Espion empoisonné

13 mars 2018 12:22; Act: 13.03.2018 12:49 Print

Les agents «Novitchok», ces toxiques mal connus

On en sait plus sur l'agent innervant qui serait à l'origine de l'empoisonnement de l'ancien espion russe Sergueï Skripal.

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La police britannique a affirmé que «les enquêteurs sont sûrs qu'ils (les suspects) sont russes». Scotland Yard s'est refusé à tout commentaire. (Jeudi 19 juillet 2018) La Britannique contaminée à l'agent innervant Novitchok et hospitalisée samedi à Salisbury (Sud de l'Angleterre) est décédée dimanche soir, a annoncé la police britannique, qui a ouvert une enquête pour meurtre. (Dimanche 8 juin 2018) Ioulia Skripal a déclaré dans une vidéo diffusée mercredi qu'elle souhaitait rentrer en Russie mais voulait d'abord se rétablir. (Mercredi 23 mai 2018) La mère de l'ex-espion affirme que le Royaume-Uni l'empêche de parler à son fils. (Mardi 22 mai 2018) Neuf sites, dont trois situés dans le centre de Salisbury, ont été identifiés par la police anti-terroriste britannique comme devant être traités par des spécialistes. (Mardi 17 avril 2018) Rencontre entre Sergueï Lavrov et son homologue néerlandais vendredi 13 avril. Le ministre des affaires étrangères russe déclare samedi 14 avril avoir les preuves que l'enquête sur l'empoisonnement de l'ex-espion Skripal a été trafiquée. La fille de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal doit sortir ce mardi de l'hôpital. (Mardi 10 avril 2018) Un chat et deux cochons d'Inde appartenant à l'ex-espion russe Sergueï Skripal, empoisonné en Grande-Bretagne, ont été trouvés morts, a annoncé jeudi une porte-parole du gouvernement britannique, en réponse à une question de Moscou. Mais aucune précision n'a été apportée. (Image -archives - 28 mars 2018) La télévision publique russe a diffusé jeudi un enregistrement audio présenté comme une conversation téléphonique entre Ioulia Skripal, hospitalisée en Angleterre après avoir été empoisonnée avec son père Sergueï début mars, et sa cousine Viktoria. (Jeudi 5 avril 2018) Le chef du laboratoire militaire britannique de Porton Down, Gary Aitkenhead, a déclaré qu'il n'avait pas été capable de déterminer que l'agent innervant utilisé pour empoisonner l'ancien espion russe Sergueï Skripal provenait de Russie. (Mardi 3 avril 2018) Selon Sergueï Lavrov, l'empoisonnement de Skripal pouvait être «dans l'intérêt» de Londres pour détourner l'attention du Brexit. (Lundi 2 avril 2018) L'ambassadeur néerlandais alors qu'il quitte le ministère russe des affaires étrangères. (30 mars 2018) Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov annonce l'expulsion de 60 diplomates américains et la fermeture du consulat américain à Saint-Pétersbourg. (29 mars 2018) L'état de Ioulia Skripal, empoisonnée à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) le 4 mars en même temps que son père, l'ancien espion russe Sergueï Skripal, «s'améliore rapidement», a indiqué jeudi l'hôpital où ils sont soignés.(Jeudi 29 mars 2018) L'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, empoisonnés le 4 mars, ont eu le premier contact avec l'agent innervant à leur domicile, en Grande-Bretagne. La plus haute concentration a été retrouvée sur la porte d'entrée. (Mercredi 28 mars 2018) Moscou a promis mercredi de répondre de manière «symétrique» aux expulsions de ses diplomates par une trentaine de pays en grande majorité occidentaux. (Mercredi 28 mars 2018) La Turquie ne prendra pas de mesures contre la Russie, à qui le Royaume-Uni attribue l'empoisonnement sur son sol d'un ex-agent double, «sur la base d'une allégation», a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan, selon la presse turque mercredi. (28 mars 2018) La Suisse ne compte pas pour l'instant expulser des diplomates russes à l'instar de 17 pays de l'UE. Berne préfère attendre les résultats de l'enquête de l'affaire Skripal. (Mardi 27 mars 2018) Affaire Skripal: plusieurs pays occidentaux ont expulsé des dizaines diplomates russes. A l'image, l'ambassade de Russie à Berlin. L'Allemagne a expulsé quatre diplomates. (Lundui 26 mars 2018) L'espion russe empoisonné en Grande-Bretagne, début mars, avait écrit au président Vladimir Poutine pour obtenir son pardon et rentrer en Russie, selon un proche de Sergueï Skripal. (Samedi 24 mars 2018) Les dirigeants de l'UE considèrent unanimement, en soutien au Royaume-Uni, que la