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Rio 20
22 juin 2012 21:55; Act: 22.06.2012 22:51 Print
Le sommet s'achève sur des promesses
Le sommet Rio 20 devait s'engager vendredi à promouvoir une «économie verte» pendant que les critiques fusaient sur son absence d'objectifs contraignants et de financement.
Doris Leuthard est critique sur les objectifs de développement durable prévus par le texte. (photo: Reuters)
Quelque 190 pays devaient signer ce texte, intitulé «Le monde dont nous voulons». Vingt ans après le Sommet de la Terre qui avait imposé l'environnement sur l'agenda mondial, le sommet sur le développement durable, précédé par des mois de discussions et de négociations, devait s'achever vendredi à Rio sur la ratification d'un compromis a minima mis au point par le Brésil, pays hôte.
Doris Leuthard: «Notre ambition était plus haute»«Notre ambition était plus haute, mais nous avons quand même des résolutions qui vont dans la bonne direction», a déclaré vendredi Doris Leuthard sur la RTS depuis Rio. «Il faut maintenant travailler sur le terrain avec des projets concrets», estime la conseillère fédérale.
De telles conférences produisent la pression nécessaire pour résoudre des problèmes, pense Mme Leuthard. «Il n'existe d'ailleurs pas d'alternative»: de nombreux dossiers ne peuvent se régler par la voie bilatérale, il faut des accord multilatéraux, a-t-elle déclaré dans la métropole brésilienne.
En raison de la crise financière, l'objectif de la durabilité a reculé dans l'agenda politique, a reconnu la cheffe du Département fédéral de l'environnement (DETEC) sur la télévision alémanique SF. «Mais le verre est quand même à moitié plein et non à moitié vide après Rio», a-t-elle affirmé.
Parmi les quelques avancées, elle a cité la profession de foi en faveur d'une «économie verte» dans le document final. Elle a toutefois regretté qu'aucun objectif concret en terme de durabilité n'ait été émis.
Mme Leuthard a également déploré que le Conseil du développement durable souhaité par la Suisse se soit finalement transformé en un simple «forum».
Certains pays sont satisfaits
Lors de ses entretiens, les ministres européens se sont montrés légèrement déçus, a relevé Mme Leuthard. D'autres Etats, comme par exemple l'Indonésie et le Chili, sont contents du résultat.
La cheffe du DETEC a utilisé ses rencontres bilatérales pour vanter les avantages de Genève comme lieu d'accueil du Fonds vert pour le climat, mécanisme en construction pour aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique.
A l'instar de nombreux défenseurs de l'environnement, les organisations suisses se sont dites déçues. «Une chance a été manquée», a dit à l'ats Isolda Agazzi, qui avait fait le voyage de Rio pour six oeuvres d'entraide helvétiques. Le WWF Suisse a qualifié la déclaration finale de «pages privées de sang».
Jeudi, Doris Leuthard avait lancé en réunion plénière un appel aux grandes puissances afin qu'elles s'engagent pour façonner l'avenir. Les petits Etats comme la Suisse ne peuvent à eux seuls imprimer un réel changement, a-t-elle souligné. Clinton déplore que Rio 20 ne défende pas le droit des femmes à procréer ou non
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déploré vendredi que le texte final de la conférence de l'ONU Rio 20 ait exclu la mention sur le droit des femmes à décider d'avoir ou non des enfants.
«Si je suis très satisfaite de ce que le document assure les droits sexuels et reproductifs ainsi que l'accès universel au planning familial, pour atteindre nos objectifs sur le développement durable, nous devons aussi assurer les droits reproductifs des femmes», a affirmé Mme Clinton dans son discours au sommet Rio 20. «Il faut donner aux femmes le pouvoir de décider si elles veulent des enfants et combien elles en veulent», a-t-elle souligné.
