17 mai 2018 16:39; Act: 17.05.2018 17:05 Print

Le terrorisme misogyne des «incels»

Le principal suspect de l'attaque au camion-bélier de Toronto a comparu jeudi dernier. Prochaine audience, le 14 septembre prochain. Retour sur les incels, cette communauté à laquelle il appartient.

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Le 23 avril 2018, Alek Minassian a tué dix personnes et blessé quatorze autres à Toronto, en fonçant dans la foule avec une camionnette. Jeudi dernier, il a comparu par vidéoconférence. Celui qui a fait référence au mouvement incel avant de commettre son acte devra répondre de 10 chefs d'accusation de meurtre avec préméditation et 16 tentatives de meurtre pour autant de tués et de blessés.

Il est accusé d'avoir loué une camionnette le 23 avril et d'avoir tué huit femmes et deux hommes dans sa course meurtrière sur les trottoirs du centre-ville de la métropole canadienne.

Alek Minassian avait été arrêté sept minutes après avoir projeté la camionnette sur les premiers piétons.

Au lendemain de la tuerie, la police avait convenu que le chauffeur avait visé «majoritairement des femmes» juste après avoir publié sur Facebook «un message énigmatique» contre le sexe féminin.

Les autorités ont jusqu'ici écarté la piste d'un acte de terrorisme comme cela a pu être le cas dans le même type d'attaque à la voiture-bélier à Londres ou à Nice, l'homme étant inconnu des services de police et n'étant pas non plus fiché par les services de renseignement.

Cette piste a également été rejetée jeudi par l'avocat d'Alek Minassian. «Je ne suis au courant de rien qui pourrait permettre de croire qu'il s'agissait d'un acte de terrorisme», a déclaré Boris Bytensky, avocat de la défense.

Me Bytensky n'a pas voulu commenter l'état de santé mentale de son client et a estimé qu'il était trop tôt pour dire s'il avait l'intention de plaider coupable ou non.

La prochaine audience de l'accusé doit avoir lieu le 4 septembre.

Les victimes de la camionnette sur la rue Yonge, l'une des plus grandes artères commerçantes du Canada, étaient âgées de 22 à 94 ans. Il y avait parmi elles une étudiante sud-coréenne et un Jordanien de 85 ans venu avec son épouse au Canada pour voir leur fils, membre d'une chorale.

(afp/cch)