Russie est «très probablement» derrière l'empoisonnement de l'ex-espion russe. (Jeudi 22 mars 2018) Un juge britannique a autorisé jeudi des prélèvements de sang sur l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia pour les transmettre aux experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). (Vendredi 22 mars 2018) Il faudra encore 2 à 3 semaines pour connaître les résultats des échantillons prélevés dans l'affaire de l'empoisonnement de l'ex-espion russe. (Mardi 20 mars 2018) Des diplomates russes ont quitté mardi leur ambassade à Londres, à bord de minibus gris. Ce départ suit la décision du gouvernement britannique d'expulser 23 diplomates en rétorsion à l'empoisonnement d'un ex-espion russe. (Mardi 20 mars 2018) Une femme porte son enfant, en quittant l'ambassade de Londres. (Mardi 20 mars 2018) Des diplomates russes et leur famille saluent les photographes.(Mardi 20 mars 2018) Le scientifique Leonid Rink dit avoir travaillé à la conception des agents chimiques «Novitchok», mis en cause dans l'empoisonnement de Sergueï Skripal. Cela contredit la position de Moscou, selon laquelle ce programme n'a pas existé. (Mardi 20 mars 2018) Accuser Moscou dans l'affaire de l'ex-espion empoisonné est «du grand n'importe quoi», a estimé Vladimir Poutine après la réélection dimanche. (Dimanche 18 mars 2018) Moscou se fâche. Le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé samedi l'expulsion imminente de 23 diplomates britanniques. Une décision prise en réponse à une mesure similaire annoncée par Londres après l'empoisonnement en Grande-Bretagne d'un ancien espion russe. (17 mars 2018) L'ambassadeur britannique en poste à Moscou a été convoqué samedi au ministère russe des Affaires étrangères pour la deuxième fois cette semaine. (17 mars 2018) La Russie a annoncé l'ouverture d'une enquête pour «tentative d'assassinat» de la fille de l'ex-espion russe Sergueï Skripal, après son empoisonnement. (Vendredi 16 mars 2018) Selon la presse de boulevard britannique, la vraie cible de l'attaque pourrait avoir été la fille de l'ex-espion, , 33 ans. Elle aurait été victime de sa belle-mère, un agent russe de haut rang qui désapprouvait son mariage avec son fils. Theresa May, première ministre britannique, a été prise pour cible par la presse russe qui l'accuse d'avoir «empoisonné» les relations avec Moscou. (Jeudi 15 mars 2018) Moscou a accusé mercredi Londres d'avoir «fait le choix de la confrontation» après l'expulsion du Royaume-Uni de 23 diplomates russes. (Mercredi 14 mars 2018) Theresa May a annoncé que la Grande-Bretagne allait expulser 23 diplomates russes suite à l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal en Angleterre.(Mercredi 14 mars 2018) Sergueï Skripal a «très probablement» été empoisonné par Moscou,a affirmé à Helsinki le président du Conseil européen Donald Tusk. (Mercredi 14 mars 2018) Moscou a averti qu'elle ne répondrait pas à l'ultimatum de Londres demandant des explications sur l'empoisonnement suspect de l'ex-espion Skripal, et prévenu qu'elle répondrait à toute forme de rétorsion. (Image prétexte) Theresa May a donné jusqu'à mardi soir à Moscou pour fournir des explications dans l'affaire de l'ancien espion russe empoissonné. (Lundi 12 mars 2018) Londres a convoqué une nouvelle réunion d'urgence sur l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal. (Samedi 10 mars 208) Le chef de la police anti-terroriste, Mark Rowley, a affirmé que l'agent innervant utilisé pour empoissonner Sergueï Skripal et sa fille a été identifié. Ce qui «va aider à identifier la source». (Mercredi 7 mars 2018) Serguei Skripal lors de son procès à Moscou en août 2006. Serguei Skripal a été retrouvé inconscient, en compagnie de sa fille Youlia, dimanche sur un banc dans un centre commercial de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres. (4 mars 2018) Serguei Skripal a été retrouvé inconscient, en compagnie de sa fille Youlia, dimanche sur un banc dans un centre commercial de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres. (4 mars 2018) Les enquêteurs à Salisbury tentaient de déterminer l'origine et la nature de la «substance toxique» dont ont été victimes Sergueï Skripal et sa fille. (4 mars 2018) Serguei Skripal a été retrouvé inconscient, en compagnie de sa fille Youlia, dimanche sur un banc dans un centre commercial de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres. (4 mars 2018)

