Etats-Unis

11 septembre 2017 19:24; Act: 11.09.2017 19:24 Print

L'«énorme erreur» que Bannon reproche à Trump

L'ex-conseiller du président était opposé au licenciement de James Comey, directeur du FBI. Dans l'émission «60 Minutes», il revient sur cet épisode.

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Steve Bannon estime que le président des Etats-Unis a commis «la plus grande erreur dans l'histoire de la politique moderne» en virant le directeur du FBI, James Comey. Dans l'émission «60 Minutes» diffusée dimanche soir sur CBS, l'ex-conseiller controversé de Donald Trump a confirmé avoir été opposé à cette décision, écrit le «Washington Post». A l'époque, le FBI cherchait à déterminer si la Russie avait influencé la campagne présidentielle en faveur de Donald Trump.

Fou de rage, le «commander in chief» avait alors pris la décision de limoger James Comey, contre l'avis de Steve Bannon. «Tu ne peux pas virer le FBI», aurait-il lancé à son vieil ami. Face au journaliste Charlie Rose, l'ex-conseiller de Trump est revenu sur cette affaire: «Le FBI est une institution. Le président de la Chambre des représentants est une institution. Le leader de la majorité au Sénat est une institution. Le département de la Justice est une institution. Ils ont une logique institutionnelle dans leur manière de procéder et dans ce qu'ils vont faire. Et vous ne pouvez pas vous faire piéger individuellement», a-t-il expliqué.

«Quelqu'un m'a dit que vous aviez décrit le limogeage de James Comey comme la plus grosse erreur dans l'histoire de la politique», a demandé Charlie Rose à Steve Bannon. «C'est peut-être trop explosif même pour moi, mais peut-être dans l'histoire de la politique «moderne», a rectifié l'homme de 63 ans.

«Je suis un combattant des rues»

Durant cette interview, Bannon a affirmé qu'il continuerait à «protéger» le président américain de ses «ennemis» et a attaqué la hiérarchie catholique qui serait favorable à l'immigration par «intérêt économique». Proche de l'«alt-right», mouvance d'extrême droite américaine, Steve Bannon occupait jusqu'à mi-août le poste de conseiller stratégique au sein d'une Maison-Blanche agitée par de profondes divisions.

Il avait rejoint l'équipe de campagne du milliardaire en août 2016, inspirant au candidat républicain de nombreux positionnements nationalistes et anti-establishment. «Je suis un combattant des rues (....) Je suis un combattant, et c'est pour cela que Donald Trump et moi on s'entend si bien».

«Je vais être son soutien de l'extérieur en permanence, pour le protéger, notre but est de le soutenir pour s'assurer que ses ennemis sachent qu'ils n'auront pas une cible facile», ajoute l'ancien banquier d'affaires, redevenu président exécutif de Breitbart News, site d'information proche de l'extrême droite, après son éviction. Il prend pour exemple la polémique provoquée par les déclarations de M. Trump après les violences lors d'un rassemblement à Charlottesville, qui ont fait un mort. Le président avait affirmé que les torts se trouvaient des deux côtés, renvoyant dos à dos suprémacistes blancs et contre-manifestants.

«Les évêques ont été très mauvais»

«Je suis le seul qui ait parlé et tenté de le défendre. Quand vous vous alliez à quelqu'un, vous restez à ses côtés», assure Steve Bannon. «Si vous êtes faible, il faut démissionner», dit-il en désignant notamment Gary Cohn, conseiller économique en chef de M. Trump, qui avait exprimé son «désarroi» après Charlottesville. L'ex-conseiller se désolidarise également des organisateurs du rassemblement, assurant qu'il n'y a «pas de place dans la politique américaine» pour «les néo-nazis, les néo-confédérés et le (Ku Klux) Klan».

M. Bannon s'en prend aussi aux responsables de l'Eglise catholique américaine, qui a dénoncé l'abrogation par Donald Trump du programme «Daca», une initiative de son prédécesseur Barack Obama qui a permis de donner un statut légal temporaire à près de 800'000 jeunes venus enfants avec leurs parents, en grande majorité du Mexique.

«Les évêques ont été très mauvais», estime-t-il, expliquant qu'ils avaient «besoin des immigrés clandestins pour remplir leurs églises». Selon lui, les représentants catholiques «ont un intérêt économique dans une immigration illimitée, une immigration illégale illimitée». «Je respecte le pape, les cardinaux et les évêques sur la doctrine, mais il s'agit là de la souveraineté d'une nation et, sur cette question, ce sont simplement des gens avec une opinion».

(joc/afp)