Brésil

19 mai 2017 21:29; Act: 19.05.2017 21:29 Print

L'étau se resserre sur Michel Temer

Le président brésilien est accusé d'entrave à la justice.

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Sergio Zveiter, député du parti-même de Michel Temer, a livré les conclusions lundi d'un rapport parlementaire sur le sujet: il y a assez d'éléments, estime ce rapport, pour autoriser un procès du président pour corruption. (lundi 10 juillet 2017). Les avocats de Michel Temer ont remis au Parlement un document présentant les arguments de la défense face aux accusations de corruption il fait l'objet. (Mercredi 5 juillet 2017) Des incidents avec des groupes de manifestants ont marqué la journée de mobilisation contre les mesures d'austérité du gouvernement brésilien, qui était cependant moins suivie que prévu, un répit pour le président Michel Temer. (Vendredi 30 juin 2017) Un homme a précipité mercredi soir sa voiture sur une des grilles situées à l'entrée de la résidence présidentielle de l'Alvorada à Brasilia. (Jeudi 29 septembre 2017) Le président conservateur Michel Temer est devenu lundi 26 juin le premier président brésilien en exercice à faire l'objet d'une demande de mise en accusation formelle pour corruption, une procédure qui pourrait lui coûter son mandat. (Image - lundi 26 juin 2017) Antonio Palocci, ex-ministre influent des gouvernements de gauche de Lula et de Rousseff, a été condamné lundi 26 juin à plus de 12 ans de prison pour corruption, accusé d'avoir détourné plus de 10 millions de dollars pour financer des campagnes politiques. (Image d'archive) La police brésilienne assure disposer de preuves indiquant que le président Michel Temer se serait rendu coupable de «corruption passive», selon un rapport préliminaire rendu public par la Cour Suprême. (Mardi 20 juin 2017) Le Tribunal supérieur électoral s'est réuni mardi pour la première des quatre sessions prévues jusqu'à jeudi. Il doit juger de la validité de l'élection présidentielle 2014, ce qui pourrait aboutir à la fin de la présidence de Michel Temer. (Mardi 6 juin 2017) Le président brésilien affronte à partir de mardi un procès à haut risque, avec la reprise d'un jugement qui pourrait le chasser du pouvoir. (Mardi 6 juin 2017) Michel Temer va pouvoir être interrogé par la justice, d'après une décision de la Cour suprême fédérale. (Mardi 30 mai 2017) Michel Temer a finalement retiré les troupes déployées à Brasilia. (Jeudi 25 mai 2017) Le ministère de l'Agriculture a été incendié lors d'une manifestation 'Occupy Brasilia' contre les réformes économiques et sociales du président Temer. (Mercredi 24 mai 2017) Un manifestant s'apprête à jeter des pierres à Brasilia. (Mercredi 24 mai 2017) Michel Temer semblait avoir obtenu un répit avec l'annulation d'une réunion d'un partenaire-clé du gouvernement, tandis que la mobilisation attendue dans la rue pour exiger sa démission tardait à se concrétiser. (Dimanche 21 mai 2017) L'étau se resserre sur le président Michel Temer qui est accusé d'entrave à la justice concernant l'opération«Lavage express», l'enquête tentaculaire ayant révélé le méga-scandale de corruption Petrobras. (19 mai 2017) Michel Temer tentait de s'accrocher à son mandat malgré les nouvelles accusations de corruption qui aggravent la crise politique et économique. (18 mai 2017) Plusieurs milliers d'Indiens du Brésil sont venus manifester devant la chambre des députés à Brasilia, mardi 26 avril 2017. Plusieurs milliers d'Indiens du Brésil sont venus manifester devant la chambre des députés à Brasilia. (26 avril 2017) La manifestation a eu lieu dans le cadre d'une semaine visant à promouvoir les droits des peuples autochtones (26 avril 2017) Les Indiens portaient de faux cercueils, en mémoire des Indiens de 305 ethnies qui sont morts ces dernières années. «Le lobby de l'agro-business tente de détruire nos droits en transformant le Brésil en grenier du monde et en finir avec notre biodiversité», explique Marize de Oliveira, professeure d'histoire de la communauté Guarani.(Brasilia, 26 avril 2017) La manifestation rassemblant mardi 26 avril plusieurs milliers d'Indiens du Brésil a tourné à l'affrontement avec la police devant la chambre des députés à Brasilia. 26 avril 2017. Brasilia, 26 avril 2017. Les Indiens portaient de faux cercueils. (Brasilia, 26 avril 2017) Les forces de l'ordre ont réprimé avec du gaz lacrymogène les Indiens qui tentaient de rentrer dans le Parlement. (Brasilia, 26 avril 2017) Brasilia, 26 avril 2017. Plusieurs cercueils flottaient sur les plans d'eaux situés devant la chambre des députés. (Brasilia, 26 avril 2017)

Une faute?

