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USA - Santé
21 mars 2010 21:51; Act: 21.03.2010 22:14 Print
Heure de vérité pour la réforme d'Obama
La Chambre des représentants américaine devait se prononcer dimanche sur une réforme historique de l'assurance maladie. La suite du mandat de Barack Obama à la Maison blanche dépend de l'issue de ce vote crucial mais incertain.
Les démocrates pourraient réussir à faire passer le texte de loi. (photo: Keystone)
Les premiers débats ont commencé peu après 13h00 (18h00 suisses), suivis de plusieurs votes de procédure sans incidence. Après ces formalités, les élus devaient se prononcer directement sur le projet de loi adopté au Sénat le 24 décembre. S'il est approuvé, le texte ira à la Maison Blanche et le président Obama le promulguera.
Les débats ont commencé sous les cris de centaines de manifestants, essentiellement des adversaires du projet de loi, rassemblés devant le Capitole. Le slogan le plus populaire scandé sans relâche était: «Kill the bill» (Tuez le projet de loi).
Les démocrates vont-ils réussir à réunir les 216 voix de représentants nécessaires ? Un groupe d'élus démocrates indécis a laissé planer le doute ces derniers jours sur leur décision finale et la question a fait la Une de toutes les gazettes.
Dimanche, John Larson, un haut responsable des démocrates à la Chambre, a toutefois assuré que la réforme aurait ses 216 partisans. Les démocrates ont obtenu à la dernière minute le soutien du démocrate centriste anti-avortement Bart Stupak, un revirement crucial. Samedi, le chef de la majorité démocrate de la Chambre, Steny Hoyer, a également promis son appui.
Appel d'Obama
«Health-care Cliffhanger», titrait en Une dimanche le «Washington Post», pour bien souligner que le tout-Washington retenait son souffle à quelques heures de ce vote «à suspense» sur l'assurance maladie, après un an de tractations et de retournements inattendus.
Samedi, Barack Obama s'est rendu au Capitole devant les élus de la Chambre pour un dernier plaidoyer en faveur de son projet phare. «Tout est dans vos mains, il est temps d'adopter la réforme santé pour l'Amérique, et je crois que vous allez le faire demain», leur a- t-il lancé.
«Si vous croyez en votre âme et conscience que ce n'est pas une amélioration par rapport à la situation actuelle (...) alors votez non», a déclaré le président. «Mais si vous êtes d'accord sur le fait que le système ne marche pas pour les familles modestes, si vous avez entendu les mêmes histoires que moi partout dans le pays, alors aidez-nous à réparer ce système».
«Ne le faites pas pour moi, ne le faites pas pour le parti démocrate, faites-le pour les Américains», a martelé le locataire de la Maison blanche.
Réduction du déficit
S'il passe, ce texte de loi permettra de garantir une couverture santé à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus. Le président a souligné que le texte était avant tout une réforme de l'assurance, «la plus dure de l'histoire». Elle vise à faire en sorte que les assurances privées fonctionnent efficacement pour les familles américaines modestes.
La réforme d'un coût de 940 milliards de dollars sur 10 ans devrait aussi réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars sur la même période, selon les chiffres du bureau du Budget du Congrès (CBO).
Vote historique
Le système d'assurance maladie fait débat depuis un siècle aux Etats-Unis, et des générations de politiciens, de Theodore Roosevelt à Bill Clinton, se sont cassé les dents sur ce dossier longtemps combattu par les médecins et les assureurs.
D'ailleurs, les conservateurs eux-mêmes soulignent le caractère historique de cette loi qu'ils fustigent. «Ce serait historique dans la mesure où le président aurait réussi à faire passer ce que personne n'est jamais parvenu à faire», expliquait dimanche un sénateur républicain dans le Washington Post.
(ap)
