«Les Etats-Unis vont travailler pour faire en sorte que ces droits soient respectés dans les accords internationaux», a ajouté Mme Clinton. Les droits reproductifs défendent le droit de la femme à décider si elle veut ou non des enfants, à quel moment et avec qui, sans discrimination ou violence. Cependant, de nombreux pays les associent au contrôle des naissances et à l'avortement.
Une défense de ces droits était incluse dans un premier brouillon de la déclaration qui a finalement été exclue, sous la pression du Vatican notamment, de la version finale approuvée mardi par les délégations et qui sera signée par les chefs d'Etat au cours des prochaines heures. La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a aussi défendu les droits reproductifs jeudi dans un mini-sommet de femmes leaders.
L'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson, qui fait partie du groupe «The Elders» fondé par Nelson Mandela, a critiqué l'opposition et les pressions du Vatican aux droits reproductifs: «Que savent les hommes célibataires sur la vie, la santé, et les décisions des femmes pauvres?», a-t-elle dit dans un interview au journal «O Globo». «Il est scandaleux qu'une nouvelle fois une assemblée dominée par les hommes veuille dicter aux femmes ce qu'elles doivent faire de leur corps», s'est insurgé Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International.
Celui-ci a été salué par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki- Moon comme étant un «très bon document, une vision sur laquelle nous pourrons bâtir nos rêves».
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est elle aussi félicité du résultat: «nous nous sommes ligués autour d'une déclaration finale qui marque une avancée réelle pour le développement durable».
Société civile en colère
La tonalité était très différente au sein de la société civile, très en colère. Des milliers de militants ont clamé leur déception pendant les trois jours du sommet, dénonçant l'»échec» et le manque d'ambition de Rio 20.
Pour Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International, «on remet en ordre les fauteuils sur le pont du Titanic alors qu'il est en train de sombrer».
«Les attentes étaient très faibles mais le résultat est encore plus maigre... Ce fut une occasion manquée», a estimé Manish Bapna du centre de réflexion américain World Resources Institute (WRI)
Promesses
Hanté par l'échec de la conférence de Copenhague en 2009 qui s'était achevée sur un fiasco retentissant, pays riches et pauvres se sont accordés sur une série de promesses pour guérir les plaies de la planète.
La longue liste de maux inclut la faim, la pauvreté, et aussi la désertification, l'appauvrissement des océans, la pollution et la déforestation, le risque d'extinction de milliers d'espèces...
«Nous chefs d'Etat et de gouvernement (...) renouvelons notre engagement envers le développement durable et envers un avenir économiquement, socialement et écologiquement durables pour notre planète et pour les générations présentes et futures», commence le projet de déclaration.
Objectifs
Le principal acquis est la décision de lancer des «Objectifs du développement durable» (ODD) sur le modèle de ceux du Millénaire adoptés en 2000 par l'ONU. Leur définition est toutefois laissée à un groupe de travail, qui devra faire ses propositions en 2013, pour une mise en place à partir de 2015.
Ces objectifs devront être «en nombre limité, concis et tournés vers l'action», selon la déclaration.
«Economie verte»
Rio 20 prône une «économie verte», modèle de développement moins destructeur pour la planète dont la population devrait passer de sept milliards aujourd'hui à 9,5 milliards en 2050.
Mais en raison des craintes des pays pauvres que ce concept ne cache un protectionnisme déguisé des pays riches, la déclaration souligne que «les politiques d'économie verte» doivent «respecter la souveraineté nationale de chaque pays» et ne pas constituer «une restriction déguisée au commerce international».
Le financement est resté en suspens: en temps de crise, et avec des budgets à sec, les pays riches n'ont plus les moyens de mettre la main à la poche. La proposition des pays en développement d'un fonds de 30 milliards de dollars, est restée sans suite.
Rio 20 encourage ainsi de nouvelles sources de financement - entreprises, partenariats, etc.- ainsi que des «financements innovants», sans les détailler.
