Barbarie

08 septembre 2010 15:15; Act: 08.09.2010 16:17 Print

Ils lui avaient arraché 12 dents avec une pinceIls lui avaient arraché 12 dents avec une pince

Cinq accusés risquent jusqu'à la perpétuité pour avoir mutilé, violé et tué un jeune homme de 21 ans, en France.

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Des peines allant de 20 ans jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité ont été requises mercredi devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à l'encontre des cinq accusés qui comparaissent depuis le 30 avril pour avoir torturé à mort William Modolo, un garçon de 21 ans qu'ils avaient pris pour leur souffre-douleur, à Saint-Cannat.

La peine maximale prévue aujourd'hui par le Code pénal français a été réclamée mercredi par l'accusation à l'encontre Jean-Pierre Planqueel, 32 ans, présenté comme «le chef de la petite tribu» qui a tué la victime. L'avocat général Roland Mahy a en effet demandé la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Des peines de 20 à 30 ans ont été requises à l'encontre des quatre autres accusés, accusés de viol, d'actes de torture et de barbarie ou de complicité d'assassinat.

«Jeu de massacre»

Dans une métaphore judiciaire, l'avocat général a parlé de «logique barbare» qui a donné lieu à «un véritable jeu de massacre». «C'était un petit camp de concentration en réduction que ce camp où sévissait la bande» et qui a ouvert les portes «au calvaire de William Modolo», a insisté l'avocat général Roland Mahy. «L'effet de groupe n'est pas une atténuation de la responsabilité individuelle», a-t-il insisté.

Le cas d'un sixième accusé avait été disjoint en début d'audience, le 30 août dernier, pour des raisons de santé du mis en cause, âgé de 57 ans.

Atrocement mutilé et violé

C'est devant une assistance nombreuse que se sont déroulés pendant dix jours les débats. Jean-Pierre Planqueel, 32 ans, présenté par l'accusation comme «le chef», Franck Julien, 39 ans, un routard alternant depuis l'âge de 13 ans entre alcool et cocaïne, Arnaud Frapech, un fils d'avocat âgé de 29 ans, Barbara Jean-Louis, une aide maternelle de 28 ans, et Aurélie Piteux, une vendeuse de 24 ans, répondent de la mort, le 22 mai 2006, à Saint-Cannat, un village situé à quelques kilomètres d'Aix-en-Provence, de William Modolo, atrocement mutilé, violé à plusieurs reprises, battu à coups de pierres et brûlé en plusieurs endroits.

La victime avait succombé à ses blessures. Elle avait ensuite été abandonnée dans un sous-bois. William, qui mesurait 1,75 mètre et pesait près de 150 kilos, était un jeune homme complexé, esseulé, réputé naïf, en quête d'affection et d'amitié, qui vivait de petits boulots. Attiré par les marginaux, il s'était efforcé de convaincre sa mère peu de temps avant les faits qu'il avait de nouveaux amis: «T'inquiète pas maman, ils ne font pas de bêtises!»

Un souffre-douleur

Le calvaire de William Modolo a même mobilisé sur le site Facebook, où près de 10'000 soutiens se sont fait connaître en faveur de la famille. Pour des prétextes futiles, le vol d'un saucisson et la dégradation d'un groupe électrogène, ses bourreaux avaient décidé d'en faire son souffre-douleur. Ils avaient voté sa mort à l'unanimité avec pour prétexte que «si les bleus, ça disparaît, les dents, ça ne repousse pas».

Parmi les multiples tortures qui lui avaient été imposées, ses agresseurs lui avaient arraché douze dents avec une pince, ainsi que le révélera l'autopsie. Les avocats de la défense ont désormais la parole. Le verdict de la cour d'assises des Bouches-du-Rhône est attendu jeudi soir.

(ap)