Michel Temer est accusé d'obstruction à la justice dans un document juridique officiel, alors qu'il tente de manoeuvrer pour éviter la défection de ses alliés politiques.

Dans une demande d'ouverture d'enquête contre le président auprès de la Cour suprême, le procureur général Rodrigo Janot affirme que le chef de l'Etat, en collaboration avec plusieurs hommes politiques influents, a essayé d'«empêcher l'avancée» de l'opération «Lavage express», l'enquête tentaculaire ayant révélé le méga-scandale de corruption Petrobras.

Cette demande d'ouverture d'enquête, rendue publique vendredi, s'appuie sur un accord noué avec la justice par le magnat de l'agroalimentaire Joesley Batista, dont les révélations explosives ont déclenché un véritable séisme.

Le président a été enregistré à son insu par cet homme d'affaires, propriétaire du géant de la viande JBS et de la célèbre marque de tongs Havaianas, qui l'aurait piégé en train de donner son accord pour le versement de pots-de-vin.

Enregistrement public

Ces dessous-de-table, révélés mercredi soir par le journal O Globo, viseraient à acheter le silence d'Eduardo Cunha, ancien patron de la chambre des députés, aujourd'hui en prison pour son implication dans le scandale Petrobras.

La Cour suprême a rendu l'enregistrement public jeudi soir, peu après avoir donné son feu vert à l'ouverture d'une enquête contre Michel Temer.

Malgré ces graves accusations, Michel Temer s'est montré catégorique. «Je ne démissionnerai pas. Je le répète. Je ne démissionnerai pas», a-t-il martelé lors d'un discours télévisé très attendu.

Même si le capitaine tente de maintenir le cap dans la tempête, certains ont déjà abandonné le navire, comme le ministre de la Culture Roberto Freire, qui a quitté son poste jeudi.

«La montagne a accouché d'une souris»

Vendredi, l'heure était aux grandes manoeuvres et le président a réuni certains ministres. «Le gouvernement travaille sur trois fronts pour revenir à la normalité après la crise: le front politique, le judiciaire et l'économique», ont déclaré des sources du palais présidentiel. «Le président lui-même participe aux négociations avec ses alliés» politiques, ont-elles ajouté.

Jeudi soir, après avoir eu accès au contenu de l'enregistrement, Michel Temer s'est confié au site G1 et a affiché une confiance inébranlable en affirmant: «La montagne a accouché d'une souris, je vais sortir de cette crise plus vite qu'on ne le croit».

Pour lui, le contenu de cet enregistrement, par ailleurs de piètre qualité, ne permet pas d'établir de façon irréfutable qu'il donne son aval pour le versement de pots-de-vin.

Joesley Batista dit simplement «être en de bons termes» avec Eduardo Cunha, ce à quoi Michel Temer dit: «il faut continuer comme ça, OK?». Le chef d'entreprise lui répond alors: «Tous les mois, j'essaie de maintenir les choses sous contrôle», une allusion à des versements mensuels, selon l'acte d'accusation.

Motions de destitution

Pour l'opposition, il n'y a aucun doute: Michel Temer doit démissionner. Plusieurs motions de destitution ont été déposées par des parlementaires, mais la procédure est longue et nécessite la majorité des deux tiers à la Chambre des députés puis au Sénat. C'est par le biais de cette procédure que Michel Temer est arrivé au pouvoir, il y a un an, après la destitution de Dilma Rousseff, dont il était le vice-président.

«La grande question est de savoir si les partis qui forment le socle du gouvernement vont (le) quitter», analyse Thomaz Pereira, professeur de droit constitutionnel à la Fondation Getulio Vargas.

Pression populaire

Dès jeudi soir, des milliers de Brésiliens ont manifesté dans plusieurs grandes villes, aux cris de «Temer Dehors». D'autres grandes manifestations sont prévues dimanche, l'occasion de prendre la température de la pression populaire.

En pleine tourmente, le gouvernement tente de sauver les apparences: plusieurs ministres-clé ont rappelé dans des vidéos l'importance des réformes en cours d'approbation au Parlement pour tenter de sortir le Brésil de la crise.

Après la chute brutale de la Bourse jeudi (8,8% à la clôture), les choses se sont normalisées vendredi, avec une hausse de 2,78% en début d'après-midi.

(nxp/ats)