Consultation

15 novembre 2017 02:32; Act: 15.11.2017 07:18 Print

Les Australiens ont voté pour le mariage gay

62% des citoyens australiens consultés se sont prononcés pour le mariage homosexuel. Les politiques doivent embrayer.

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Dès l'annonce des résultats de la consultation, des partisan du mariage homosexuel se sont réunis dans plusieurs villes - ici à Sydney. (IMage - mercredi 15 novembre 2017) (Photo: AFP)

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Les Australiens ont résolument dit «oui» au mariage gay, selon les résultats d'un vote postal qui ont donné lieu mercredi à des manifestations de joie à travers le pays mais qui doivent encore être entérinés par la loi. Et ce, alors que le sujet est une impasse politique depuis 10 ans.

Dans toute l'Australie, des milliers de partisans du mariage entre personnes du même sexe sont descendus dans la rue pour danser et chanter sous des nuages de confettis. Près de 62% des 12,7 millions de personnes ayant participé au vote postal, consultation non contraignante qui a duré deux mois, se sont prononcées en faveur du mariage gay.

Le Premier ministre Malcolm Turnbull a en conséquence souhaité que la loi soit modifiée d'ici Noël. Les Australiens «ont voté oui pour la justice, l'engagement et l'amour», a-t-il dit devant les journalistes.

80% de participation

Près de 80% de l'électorat a participé à la consultation alors que beaucoup craignaient que les jeunes nés à l'ère d'internet refusent de s'exprimer par courrier.

«Cela veut tout dire, cela veut tout dire», s'exclamait Chris lors d'une manifestation géante à Sydney. Il avait du mal à contenir ses larmes en prenant son conjoint Victor dans ses bras.

D'après le Bureau australien des statistiques, qui a organisé le vote, le «oui» l'a emporté dans chacun des Etats et territoires du vaste pays-continent. Le «non» a recueilli 38,4% des suffrages. «Les Australiens peuvent être certains que ces chiffres reflètent les vues de l'électorat», a déclaré David Kalisch, chef du Bureau des statistiques.

Pas partisan ?

Le «oui» doit désormais être entériné par la loi.

Le Premier ministre, personnellement favorable au mariage entre personnes du même sexe, avait organisé cette consultation pour faire pression sur les parlementaires hostiles à la réforme, pour la plupart issus de son propre camp conservateur. M. Turnbull s'est dit certain que les parlementaires voteraient «en leur âme et conscience», sans tenir compte de la ligne de leur parti, pour modifier la loi.

L'Australie semble ainsi partie pour tourner la page après des années d'impasse politique sur le sujet. Mais les partisans du «non», tout en félicitant leurs adversaires, ont prévenu qu'ils chercheraient à obtenir des exemptions et concessions. «En démocratie, ce n'est pas parce qu'on gagne qu'on peut avancer comme un bulldozer», a déclaré le sénateur Eric Abetz, militant pur et dur du «non».

Convaincre

«Il faut se rappeler qu'il y a 4,8 millions d'Australiens qui ont en fait voté non. Est-ce qu'on va refuser de les entendre? Ou va-t-on tenter d'apaiser leurs craintes afin de pouvoir avancer en tant que nation?»

M. Turnbull va devoir affronter les tenants de la ligne dure au sein de son Parti libéral. Ceux-ci vont tenter d'obtenir des changements législatifs pour permettre aux entreprises organisatrices de mariages de refuser des couples homosexuels ou aux parents de retirer leurs enfants des écoles portant atteinte à leurs yeux aux valeurs traditionnelles.

Le Premier ministre et l'opposition travailliste sont favorables à un projet de loi plus simple qui légaliserait le mariage gay tout en permettant à certaines institutions religieuses de refuser de marier les couples homosexuels si elles sont contre le principe.

Ce projet de loi devrait être présenté au Sénat dès jeudi.

Divisions

Selon un sondage réalisé auprès des parlementaires fédéraux par le groupe de médias Australian Broadcasting Corporation, 72% des membres de la Chambre des représentants et 69% des sénateurs voteraient pour changer la loi.

Si le vote constitue une victoire historique au yeux des défenseurs des droits LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuels, trans, intersexes et queer), il a aussi révélé de profondes divisions sociétales.

Les militants du «oui» ont déclaré qu'il avait déchaîné sur les gays des discours de haine, ceux du «non» se sont plaints d'être accusés de bigoterie. Avant même l'envoi du matériel de vote en septembre, le débat avait pris une tournure nauséabonde avec des affiches «Arrêtez les pédés» à Melbourne et des tracts décrivant l'homosexualité comme étant une «malédiction de la mort» à Sydney.

(nxp/ats/afp)