Afrique du Sud

13 février 2018 03:16; Act: 13.02.2018 16:02 Print

L'ANC pousse le président Zuma vers la sortie

Le parti au pouvoir a décidé mardi de «rappeler» le président sud-africain de son mandat, alors qu'il refuse de démissionner.

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Le président sud-africain Jacob Zuma a annoncé sa démission. (Mercredi 14 février 2018) L'Afrique du Sud a les yeux rivés ce mercredi sur son très controversé président, Jacob Zuma, qui doit annoncer s'il consent enfin à se plier, ou non. (14 février 2018) La direction du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a décidé de «rappeler» de son mandat Jacob Zuma, qui refusait de démissionner depuis plusieurs semaines. (Mardi 13 février 2018) Les dissensions au sein du parti de Nelson Mandela, au pouvoir depuis 1994 se sont encore fait sentir dimanche, jusqu'à repousser à lundi l'élection d'un successeur de Jacob Zuma à la tête de l'ANC. (Image - dimanche 17 décembre 2017) Le Congrès national africain (ANC), parti de Jacob Zuma, choisit cette semaine son nouveau chef dans la perspective des élections générales de 2019. (Image - samedi 16 decembre 2017) : la Cour suprême d'appel autorise la reprise de poursuites engagées puis annulées contre Jacob Zuma, accusé d'avoir touché, quand il était vice-président, des pots-de-vin pour un contrat d'armement signé en 1999. Le parquet général doit encore décider s'il relance ou non le dossier. (Image d'illustration) : la justice invalide la nomination par Zuma d'un procureur général proche de lui et lui interdit de nommer son successeur. Et le 13, elle lui ordonne de mettre en place une commission d'enquête sur la corruption à la tête de l'Etat. (Image prétexte) : les députés rejettent une motion de défiance visant le président, la quatrième depuis 2015, lors d'un vote où, pour la première fois, des élus de l'ANC se prononcent en faveur de sa destitution. (8 août 2017) : des dizaines de milliers de personnes manifestent en avril pour réclamer la démission de Jacob Zuma, après qu'il a limogé son ministre des Finances. : des dizaines de milliers de personnes manifestent en avril pour réclamer la démission de Jacob Zuma (Avril 2016) Août 2016: Zuma est désigné comme le principal coupable de la débâcle électorale de l'ANC, qui réalise aux municipales son plus mauvais score national depuis l'avènement de la démocratie en 1994. La révolte gagne les rangs du parti. (Image - manif de partisans de l'ANC, en septembre 2016) : un rapport de la médiatrice de la République révèle l'influence exercée sur le gouvernement par la richissime famille Gupta, à la tête d'un puissant empire industriel et médiatique, avec la complicité de Jacob Zuma. (ici, Jacob Zuma hué par l'opposition en raison de ces accusations - mars 2016) Novembre 2016: des partisans de l'ANC continuent cependant de soutenir Jacob Zuma. (Image - novembre 2016) : Zuma subit un revers cinglant: un arrêt de la Cour constitutionnelle le reconnaît coupable d'avoir violé la Constitution en utilisant des fonds publics pour rénover sa résidence privée de Nkandla (est). (image d'archive - 2016) : Jacob Zuma est reconduit par les députés à la tête du pays, après une nouvelle victoire de l'ANC aux élections générales. (Image d'archives - 2012) : 34 personnes sont tuées à la mine de platine Lonmin de Marikana (nord) lorsque la police ouvre le feu sur une foule de grévistes brandissant des armes traditionnelles. (Image - les manifestations qui s'ensuivent, durent de longues semaines - octobre 2014) La fusillade déclenche une violente vague de grèves dans les mines sud-africaines, faisant une soixantaine de morts. La fusillade déclenche une violente vague de grèves dans les mines sud-africaines, faisant une soixantaine de morts. (image - octobre 2014) , Jacob Zuma (ici à g) avait évincé de la direction de l'ANC le chef de l'Etat Thabo Mbeki (ci à dr.), qui l'avait limogé de la vice-présidence deux ans plus tôt pour des accusations de corruption. (Image d'archive - avec Nelson Mandela) , Jacob Zuma, chef de l'ANC, est élu président par le Parlement, le 6 mai, après la victoire de son parti aux élections générales. Le premier président sud-africain zoulou prête serment trois jours plus tard, le 9 mai. (Ici, 9 mai, cérémonie de prestation de serment) Jacob Gedleyihlekisa Zuma est à la tête de l'Afrique du Sud depuis 2009. (Image d'archive)

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Le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir en Afrique du Sud, a ordonné mardi au président Jacob Zuma de démissionner et attend sa réponse d'ici mercredi, avec l'espoir qu'elle mette enfin un point final à la crise politique qui paralyse le pays.

