Corée du Nord

13 février 2013 19:34; Act: 13.02.2013 22:20 Print

Kerry veut une réponse «forte» à Pyongyang

Le secrétaire d'Etat américain a exhorté mercredi la communauté internationale à répondre «avec force» au troisième essai nucléaire nord-coréen, dans le but également d'envoyer un avertissement à l'Iran.

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John Kerry est préoccupé par les risques de prolifération des armes nucléaires. (photo: Reuters)

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«Il ne s'agit pas seulement de la Corée du Nord (...) Il s'agit de prolifération et il s'agit de l'Iran parce qu'ils sont liés. Cela fait sens. Il est important que le monde soit crédible sur ses efforts de non-prolifération», a déclaré M. Kerry, interrogé par la presse sur l'essai nucléaire qu'a mené Pyongyang mardi.

«La communauté internationale doit maintenant se présenter unie avec une réponse rapide, claire, forte et crédible», a ajouté le ministre américain en référence aux résolutions déjà prises par le Conseil de sécurité de l'ONU contre la Corée du Nord.

«Ce qui est inadmissible pour la Corée du Nord doit l'être également pour l'Iran. Et notre réponse aura un impact sur tous nos autres efforts en matière de non-prolifération, c'est pour cela que c'est important», a insisté M. Kerry.

Le président américain Barack Obama avait promis mardi soir dans son discours sur l'état de l'Union une «action ferme» face aux «provocations» de la Corée du Nord, qui a procédé à son troisième essai nucléaire après ceux de 2006 et 2009.

Quant à l'Iran, il est dans le collimateur des grandes puissances et d'Israël pour son programme nucléaire controversé.

Nouvelles discussions entre l'Iran et l'AIEA

L'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont mené de nouvelles discussions mercredi à Téhéran. L'agence tente de conclure un accord pour enquêter sur le programme nucléaire controversé de l'Iran.

Les inspecteurs de l'AIEA étaient emmenés par le Belge Herman Nackaerts. Ils ont rencontré les négociateurs iraniens dirigés par le représentant d'Iran à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh.

A Téhéran, l'agence onusienne cherchait à avoir un accès plus large à des sites, individus ou documents pouvant éclaircir les points soulevés dans son rapport de 2011. Celui-ci évoque des éléments, présentés comme crédibles, selon lesquels l'Iran a oeuvré à la mise au point de la bombe atomique avant 2003 et peut-être après.

L'AIEA demande notamment de visiter la base militaire de Parchin, où des activités suspectes ont été décelées selon elle. Elle soupçonne Téhéran de bloquer l'accès au site afin d'effacer toute trace compromettante.

Accord sur certains points

L'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont trouvé un accord «sur certains points» des négociations sur le programme nucléaire controversé iranien, a annoncé mercredi le chef de la délégation iranienne à l'issue d'une journée de discussions à Téhéran.

«Des négociations intensives sur un cadre visant à régler les questions concernant le programme nucléaire iranien ont eu lieu (...). Des divergences ont été réglées et un accord sur certains points des modalités (de ce cadre) a été trouvé», a annoncé Ali Asghar Soltanieh, le représentant iranien à l'AIEA, sans préciser le contenu de cet accord.

«Il a été décidé que les deux parties étudient les nouvelles propositions faites (mercredi) et se retrouvent pour une nouvelle réunion», a ajouté M. Soltanieh, cité par les médias iraniens, sans donner le détail de ces propositions ni la date des prochaines discussions.


Accusations rejetées

L'Iran a rejeté le rapport de l'AIEA, et nie toutes les accusations de l'Occident et d'Israël qui le soupçonnent de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous le couvert d'un programme nucléaire civil. Téhéran souhaite surtout que l'accord signé avec l'agence de l'ONU respecte ses «droits nucléaires» à l'enrichissement.

Par ailleurs, l'Iran écarte tout accès à la base militaire de Parchin tant que l'AIEA n'a pas fourni les éléments sur lesquels l'agence base ses soupçons.

Conseil de sécurité

Faute d'avancée dans les négociations, l'Iran s'expose au risque d'une résolution lors de la réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA, demandant la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU. Celle-ci est prévue en mars.

Les négociations avec l'AIEA auront aussi un impact sur la reprise des discussions avec le groupe des 5 1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et Allemagne). Celle-ci agendée le 26 février à Almaty au Kazakhstan, après huit mois de suspension.

Durant la journée, la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a exprimé devant l'ONU l'espoir que Téhéran fasse preuve de «souplesse» dans ces négociations.

Nouvelles centrifugeuses

Dans la matinée, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie nucléaire (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, a confirmé que son pays a commencé «il y a un mois» l'installation de centrifugeuses de nouvelle génération sur son site d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre).

L'Iran tente depuis des années de fabriquer des centrifugeuses plus efficaces que les modèles IR-1, qui datent des années 1970 et tombent souvent en panne.

Selon lui, ces nouvelles machines «sont destinées à faire de l'enrichissement à 5%», utilisé pour produire de l'électricité. Elles ne permettraient pas un enrichissement de l'uranium jusqu'à 20%, ce qui serait alors un sujet d'inquiétude pour l'Occident. L'enrichissement de l'uranium doit atteindre 90% pour permettre la fabrication de bombes nucléaires.

Arme nucléaire

Les pays occidentaux demandent l'arrêt de ce programme nucléaire par crainte que l'Iran ne cherche à se doter de l'arme nucléaire. Téhéran affirme que son programme atomique à des visées exclusivement civiles.

L'ONU a imposé à Téhéran quatre séries de sanctions, auxquelles se sont ajoutées fin 2011 des mesures américaines et européennes visant les exportations de pétrole, qui ont provoqué une grave crise économique. En 2012, ces sanctions ont amputé de 40 milliards de dollars les revenus d'exportation pétroliers de l'Iran, selon l'Agence internationale de l'énergie.

(ats/afp)

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