Hollywood

23 mai 2012 23:21; Act: 23.05.2012 23:23 Print

Kathryn Bigelow trop bien informée?

Un élu américain critique l'aide de l'armée et de la CIA à la réalisatrice Kathryn Bigelow pour son film sur Ben Laden

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En Inde, sur le tournage du film de Kathryn Bigelow consacré à Osama Ben Laden, le 3 mars 2012. (photo: Keystone/AP)

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Un parlementaire américain a demandé mercredi des explications au Pentagone et à la CIA sur l'aide apportée aux producteurs d'un film en préparation sur l'élimination d'Oussama Ben Laden, tout en dénonçant la divulgation d'informations classifiées.
La veille, une organisation conservatrice a obtenu la publication de documents parmi lesquels des courriels et des compte-rendus de réunion, démontrant l'assistance du département de la Défense et de l'agence de renseignement apportée à la réalisatrice oscarisée Kathryn Bigelow et à son scénariste Mark Boal.

Ces documents «posent de nombreuses questions sur votre rôle central dans la fourniture d'informations classifiées et sensibles à des personnes sans les autorisations appropriées», dénonce le président de la commission de la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants, le républicain Peter King, dans un courrier au sous-secrétaire à la Défense chargé du Renseignement, Michael Vickers.

Une proposition sans lendemain

Au cours d'une réunion, M. Vickers a ainsi proposé à Mme Bigelow de mettre à sa disposition un membre de l'équipe des Navy Seals qui a pris part à la planification et à l'exécution de la mission au cours de laquelle le chef d'Al-Qaïda a été tué dans sa résidence d'Abbottabad, le 2 mai 2011.

«Il peut probablement vous donner tout ce que vous demandez», a-t-il dit à la réalisatrice, la seule condition étant de «ne pas révéler son nom d'aucune façon en tant que consultant», selon le compte-rendu d'une des réunions.

Selon le porte-parole du Pentagone, George Little, si la mise à disposition d'un «planificateur» a bien été «suggérée comme possible contact pour des informations sur le raid contre Ben Laden», une telle rencontre ne s'est jamais concrétisée.

Armée et cinéma de concert

Dans un autre courrier au sous-directeur de la CIA Michael Morell, Peter King s'indigne que la réalisatrice et le scénariste, ainsi qu'un lobbyiste démocrate recruté pour les besoins du film, aient eu accès à «au moins six reprises à des bâtiments de la CIA», parmi lesquels des zones sécurisées du Centre antiterroriste (CTC).

Le Pentagone collabore fréquemment avec Hollywood pour fournir des conseils techniques voire mettre à disposition des équipements militaires pour le tournage.

«Nous pensons que c'est un important service», a expliqué George Little. «Dans cette affaire, des responsables ont bien rencontré les producteurs du film au cours de leur phase de préparation, nous n'avons jamais revu le scénario du film», a-t-il reconnu.

Inquiétudes récurrentes

La polémique a été lancée dès l'été dernier par Peter King, qui a obtenu l'ouverture d'une enquête de l'Inspecteur général du Pentagone sur d'éventuelles fuites.

De nombreux responsables du Pentagone s'étaient inquiétés l'an passé de l'accumulation de détails fournis à la presse sur le raid des Navy Seals, qui risquait de compromettre des opérations futures.

L'élu républicain laisse entendre que l'administration Obama cherche à faire valoir sa principale réussite de politique extérieure --l'élimination du chef d'Al-Qaïda-- dans la perspective de la campagne présidentielle au cours de laquelle Barack Obama brigue un second mandat.

«Ce n'était en rien motivé par la politique mais par le souci d'informer le public américain», s'est défendu le porte-parole du Pentagone.

Le film, intitulé «Zero Dark Thirty» (non traduit) doit sortir sur les écrans américains le 19 décembre, après la présidentielle.

(afp)

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