Depuis son arrivée à la tête de l'ANC en décembre, Cyril Ramaphosa cherche à pousser vers la sortie Jacob Zuma, mis en cause dans de nombreuses affaires de corruption, afin d'éviter une catastrophe aux élections générales de 2019.

La manière douce

L'ancien homme d'affaires a d'abord choisi la manière douce et négocié directement avec le président. Mais ces tractations ont échoué, et devant la frustration de l'opposition, de l'opinion publique et de membres de son parti, il est passé à l'offensive en convoquant lundi l'organe le plus puissant du parti.

Au terme de discussions-marathon, le Comité national exécutif (NEC) de l'ANC a «rappelé» mardi avant l'aube le président, a confirmé le secrétaire général de l'ANC, Ace Magashule.

«Nous ne lui avons donné aucune date butoir» mais «je sais que le président va répondre demain», a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Johannesburg.

Mutisme de Zuma

Jacob Zuma, muet depuis plusieurs jours, n'a pas encore communiqué officiellement sa position.

En théorie, c'est donc la fin pour Jacob Zuma. Mais le président, réputé retors, n'a aucune obligation constitutionnelle de se soumettre à la décision du NEC. S'il refuse d'obtempérer, l'ANC pourrait lui forcer la main et déposer une motion de défiance au Parlement.

Prolongations

Après d'autres discussions sans résultats, les discussions du NEC mardi se sont encore éternisées, laissant planer un temps le doute sur leur issue. En plein milieu de la nuit, la réunion a été interrompue le temps pour Cyril Ramaphosa d'aller à la résidence officielle du président pour lui proposer, une dernière fois, une sortie digne: la démission.

Inflexible, le président a encore joué les prolongations. «Il racontait n'importe quoi, il voulait encore trois mois, il voulait rester au pouvoir jusqu'en août», a raconté le membre du NEC.

«On s'est dit qu'il voulait encore trois mois pour piller» le pays, a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.

Très arrogant

Le président «était très arrogant. Il a dit qu'il n'irait nulle part parce qu'il n'a rien fait de mal», a expliqué un autre membre du NEC cité par l'hebdomadaire Mail & Guardian. M. Ramaphosa lui a dit «de démissionner dans les 48 heures, sinon l'ANC déposerait une motion de défiance d'ici jeudi», a ajouté ce responsable du parti.

L'ANC, tout puissant en l'absence de scrutin présidentiel au suffrage universel direct, n'a donc eu d'autre choix que de sanctionner Jacob Zuma en lui ordonnant de se démettre.

Les jeux sont faits

L'opposition, qui réclame depuis des années le départ de Jacob Zuma, n'a pas crié victoire mardi. «Zuma peut simplement ignorer» l'ordre de l'ANC, a relevé l'Alliance démocratique (DA), qui a appelé à soutenir une motion de défiance de l'opposition à débattre le 22 février et a demandé la dissolution du Parlement.

«Il y a unanimité à l'ANC, donc les jeux sont faits», a cependant estimé un membre du NEC interrogé par l'AFP. L'ANC est «décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget» le 21 février, a résumé à l'AFP l'analyste politique Dirk Kotze. Jacob Zuma est associé à une série de scandales qui ternissent l'image de son parti, au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994.

Il a été reconnu coupable de violation de la Constitution, il est menacé d'inculpation dans une vieille affaire de pots-de-vins et son nom est intimement associé à celui de la sulfureuse famille d'hommes d'affaires Gupta, au coeur d'autres dossiers de détournements de fonds ou de trafic d'influence.

Cyril Ramaphosa futur président?

Le chef du parti d'opposition des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale), le bouillant Julius Malema, ne le désigne plus que sous le nom de «délinquant».

«Nous sommes déterminés à restaurer l'intégrité des institutions publiques, créer la stabilité économique et relancer l'économie de façon urgente», a insisté mardi Ace Magashule, alors que la première puissance économique du continent enregistre un taux de chômage record (27%).

Si Jacob Zuma démissionne, il sera remplacé par le vice-président Cyril Ramaphosa, a confirmé mardi l'ANC. Dans le cas d'un vote de défiance, le président du Parlement assurerait l'intérim jusqu'à son élection, dans un délai de trente jours.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Hulot le 13.02.2018 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Corruption

    C'est malheureusement un problème endémique, que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde: dès qu'ils sont au pouvoir, ils se remplissent les poches au détriment de la population !

Les derniers commentaires

  • Hulot le 13.02.2018 08:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Corruption

    C'est malheureusement un problème endémique, que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde: dès qu'ils sont au pouvoir, ils se remplissent les poches au détriment de la population !