Sévices sexuels

15 février 2011 14:39; Act: 15.02.2011 15:36 Print

Il avoue avoir eu sept enfants avec sa belle-fille

Un Allemand accusé d'avoir violé sa fille, son beau-fils et sa belle-fille a reconnu avoir conçu sept enfants avec cette dernière.

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La famille de Detlef S.-Markus S.(depuis la droite), Bjoern B. et sa femme Nadja, la cousine Maria F. - arrive à la cour de Coblence. (Photo: Keystone)

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Detlef S., un Allemand accusé d'avoir violé sa fille, son beau-fils et sa belle-fille, a reconnu avoir fait sept enfants à cette dernière, selon son avocat qui a soutenu qu'elle était consentante, au premier jour du procès mardi à Coblence, dans l'ouest de l'Allemagne.

Dès le premier des cinq jours d'audience, l'avocat de Detlef S., un Allemand de 48 ans, a annoncé que son client reconnaissait être le père de sept enfants de sa belle-fille. Un huitième est mort peu après la naissance. Des tests ADN avaient de toute façon prouvé sa paternité pour tous les enfants vivants.

«Nous voulons établir qu'il est le père des sept enfants (...) Mais il conteste les charges (notamment pour viol) qui pèsent contre lui», a déclaré l'avocat Thomas Dueber, induisant que la belle-fille de l'accusé était consentante.

Sévices sexuels dans 350 cas

Detlef S., un ancien chauffeur routier au chômage, doit répondre de sévices sexuels sur des enfants et des mineurs dans 350 cas, de 1987 à 2010. Ces 350 cas concernent les membres de sa famille. L'accusé risque 15 ans de prison.

Portant un veston rouge et une chemise bleue, il est resté impassible pendant la lecture de l'acte d'accusation et ne s'est pas exprimé.

Sa belle-fille, actuellement âgée de 27 ans, vivait sous le même toit que sa mère et son père adoptif qui exerçait sur elle une très forte emprise psychologique, selon son avocate Katharina Hellwig.

Les enfants issus de cette jeune femme, appelée Natacha, et de son beau-père, sont actuellement âgés de 15 mois à 11 ans.

«La peine qu'il mérite»

«J'espère qu'il va recevoir la peine qu'il mérite et qu'il ne pourra plus jamais blesser quelqu'un», a déclaré Natacha, une jeune femme mince, brune aux cheveux courts, devant la presse.

Cette histoire «peut paraître incompréhensible pour les gens qui n'en sont pas partie prenante», a-t-elle reconnu.

Le beaux-fils de Detlef S., Björn S., a indiqué aux journalistes devant le tribunal avoir alerté il y a des années les services sociaux leur reprochant de n'avoir pas été capables de déceler les souffrances des enfants.

«En tant que travailleur social, on doit se rendre sur place et interroger les victimes sans le coupable présumé et pas les victimes avec le coupable présumé. C'est clair que si l'on fait comme ça, les enfants ne vont pas faire confiance aux services sociaux», a-t-il reproché, devant les caméras.

La terreur chez lui

Ancien chauffeur routier au chômage, le violeur pédophile présumé vivait depuis des années de l'aide sociale et des allocations familiales. Il aurait fait régner la terreur chez lui, frappant ses enfants et consommant abondamment de l'alcool, affirment de nombreux médias allemands. Plusieurs voisins ont reconnu avoir été soupçonneux et la police intervenait régulièrement à leur domicile, une immense maison blanche dans le petit village de Fluterschen, situé non loin de Coblence.

Il aurait également prostitué sa belle-fille et sa propre fille, aujourd'hui âgée de 18 ans, pour quelques dizaines d'euros. Selon l'acte d'accusation, il aurait frappé sa fille et ses deux-beaux enfants à coups de ceinture.

Lettre d'adieu

Sa fille, désespérée, avait écrit une lettre d'adieu à sa mère. Sa demi-soeur, la belle-fille de l'accusé, avait découvert la lettre et l'avait envoyée aux services sociaux, selon Mme Hellwig.

La mère des enfants, qui a aujourd'hui la cinquantaine, doit également témoigner au procès. Elle n'est pas considérée comme coupable. «Il semble qu'elle ait refoulé les faits», avait récemment estimé Mme Hellwig.

Dans un entretien au quotidien populaire Bild de mardi, la sage-femme qui a plusieurs fois fait accoucher la belle-fille, raconte que l'accusé était présent à chaque naissance. «Il avait l'air très sûr de lui et ne semblait pas craindre que les enfants parlent», a-t-elle indiqué.

Cinq jours d'audience sont prévus pour ce procès d'ici fin février.

Cette affaire évoque le cas de l'Autrichien Josef Fritzl, condamné en mars 2009 à la prison à vie, pour avoir séquestré sa fille Elisabeth pendant 24 ans, l'avoir réduite en esclavage sexuel et lui avoir fait sept enfants.

(afp)