ne sont pas tombés. L'opposition dénonce une mascarade. (Vendredi 11 août 2017) L'opposition a enjoint la Commission électorale de déclarer son candidat Raila Odinga «vainqueur» de l'élection présidentielle. Il aurait obtenu un peu plus de 8 millions de voix. (Jeudi 10 août 2017) La commission électorale au Kenya annonce que les résultats officiels tomberont vendredi midi au plus tard. L'attente est tendue. (Jeudi 10 août 2017) L'artiste de rue Solomon Muyundo, également connu sous le nom de Solo7, peint un message de paix dans les bidonvilles de Kibera, l'un des bastions du chef de l'opposition Raila Odinga à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) Une femme en pleurs. Son frère vient d'être abattu, dans une ruelle du bidonville de Mathare à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) La chasse aux manifestants qui soutiennent l'opposant Raila Odinga est donnée dans le bidonville de Mathare à Nairobi. La police a tiré à balles réelles. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré à balles réelles contre des partisans de Raila Odinga. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants ayant érigé des barricades et mis le feu à des pneus dans un quartier de la ville de Kisumu. (Mercredi 9 août 2017) L'opposant kényan Raila Odinga a rejeté en bloc mercredi les résultats d'une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique. (Mercredi 9 août 2017) Un face à face tendu entre police et manifestants. Les résultats du vote ont été transmis électroniquement par 94,5% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,36% des suffrages, contre 44,77% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, des manifestants ont dressé des barricades. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, les manifestants dénoncent le trucage électorale. Partisans de Raila Odinga, ils appellent à la démission de Uhuru Kenyatta. (Mercredi 9 août 2017) Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorale Quelque 19,6 millions d'électeurs étaient appelés à départager Uhuru Kenyatta, fils du premier président du Kenya indépendant, et Raila Odinga, vétéran de la politique Des urnes sont prises en charge par des inspecteurs de la Commission électorale (IEBC) de l'école primiare de Huruma L'opposant Raila Odinga vote dans le bidonville de Kibera. (8 août 2017) Une Masaï fait la queue pour voter, à Ewaso Kendo. (8 août 2017) En compagnie de son épouse, Uhuru Kenyatta oter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Uhuru Kenyatta vient de voter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Dans les faubourgs de Nairobi, une forte affluence pour voter.. (8 août 2017) A Mombasa, la queue pour aller voter. (8 août 2017) Un partisan de Uhuru Kenyatta, lors de la campagne électorale. (Vendredi 4 août 2017) Une manifestation de soutien à Raila Odinga, à Nairobi. (Samedi 5 août 2017) L'opposant Raila Odinga, 72 ans, vétéran de la politique kényane, est candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle. Le président sortant Uhuru Kenyatta participe à une prière préélectorale à Nairobi. Le fils du premier président du Kenya indépendant espère remporter le scrutin prévu le 8 août. (30 juillet 2017))

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La tension restait vive dimanche au Kenya, où l'opposition a durci le ton après la mort d'au moins onze personnes dans les affrontements entre manifestants et policiers qui ont éclaté dès l'annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta.

Ces violences, circonscrites à des bastions de l'opposition dans l'ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, opposaient des partisans du candidat défait Raila Odinga, armés de pierres, aux forces de l'ordre qui les dispersaient à coups de gaz lacrymogène et de tirs d'armes automatiques. Le reste du pays, où le calme prévalait, tournait au ralenti.

«Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne renoncerons pas», a asséné samedi après-midi Johnson Muthama, l'un des hauts responsables d'une opposition qui n'a cessé depuis le scrutin de mardi de crier à la fraude électorale et assure que son candidat a remporté le scrutin.

Depuis vendredi soir, au moins 11 personnes ont été tuées dans ces violences post-électorales, selon un bilan établi par l'AFP de sources policières et hospitalières.

Neuf personnes ont été tuées dans les bidonvilles de Mathare, Kibera et Kawangware, dans la capitale, dont une fille de neuf ans touchée par balle alors qu'elle se trouvait sur un balcon au quatrième étage d'un immeuble. Deux autres décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya.

Répression implacable

Au total, 17 personnes ont été tuées depuis les élections générales organisées mardi dans ce pays de quelque 48 millions d'habitants, qui garde vivace à l'esprit le souvenir des violences électorales de 2007-2008, les pires enregistrées dans le pays depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1963.

La répression menée par les forces de sécurité a été implacable, même si le ministre de l'Intérieur, Fred Matiangi, a certifié que la police n'avait pas fait un «usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays».

Un photographe de l'AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d'émeutiers dans la nuit de vendredi à samedi à Kibera. Et l'ONG Médecins sans frontières a indiqué avoir traité 54 personnes, dont sept blessés par balle, dans le seul bidonville de Mathare. Human Rights Watch a par ailleurs appelé les forces de sécurité «à faire baisser et non augmenter la violence».

Imputant ces incidents à des «éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés», Fred Matiangi a assuré que «la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays».

Vieilles rancoeurs

Crédité de 54,27% des voix, Uhuru Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à Raila Odinga (44,74%), dans une adresse à la Nation. «Nous devons travailler ensemble (...) nous devons ensemble faire grandir ce pays», avait-il lancé, appelant l'opposition à ne pas «recourir à la violence».

Il y a dix ans, plus de 1100 personnes avaient été tuées et 600'000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par Raila Odinga. Mais le contexte des élections de mardi diffère de celui d'il y a dix ans. Même si elles remettent en lumière de vieilles rancoeurs entre communautés, les violences sont pour l'instant limitées aux bastions de l'opposition.

Seule l'ethnie Luo, celle de Raila Odinga, semble par ailleurs se mobiliser. Les autres composantes de la coalition d'opposition Nasa, les Luhya et Kamba, restent pour l'heure à l'écart des violences, et leurs leaders discrets depuis l'annonce des résultats. Le contexte politique est également différent. En 2008, l'essentiel des violences avaient opposé les Kikuyu d'Uhuru Kenyatta aux Kalenjin. Or ces deux ethnies sont désormais alliées, le vice-président William Ruto étant un Kalenjin.

Les missions d'observation internationales ont globalement salué la bonne tenue des élections. Le groupe d'observateurs indépendants kényans ELOG, qui avait déployé 8300 personnes sur le terrain, a publié samedi des conclusions «cohérentes» avec les résultats officialisés par l'IEBC.

Mais l'opposition, qui a écarté l'éventualité d'un recours en justice, ne semble pas décidée à relâcher la pression, et s'en est remise au «peuple» sans explicitement lui demander de descendre dans la rue. Quant à Raila Odinga, qui mène probablement la dernière grande bataille de sa longue carrière, il s'est muré dans le silence depuis l'annonce de sa défaite.

(nxp/afp)