Syrie

19 juin 2017 13:30; Act: 19.06.2017 16:08 Print

Le ton monte entre Damas et Washington

Les tensions montent entre les alliés d'Assad et les Etats-Unis après qu'un avion militaire syrien a été abattu.

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Israël a mené un raid aérien suite à des tirs visant le plateau du Golan, territoire annexé et proche de la frontière syrienne. (Archives) (Samedi 24 juin 2017) Dans un article publié dans plusieurs journaux européens, Emmanuel Macron affirme que le départ du président syrien Bachar al-Assad n'est plus une priorité pour la France. (22 juin 2017) Des convois humanitaires ont pu livrer de la nourriture aux habitants de Kamichli et à ceux de Harasta. Le rétablissement des connexions routières laisse espérer une distribution plus vaste de l'aide. (Mardi 20 juin 2017) Le gouvernement australien a annoncé mardi qu'il suspendait sa participation aux frappes aériennes menées en Syrie dans le cadre de la coalition internationale sous commandement américain. (A l'image: un F/a-18 de l'armée américaine) (Mardi 20 juin 2017) Les tensions montent entre les alliés d'Assad et les Etats-Unis après qu'un avion militaire syrien a été abattu. (photo d'llustration. Avion de chasse américain) (19 juin 2017) epa06023965 Soldiers patrol next to destroyed buildings at Raqqa city, Syria, 11 June 2017 (Issued 12 June 2017). The People's Protection Unit (YPG, part of the Syrian Democratic Forces, SDF) advanced on the neighbourhoods of al-Sabahyah and al-Jazrah in Raqqa city with the support of the US-led international coalition to fight IS in Syria. Raqqa city is the main stronghold and the capital of IS in Syria and has been under their control since 2014. The operation to recapture it started on 06 June 2017 under the name 'The Grand Battle' by the Syrian Democratic Forces (QSD or SDF) and supported by a US-led coalition. EPA/YOUSSEF RABIE YOUSSEF Les combats font rage à l'entrée de la vieille ville de Raqa, bastion du groupe Etat islamique. (Mardi 13 juin 2017) Les forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, poursuivent leur progression à Raqqa, bastion syrien de l'EI. Elles sont parvenues à atteindre les murs de la vieille ville. (Lundi 12 juin 2017) Les Forces démocratiques syriennes déchargent des munitions fournies par la coalition menée par les Etats-Unis, dans un village au nord de Raqa. (Jeudi 8 juin 2017) Des combattants soutenus par Washington gagnaient du terrain mercredi à Raqa au lendemain du lancement de l'assaut final sur le bastion du groupe Etat islamique (EI) en Syrie. (Mercredi 7 juin 2017) Des avions américains de la coalition anti-EI ont bombardé une milice alliée du régime syrien à Al-Tanaf, près des frontières irakienne et jordanienne. (Mardi 6 juin 2017) Les Forces démocratiques syriennes (FDS), formées de combattants arabes et kurdes et soutenues par Washington, ont annoncé mardi être entrées par l'est à Raqa, en Syrie. (Merdi 6 juin 2017) Les Forces Démocratiques Syriennes se sont emparées vendredi soir de la ville d'al-Mansoura, à environ 20 km au sud-ouest de Raqa. (Samedi 3 juin 2017) Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer, a déclaré vendredi que la Syrie demeure la plus grande opération du CICR au monde. De retour de Syrie, où il a rencontré le président Bachar al-Assad, il parle d'un grand défi pour les humanitaires. (2 juin 2017) Des milliers de civils ont trouvé refuge dans un camp au nord de la ville de Raqqa. Et des centaines d'autres affluent chaque jour alors que se précise l'offensive militaire contre ce bastion de l'Etat islamique en Syrie. (Jeudi 1er juin 2017) Les frappes aériennes de la coalition s'intensifient contre la ville de Raqqa en prévision de l'offensive des forces anti-Daech. (Jeudi 1er juin 2017) Les Forces Démocratiques Syriennes, composées de Kurdes et d'Arabes, se rapprochent de la ville de Raqqa avec le soutien des frappes aériennes de la coalition. (Jeudi 1er juin 2017)

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La Russie a annoncé lundi son intention de pointer ses missiles vers tout avion de la coalition internationale survolant la Syrie et suspendu son canal de communication militaire avec Washington après la destruction d'un chasseur syrien par un avion américain.