«Il est facile de dire que le document est sans ambition. Mais personne n'a mis de ressources supplémentaires sur la table. J'ai vu les pays en développement prendre des engagements mais aucun pays riche ajouter des ressources», a dénoncé la ministre brésilienne de l'Environnement Izabella Teixeira.
49 pages, des bonnes intentions et des objectifs
La déclaration finale du sommet Rio 20, soumise vendredi à la ratification des chefs d'Etat et de gouvernement des Nations Unies, est un texte de 49 pages, en 283 paragraphes, avec de bonnes intentions et le lancement du processus d'objectifs du développement durable.
Le texte réaffirme les principes édictés lors de précédentes conférences et sommets, et insiste sur la nécessité «d'accélérer les efforts» pour mettre en oeuvre les engagements antérieurs. Il rend hommage aux collectivités locales, qui ont «fait des efforts et des progrès».
- «politiques d'économie verte» (3 pages et demi du texte): c'est «un des outils importants» pour aller vers le développement durable. Elles ne doivent pas «imposer des règles rigides» mais «respecter la souveraineté nationale de chaque pays», sans constituer «un moyen de discrimination» ni «une restriction déguisée au commerce international». Elles doivent aussi «contribuer à combler les différences technologiques entre pays développés et en développement». «Chaque pays peut choisir une approche appropriée».
- Gouvernance mondiale du développement durable : le texte décide de «renforcer le cadre institutionnel». La commission du développement durable, totalement inefficace, est remplacée par un «forum intergouvernemental de haut niveau». Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) voit son rôle affirmé et revalorisé comme «autorité globale et chef de file pour l'environnement», avec des ressources «sûres» (les versements sont aujourd'hui volontaires) et une représentation de tous les membres des Nations Unies (seuls 58 y participent actuellement).
- «Cadre d'action» : Sur 25 pages, soit la moitié du document, le texte propose des secteurs où il y a «de nouvelles opportunités» et où l'action est «urgente» notamment du fait d'une insuffisante réalisation des résultats de précédentes conférences.
Les 25 domaines particulièrement ciblés vont de l'éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire, l'eau, l'énergie, le transport, la santé, l'emploi, aux océans, changement climatique, la consommation et la production durables.
- Objectifs du développement durable : sur le modèle des Objectifs du Millénaire pour le développement à échéance 2015, le sommet insiste sur l'importance de fixer des «Objectifs du développement durable» (ODD) «en nombre limité, concis et tournés vers l'action», applicables à tous les pays mais tenant compte des «circonstances nationales particulières». Un groupe de travail de 30 personnes sera mis en place d'ici à la prochaine Assemblée générale des Nations Unies, en septembre, et devra présenter ses propositions en 2013, pour mise en place à partir de 2015.
- Les moyens de réalisation du développement durable : «il est extrêmement important de renforcer le soutien financier de toutes origines en particulier pour les pays en développement». «De nouveaux partenariats et des sources innovantes de financement peuvent jouer un rôle». La déclaration insiste sur «la conjugaison de l'assistance au développement avec l'investisment privé».
Le texte insiste aussi sur la nécessité de transferts de technologie vers les pays en développement et sur le «renforcement des capacités» (formation, coopération...).
(ats/afp)
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Résumé
"On a bien mangé, on a bien bu, on a fait des tas de promesses, on verra au prochain G20 qu'est-ce qu'on pourrait encore promettre en 49 pages. " Du blabla qui coûte cher et n'apporte rien et c'est tout.
Mouais
Une belle usine à gaz, quoi !
Démographie Responsable
Si les grands de ce monde voulaient réellement changer le cours des choses ils s'attaqueraient à la cause réelle de tous les maux écologiques que nous avons créé. Tant que la question de la surpopulation mondiale ne sera pas prise à bras le corps, la situation ira de mal en pis. Seul un sursaut citoyen pourrait éviter l'effondrement de la civilisation. Pour sa part, l'association Démographie Responsable tente d'infléchir le cours des choses, mais en aura-t-elle le temps ?