Violences au Kénya

12 août 2017 17:19; Act: 13.08.2017 05:07 Print

La contestation des élections fait 11 morts

De nombreux heurts ont éclaté depuis l'annonce de la réélection du président Uhuru Kenyatta contestée par l'opposition.

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La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, lors du scrutin du 8 août. Des irrégularités ont été relevées dans les opérations de vote. (1er septembre 2017) Raila Odinga lors d'une conférence de presse. Il a annoncé qu'il allait saisir la Cour Suprême pour contester la réélection du président Uhuru Kenyatta. (Mercredi 16 août 2017) L'opposition menée par Raila Odinga a reporté de 24 heures la présentation de sa stratégie pour contester la victoire d'Uhuru Kenyatta à la présidentielle kényane. (Mardi 15 août 2017) Déjà défait trois fois auparavant à la présidentielle, Raila Odinga a décidé de ne pas s'incliner sans avoir mené jusqu'au bout ce qui pourrait être sa dernière grande bataille politique, à 72 ans. (Lundi 14 août 2017) Le parti du président tout juste réélu Uhuru Kenyatta (ici à l'image) a ravi à l'opposition un nombre important de postes de gouverneurs, lors des élections générales du 8 août. (Lundi 14 août 2017) Un homme gît à terre après avoir été tabassé par la foule lors de heurts entre les soutiens du leader de l'opposition Raila Odinga et les supporteurs du président Uhuru Kenyatta. (Dimanche 13 août 2017) De violents affrontements ont opposé dimanche dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l'ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l'opposant Raila Odinga. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga s'est rendu dimanche dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de l'élection présidentielle, «volée» selon lui par M. Kenyatta, le chef de l'État sortant. (13 août 2017) Raila Odinga ne cède pas et continue de contester le résultat de l'élection présidentielle kényane. Il annoncera sa stratégie mardi. (13 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) Le Kenya s'est réveillé samedi matin, ne sachant trop si les violences allaient ou non prendre de l'ampleur après les résultats de la présidentielles. Les violences dans les bidonvilles ont fait au moins huit morts. (12 août 2017) A Kibera, des supporteurs en colère de Raila Odinga ont attaqué et pillé des commerces appartenant selon eux à des membres de l'ethnie kikuyu, celle du président Kenyatta. (Vendredi 11 août 2017) Les forces de sécurité kenyanes ont été déployées dans les rues de Kisumu peu après l'annonce de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta vendredi soir. (Vendredi 11 août 2017) Uhuru Kenyatta reçoit le certificat qui confirme sa réélection. (Vendredi 11 août 2017) Le président sortant Uhuru Kenyatta a été réélu avec 54,27% des voix. (Vendredi 11 août 2017) Les supporters de l'actuel président Uhuru Kenyatta fêtent sa victoire alors même que les résultats officiels ne sont pas tombés. L'opposition dénonce une mascarade. (Vendredi 11 août 2017) L'opposition a enjoint la Commission électorale de déclarer son candidat Raila Odinga «vainqueur» de l'élection présidentielle. Il aurait obtenu un peu plus de 8 millions de voix. (Jeudi 10 août 2017) La commission électorale au Kenya annonce que les résultats officiels tomberont vendredi midi au plus tard. L'attente est tendue. (Jeudi 10 août 2017) L'artiste de rue Solomon Muyundo, également connu sous le nom de Solo7, peint un message de paix dans les bidonvilles de Kibera, l'un des bastions du chef de l'opposition Raila Odinga à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) Une femme en pleurs. Son frère vient d'être abattu, dans une ruelle du bidonville de Mathare à Nairobi. (Mercredi 9 août 2017) La chasse aux manifestants qui soutiennent l'opposant Raila Odinga est donnée dans le bidonville de Mathare à Nairobi. La police a tiré à balles réelles. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré à balles réelles contre des partisans de Raila Odinga. (Mercredi 9 août 2017) La police a tiré des grenades lacrymogènes en direction de plusieurs centaines de manifestants ayant érigé des barricades et mis le feu à des pneus dans un quartier de la ville de Kisumu. (Mercredi 9 août 2017) L'opposant kényan Raila Odinga a rejeté en bloc mercredi les résultats d'une élection présidentielle manipulée selon lui par piratage informatique. (Mercredi 9 août 2017) Un face à face tendu entre police et manifestants. Les résultats du vote ont été transmis électroniquement par 94,5% des bureaux de vote, créditant M. Kenyatta de 54,36% des suffrages, contre 44,77% pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, des manifestants ont dressé des barricades. (Mercredi 9 août 2017) Dans le bidonville de Mathare, les manifestants dénoncent le trucage électorale. Partisans de Raila Odinga, ils appellent à la démission de Uhuru Kenyatta. (Mercredi 9 août 2017) Le vote au Kenya se joue plus sur des sentiments d'appartenance ethnique que sur des programmes, et MM. Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo) avaient mis sur pied deux puissantes alliances électorale Quelque 19,6 millions d'électeurs étaient appelés à départager Uhuru Kenyatta, fils du premier président du Kenya indépendant, et Raila Odinga, vétéran de la politique Des urnes sont prises en charge par des inspecteurs de la Commission électorale (IEBC) de l'école primiare de Huruma L'opposant Raila Odinga vote dans le bidonville de Kibera. (8 août 2017) Une Masaï fait la queue pour voter, à Ewaso Kendo. (8 août 2017) En compagnie de son épouse, Uhuru Kenyatta oter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Uhuru Kenyatta vient de voter à Gatundi, dans la province de Gatundu. (8 août 2017) Dans les faubourgs de Nairobi, une forte affluence pour voter.. (8 août 2017) A Mombasa, la queue pour aller voter. (8 août 2017) Un partisan de Uhuru Kenyatta, lors de la campagne électorale. (Vendredi 4 août 2017) Une manifestation de soutien à Raila Odinga, à Nairobi. (Samedi 5 août 2017) L'opposant Raila Odinga, 72 ans, vétéran de la politique kényane, est candidat pour la quatrième et probablement dernière fois à la présidentielle. Le président sortant Uhuru Kenyatta participe à une prière préélectorale à Nairobi. Le fils du premier président du Kenya indépendant espère remporter le scrutin prévu le 8 août. (30 juillet 2017))

