Chine - Etats-Unis

20 mai 2012 08:53; Act: 20.05.2012 10:08 Print

Le dissident Chen remercie la Suisse

Chen Guangcheng est arrivé samedi soir à New York. Il a remercié toutes les personnes impliquées, notamment l'ambassade de Suisse, qui dit avoir participé «activement» à sa libération.

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Le militant aveugle a exprimé sa gratitude envers les Etats-Unis et salué le «calme et la retenue» du régime chinois qui l'a laissé partir. L'avion de Pékin s'est posé vers 18h30 locales (00h30 dimanche en Suisse). Plus tard, Chen Guangcheng, sa femme et ses deux enfants, ont été conduits dans le sud de Manhattan pour y être hébergés. Au pied d'un immeuble résidentiel, le dissident aveugle a été accueilli par des applaudissements. Puis il s'est avancé à l'aide de béquilles, le pied droit plâtré, pour une brève déclaration devant la presse.

Il a parlé en chinois et une traductrice a exprimé ses propos en anglais. Après avoir exprimé sa gratitude aux Etats-Unis, il a également tenu à remercié les ambassades du Canada, de la Suisse et de la France pour leur soutien. Il s'est également dit «très satisfait d'avoir vu le gouvernement chinois traiter la situation avec retenue et calme».

La famille de Chen pas oubliée

Salomé Meyer, adjoint de l'ambassadeur de Suisse à Pékin, a confirmé à 20 minuten online, que la Suisse avait été «très active» pour aider Cheng Guangcheng. «Nous avions essayé de lui rendre visite pendant son assignation à résidence». Des démarches auprès du ministère des Affaires étrangères chinois ont également été entreprises lorsqu'il séjournait à l'hôpital à Pékin, l'ambassade suisse maintenant un contact direct avec le dissident. «Nous sommes très heureux de l'accord entre les Etats-Unis et le gouvernement chinois, a déclaré Salomé Meyer qui tempère cependant l'enthousiasme ambiant en annonçant une surveillance étroite de sa famille. «Nous sommes cependant préoccupés par le sort de sa famille, en particulier de sa mère, de son frère et de son neveu», a-t-il ajouté en promettant de poursuivre l'affaire plus loin.

«Très satisfait»

A son arrivée à l'aéroport de New York, Chen Guangcheng s'est dit «très satisfait d'avoir vu le gouvernement chinois traiter la situation avec retenue et calme». «J'espère qu'ils (les autorités chinoises, NDLR) continueront à avoir un discours ouvert et mériteront le respect et la confiance du peuple», a-t-il dit à des journalistes. Il a ajouté être venu aux Etats-Unis pour se rétablir «physiquement» et «moralement».

«Quel que soit l'environnement difficile dans lequel on vit, je pense que rien n'est impossible si on y met du coeur», a déclaré M. Chen. Il a appelé à «poursuivre le combat pour le bien dans le monde et lutter contre l'injustice». Il a signalé que depuis sept ans, il n'a pas eu un jour de repos, et qu'il a l'intention de récupérer et d'étudier.

Faculté de droit

Chen Guangcheng s'est vu offrir une bourse par l'Université de New York. Il va loger dans un immeuble qui héberge des professeurs ou étudiants boursiers de l'université. Il sera chercheur au sein de la faculté de droit de cette université. Le militant pourrait aussi recevoir d'autres propositions, notamment d'un groupe de Dallas (Texas). C'est ce qu'a déclaré Reggie Littlejohn, présidente de l'association «Womens's right without frontiers», venue l'accueillir samedi soir.

Dernière minute

La Maison Blanche a salué son départ de Chine, dont les détails avaient été tenus secrets jusqu'au dernier moment. Président de l'Association chrétienne américaine ChinaAid, Bob Fu a précisé à l'AFP que Chen n'a su qu'à la dernière minute qu'il allait partir. Il a reçu les passeports pour sa famille à l'aéroport.

«C'est arrivé très vite. Personne ne lui avait rien dit avant ce matin. A 10h00 (heure de Pékin), on lui a dit de faire ses bagages et peu après une voiture du gouvernement l'a emmené à l'aéroport». Selon Bob Fu, il était «très enthousiaste», mais aussi «très inquiet» pour les membres de sa famille restés en Chine.

Pied cassé

Le défenseur des droits de l'homme est un avocat autodidacte. Dans son pays, il avait dénoncé les avortements et campagnes de stérilisation forcés, ainsi que les expropriations abusives. Il a été emprisonné en 2006, puis de facto assigné à résidence en 2010.

Il avait déclenché un imbroglio diplomatique en se réfugiant fin avril pendant six jours à l'ambassade des Etats-Unis à Pékin après s'être échappé de son domicile

Après six jours, il avait accepté de quitter l'ambassade pour être hospitalisé pour un pied cassé durant son évasion. Il avait rapidement regretté d'avoir fait confiance aux autorités chinoises et s'était dit désireux de quitter la Chine. Un accord avait été annoncé le 5 mai entre Pékin et Washington pour son départ.


Les premières paroles du dissident sur le sol américain

(cga/kri avec agences)