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Suisse / Syrie
10 février 2012 16:01; Act: 10.02.2012 23:26 Print
Le chef des services secrets à Damas rigole
Un cousin de Bachar al-Assad a gagné en justice contre la Suisse. Berne doit restituer 3,6 millions de francs à celui qui jouerait aujourd'hui un rôle majeur dans la répression sanglante en cours.
La Suisse a été contrainte de restituer 3 millions d'euros (3,6 millions de francs) à un cousin du président syrien Bachar al-Assad, Hafez Makhlouf, malgré les sanctions contre la Syrie. Ce chef des services secrets à Damas a gagné son recours auprès du Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. Celui-ci a ainsi annulé le gel de quatre comptes à son nom dans une grande banque suisse, indique un verdict du 11 janvier qui vient confirmer une information du site «20 Minuten Online».
Les USA publient des photos prises par satelliteL'ambassadeur américain en Syrie et le département d'Etat ont publié sur internet des photos prises par satellite qu'ils présentent comme autant de preuves que l'armée syrienne conduit des opérations «d'envergure» contre les civils, notamment dans la ville de Homs.
L'une de ces photos que Robert Ford, l'ambassadeur américain en Syrie, a publié sur la page Facebook de son ambassade, fermée lundi par Washington, montre d'épaisses colonnes de fumée s'élever dans le ciel.
Selon une incrustation dans l'image, la photo aurait été prise par satellite le 6 février au-dessus de Homs. Trois agrandissements sont censés permettre de mieux voir des «véhicules militaires», des «véhicules blindés», des «incendies», des «bâtiments en flammes», mais il est difficile de distinguer les éléments ainsi décrits.
Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat, a affirmé vendredi qu'il s'agissait de «clichés américains déclassifiés» montrant la ville de Homs, haut lieu de la rébellion contre le régime de Bachar al-Assad.
Ces photos, a dit Mme Nuland, «sont épouvantables, elles montrent des colonnes de chars, des incendies, le genre de choses qu'on ne voit que lorsque l'armée conduit une offensive de grande envergure contre la population civile».
Le Ministère public de la Confédération (MPC) a de son côté renoncé à toute démarche auprès du Tribunal fédéral à Lausanne, a indiqué vendredi à l'ats sa porte-parole, Jeannette Balmer. Bien que Hafez Makhlouf ne soit pas nommé dans la décision du Tribunal, il est clairement identifiable par sa fonction de colonel et chef des services secrets à Damas, tout comme par son statut de cousin de Bachar al-Assad. Agé de 40 ans, l'homme figure sur la liste des 54 personnes physiques ou morales dont les avoirs ont été bloqués par la Suisse en raison de la répression en Syrie.
Des exceptions pour certains
Faisant suite à une demande de M. Makhlouf, le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) avait ordonné le 14 septembre dernier la levée du gel de ses comptes. Mais cette décision avait été contrée par le MPC avec une procédure pour blanchiment d'argent contre le colonel, qui a permis de maintenir ces comptes bloqués.
Désormais, le Tribunal pénal a donné entièrement gain de cause au cousin du président syrien. Les accusations pour blanchiment d'argent n'ont pas pu être clairement prouvées à ses yeux, le colonel ayant fait valoir que cet argent était destiné au paiement un achat immobilier datant d'avril 2011 en Syrie.
La date du déblocage des 3 millions d'euros par le SECO demeure cependant secrète. Interrogé à ce sujet vendredi par l'ats, le SECO n'a pas souhaité s'exprimer, admettant simplement que dans l'ordonnance relative aux sanctions, il existait certaines dérogations. La Suisse a bloqué des fonds syriens à hauteur de 50 millions de francs dans le cadre de ses sanctions financières contre le régime de Bachar al-Assad.
Hafez Makhlouf est accusé par les opposants syriens d'exercer un rôle majeur dans la répression des manifestations en Syrie. Il est le frère du milliardaire syrien Rami Makhlouf, l'un des hommes les plus vilipendés par les manifestants et qui figure également sur la liste de proches du régime sanctionnés en Suisse.
(ymu/ats)




