La Russie est impliquée militairement au côté du régime de Bachar el-Assad dans la guerre en Syrie, alors que les Etats-Unis soutiennent et arment une alliance arabo-kurde rivale et des rebelles syriens.

Nouvelle escalade

Ces développements marquent une nouvelle escalade dans le conflit impliquant différents acteurs régionaux et internationaux ainsi que des groupes djihadistes sur un territoire morcelé, et éloignent la perspective d'une solution négociée.

En plus de l'incident américano-syrien, l'Iran, autre allié du régime Assad, a tiré pour la première fois dimanche des missiles contre des cibles du groupe djihadiste, Etat islamique (EI) en Syrie.

Confrontation avec les Etats-Unis

Avec ses annonces, la Russie fait un pas de plus dans la confrontation avec les Etats-Unis. Son entrée en force en 2015 sur le champ de bataille en Syrie laissait déjà présager d'une «guerre par procuration» entre les deux grandes puissances. Et le bombardement américain en avril d'un aéroport militaire syrien avait accentué cette rivalité.

Le ministère de la Défense a ainsi indiqué que les «avions et les drones de la coalition internationale repérés à l'ouest de l'Euphrate seront suivis et considérés comme des cibles par les moyens terrestres de défense antiaérienne et par les moyens aériens».

La Russie ne participe pas à la coalition internationale dirigée par Washington, dont les avions ciblent principalement le groupe djihadiste, Etat islamique (EI) en Syrie depuis 2014. Elle dispose de systèmes de défense anti-aérienne S-300 et S-400 déployés en Syrie, ainsi que de dizaines de chasseurs et de bombardiers opérant en soutien au régime.

«Non-respect délibéré»

Le ministère russe de la Défense a en outre annoncé la suspension des canaux de communication existants avec les Etats-Unis dans le cadre du mémorandum sur la prévention des incidents aériens en Syrie. Moscou considère les actions de Washington comme un «non-respect délibéré» de cet accord signé en 2015. Moscou accuse Washington de n'avoir pas «prévenu» l'armée russe qu'elle allait abattre l'avion, et exige une «enquête» sur cet incident.

Le ciel syrien est encombré par les avions du régime, ceux de la Russie, ceux de la coalition internationale et parfois ceux de la Turquie voisine. Dimanche Damas et Washington se sont accusé mutuellement de provocation dans l'incident aérien.

L'armée syrienne a annoncé qu'un avion de la coalition internationale avait abattu un de ses avions de combat alors «qu'il menait une mission contre l'EI» dans la province de Raqa (nord).

Une riposte

La coalition a dit qu'il s'agissait d'une riposte à des frappes aériennes sur les Forces démocratiques syriennes (FDS- alliance arabo-kurde) soutenues par les Etats-Unis. L'incident s'est déroulé à une quarantaine de km au sud-ouest de la ville de Raqa, chef-lieu de la province du même nom et principal fief de l'EI en Syrie que les FDS tentent de capturer depuis des mois.

Dans cette même zone, des affrontements ont opposé pour la première fois des troupes prorégime et les FDS, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Il n'y avait plus de combats lundi.

Cette escalade survient au moment où les troupes syriennes se trouvent dangereusement proches de zones contrôlées par des forces soutenues par les Etats-Unis, aussi bien dans le nord que dans le sud-est syrien.

L'armée progresse sur trois fronts -nord, centre, sud- et se dirige vers la province de Deir Ezzor (est), qu'elle espère reprendre à l'EI. Bien qu'elles luttent toutes les deux contre l'EI, les troupes du régime et les FDS sont des forces rivales.

«Se brûler les doigts»

D'après Sam Heller, un expert de la Syrie auprès de The Century Foundation, ces incidents doivent être considérés comme isolés. «C'est le régime qui s'est engagé dans une provocation et puis un commandant américain a réagi par autodéfense. Le régime s'est approché trop près et s'est brûlé les doigts», dit-il.

«Aucune partie ne veut délibérément provoquer une escalade, mais quand il y a ce genre de heurts, cela peut aboutir à une escalade accidentelle», selon lui. Dans la province de Raqa, le régime ne participe pas à l'offensive menée par les FDS pour s'emparer de la ville éponyme mais veut à travers cette région parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor.

Pour gagner cette province, son armée progresse également sur deux autres fronts: dans le désert syrien (centre), où il a chassé l'EI de plusieurs localités, et à la frontière irakienne dans le sud-est. Déclenchée par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie a fait plus de 320'000 morts.

(nxp/afp)