Industrie automobile

10 septembre 2017 08:03; Act: 10.09.2017 09:30 Print

Le diesel condamné à une «lente agonie»

Miné par des scandales, soumis à de nouvelles normes draconiennes et risquant même d'être chassé de certaines villes, le diesel voit les Européens se détourner de lui.

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(Photo: Keystone/Archives/Photo d'illustration)

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Le salon de Francfort, qui ouvre ses portes aux médias mardi, avait été marqué lors de sa précédente édition en 2015 par l'affaire des moteurs diesel truqués chez Volkswagen. Deux ans plus tard, le paysage automobile est bouleversé: le moteur au gazole perd sa prééminence, en particulier dans son fief européen, sur fond de perte de confiance des consommateurs.

«Depuis plusieurs mois, on assiste à une nette baisse des ventes de véhicules diesel dans les grands marchés européens que sont la France et l'Allemagne», explique à l'AFP Stefan Bratzel, directeur du Center of Automotive Management (CAM).

En France, pour la première fois depuis 2000, les ventes de voitures particulières neuves roulant au gazole ont chuté depuis le début de l'année sous la barre des 50% (47,8% exactement), encore soutenues par la fiscalité sur les véhicules de société. Outre-Rhin, la chute est aussi brutale: la part du diesel a fondu à 37,7% en août contre 45,3% un an plus tôt.

Les pouvoirs publics ont longtemps encouragé l'achat de voitures diesel au nom de l'indépendance énergétique et de la lutte contre les émissions de CO2. Les constructeurs et équipementiers ont massivement investi dans cette technologie.

Dépollution coûteuse

Mais le scandale Volkswagen a rebattu les cartes, montrant une industrie qui avait parfois choisi soit de tricher, soit de contourner les règles sur les émissions d'oxydes d'azote (NOx) dangereuses pour la santé.

En France, des tests publiés en 2016 par le gouvernement ont mis en évidence des dépassements de jusqu'à dix fois la norme sur certains véhicules, et des informations judiciaires visent quatre groupes, VW, Renault, Fiat-Chrysler et PSA, ce dernier étant mis en cause pour «stratégie frauduleuse» dans un rapport de la répression des fraudes dévoilé vendredi par le quotidien français Le Monde.

Les nouvelles règles d'homologation européennes entrées en vigueur le 1er septembre encadrent plus sévèrement ces émissions, ainsi que celles de particules. Pour les respecter, les constructeurs vont devoir investir encore plus. «On sait dépolluer un moteur diesel, on sait le rendre propre, dans toutes les circonstances (...) mais cela a un coût», résume le directeur général de l'équipementier Faurecia, Patrick Koller.

Un coût d'environ «1500 euros par véhicule», estime Marc Mechaï, responsable du secteur automobile chez Accenture, pour qui «sur un véhicule de moins de 20'000 euros il est difficile de justifier l'utilisation du diesel».

En outre, «l'harmonisation progressive des prix de l'essence et du diesel (à la pompe, NDLR) va rendre ce dernier plus du tout compétitif, ou alors il faudra faire tellement de kilomètres que ça ne concernera qu'une toute petite catégorie d'automobilistes», dit Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile.

Gros parc roulant

A cela il faut ajouter les annonces venues de grandes villes comme Paris, dont la maire Anne Hidalgo veut bannir les diesel d'ici à 2025. En Allemagne, la justice pourrait contraindre les quelque 70 communes qui dépassent les normes de NOx à interdire les engins les plus polluants.

La chancelière Angela Merkel, soucieuse de ménager à la fois une puissante industrie et ses concitoyens inquiets, a dit souhaiter que soit rétablie la «confiance dans le diesel». Mais pour Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche automobile CAR, il est trop tard, tant «le dieselgate a conduit le diesel dans l'impasse». Il prédit à cette technologie une «lente agonie».

Une sentence nuancée par M. Koller pour qui «les moteurs diesel de deux litres de cylindrée et plus seront un compromis extrêmement efficace». «Pour les grosses cylindrées, on considère que la mort du diesel n'est pas là», assure M. Mechaï.

Reste que les constructeurs vont devoir adapter leurs gammes et risquent de peiner à respecter les objectifs européens de CO2 sans l'aide de moteurs au gazole, d'où la course actuelle à l'électrification.

Il faudra aussi prendre en compte le parc diesel roulant de dizaines de millions de véhicules. «On n'a aucun intérêt que les choses se passent trop brutalement», dit Maxime Lemerle, expert du secteur automobile chez l'assureur Euler Hermes.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • T'es Demore le 10.09.2017 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Voitures polluantes?

    Avec ou sans voitures diesel, les 20 plus gros navires de fret continueront à polluer autant que l'ensemble du parc automobile mondial. Vous vous trompez de cible mais visiblement ça vous donne bonne conscience.

  • Christophe M le 10.09.2017 13:26 Report dénoncer ce commentaire

    Connerie

    Les 5 plus grand bateau porte container du monde pollue plus que tous le parc automobile mondiale. Les chauffages mazout (autre nom du diesel) ont en fait quoi? Des conneries tous simplement. On s'attaque à un problème mineur pour faire du business.

  • pistonche le 10.09.2017 12:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bravo

    soutenir les voitures type tesla alors que produire la batterie pollue et ensuite pour la recharger et la détruire aussi.

Les derniers commentaires

  • Jay Clayre le 12.09.2017 09:56 Report dénoncer ce commentaire

    Deux poids, deux mesures

    A nos têtes bien pensantes et grands spécialistes de l'écologie à deux balles, avez vous pensé à interdire également le fret de marchandises, les avions, les véhicules agricoles et surtout, ce à quoi personne ne fait jamais allusion, à tous ces bateaux, véhicules et avions de guerre qui tournent à plein régime dans ces beaux conflits dont on nous vantent toujours les mérites pour préserver la paix contre le mal. Foutaise ...

  • Darth le 12.09.2017 08:31 Report dénoncer ce commentaire

    Diesel bouc émissaire

    On attaque le diesel pour les véhicules, mais pas un mot du transport maritime qui pollue beaucoup plus que tous les véhicules réunis. Mais l'avenir appartient à des véhicules propres (pile à combustible, Tesla....) mais les compagnies et les gouvernements y perdent beaucoup trop de leurs pouvoirs de chantage et de racket

  • Clm le 11.09.2017 23:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Blablabla

    Que tous les pseudo ecolos cessent d acheter chinois et recommence a acheter local, des fruits et des legumes de saison etc ... , ca sera deja un bon debut en direction de la depolution de la planete. Acheter moins mais mieux. Brule des tonnes de carburant pour de la camelote fabriquee au mepris de l environement voila un bon debut non ?

  • CDBA le 11.09.2017 12:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout le monde

    Pour presque tout le monde que fait des commentaires , le mieux pour moi c'est tout arrêter e retourne à 1450/1500! Une bonne idée non ?

  • Ritz le 11.09.2017 12:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas de solutions miracle

    A tous ceux qui prône pour les voitures électriques, les centrales atomique vont fleurir et peut être même a côté de chez vous