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La tension restait vive dimanche au Kenya, où l'opposition a durci le ton après la mort d'au moins onze personnes dans les affrontements entre manifestants et policiers qui ont éclaté dès l'annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta.

Ces violences, circonscrites à des bastions de l'opposition dans l'ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, opposaient des partisans du candidat défait Raila Odinga, armés de pierres, aux forces de l'ordre qui les dispersaient à coups de gaz lacrymogène et de tirs d'armes automatiques. Le reste du pays, où le calme prévalait, tournait au ralenti.

«Nous ne nous laisserons pas intimider, nous ne renoncerons pas», a asséné samedi après-midi Johnson Muthama, l'un des hauts responsables d'une opposition qui n'a cessé depuis le scrutin de mardi de crier à la fraude électorale et assure que son candidat a remporté le scrutin.

Depuis vendredi soir, au moins 11 personnes ont été tuées dans ces violences post-électorales, selon un bilan établi par l'AFP de sources policières et hospitalières.

Neuf personnes ont été tuées dans les bidonvilles de Mathare, Kibera et Kawangware, dans la capitale, dont une fille de neuf ans touchée par balle alors qu'elle se trouvait sur un balcon au quatrième étage d'un immeuble. Deux autres décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya.

Répression implacable

Au total, 17 personnes ont été tuées depuis les élections générales organisées mardi dans ce pays de quelque 48 millions d'habitants, qui garde vivace à l'esprit le souvenir des violences électorales de 2007-2008, les pires enregistrées dans le pays depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1963.

La répression menée par les forces de sécurité a été implacable, même si le ministre de l'Intérieur, Fred Matiangi, a certifié que la police n'avait pas fait un «usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays».

Un photographe de l'AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d'émeutiers dans la nuit de vendredi à samedi à Kibera. Et l'ONG Médecins sans frontières a indiqué avoir traité 54 personnes, dont sept blessés par balle, dans le seul bidonville de Mathare. Human Rights Watch a par ailleurs appelé les forces de sécurité «à faire baisser et non augmenter la violence».

Imputant ces incidents à des «éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés», Fred Matiangi a assuré que «la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays».

Vieilles rancoeurs

Crédité de 54,27% des voix, Uhuru Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à Raila Odinga (44,74%), dans une adresse à la Nation. «Nous devons travailler ensemble (...) nous devons ensemble faire grandir ce pays», avait-il lancé, appelant l'opposition à ne pas «recourir à la violence».

Il y a dix ans, plus de 1100 personnes avaient été tuées et 600'000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par Raila Odinga. Mais le contexte des élections de mardi diffère de celui d'il y a dix ans. Même si elles remettent en lumière de vieilles rancoeurs entre communautés, les violences sont pour l'instant limitées aux bastions de l'opposition.

Seule l'ethnie Luo, celle de Raila Odinga, semble par ailleurs se mobiliser. Les autres composantes de la coalition d'opposition Nasa, les Luhya et Kamba, restent pour l'heure à l'écart des violences, et leurs leaders discrets depuis l'annonce des résultats. Le contexte politique est également différent. En 2008, l'essentiel des violences avaient opposé les Kikuyu d'Uhuru Kenyatta aux Kalenjin. Or ces deux ethnies sont désormais alliées, le vice-président William Ruto étant un Kalenjin.

Les missions d'observation internationales ont globalement salué la bonne tenue des élections. Le groupe d'observateurs indépendants kényans ELOG, qui avait déployé 8300 personnes sur le terrain, a publié samedi des conclusions «cohérentes» avec les résultats officialisés par l'IEBC.

Mais l'opposition, qui a écarté l'éventualité d'un recours en justice, ne semble pas décidée à relâcher la pression, et s'en est remise au «peuple» sans explicitement lui demander de descendre dans la rue. Quant à Raila Odinga, qui mène probablement la dernière grande bataille de sa longue carrière, il s'est muré dans le silence depuis l'annonce de sa défaite.

(nxp/afp)