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Les agents innervants «Novitchok», comme celui utilisé le 4 mars pour empoisonner un ex-espion russe en Grande-Bretagne, sont une spécialité russe de toxiques mal connue ailleurs, et particulièrement dangereuse.

Sergueï Skripal, 66 ans, avait été retrouvé dans un état critique sur un banc à Salisbury (sud de l'Angleterre), où il vivait depuis un échange d'espions entre Moscou, Londres et Washington.

Le «petit nouveau»

Lundi, la Première ministre britannique Theresa May a répondu à une question qui suscitait de nombreuses spéculations: avec quelle substance cet ancien agent double avait-il été attaqué? Réponse: un agent innervant du groupe «Novitchok» («nouveau venu» ou «petit nouveau»).

Sa conception remonte aux années 1970-1980, les dernières décennies de la Guerre froide Est-Ouest. Et les experts occidentaux en savent peu sur ces armes chimiques redoutables, notamment sur les antidotes.

«La science et le mode d'action exacts des agents Novitchok ne sont pas entièrement compris à ce stade puisqu'il s'agit de la génération la plus récente d'agents innervants», explique la chimiste et criminologiste Michelle Carlin, de l'université Northumbria. «On pense aussi qu'ils sont bien plus toxiques que les agents innervants suspectés auparavant dans cette affaire», a-t-elle ajouté, cité par Science Media Centre.

Les agents innervants sont des contaminants qui s'attaquent au système nerveux, en particulier à des enzymes qui assurent la communication avec les muscles. Jusque-là, les scientifiques avaient avancé l'hypothèse d'une attaque au sarin ou au VX, conçus à l'origine par l'Allemagne nazie, et relativement répandus aujourd'hui.

«Crime qui fera date»

Mais Sergueï Skripal et sa fille, toujours hospitalisés, ont visiblement été victimes d'un crime qui fera date dans l'histoire. Selon plusieurs médias russes, ces agents Novitchok ont été conçus par les scientifiques soviétiques de l'Institut public de chimie organique et de technologie GNIIOKhT, créé à Moscou en 1924, et classé entreprise stratégique par décret présidentiel en 2004. Cet Institut s'est spécialisé récemment dans la destruction des stocks d'armes chimiques russes.

Il n'y a pas d'autre origine connue pour ces agents, ce qui a poussé Mme May lundi à estimer «très probable» l'implication du gouvernement russe. Les États-Unis ont soutenu Londres, le secrétaire d'État Rex Tillerson affirmant faire «toute confiance à l'enquête britannique selon laquelle la Russie est probablement responsable de l'attaque».

Une «vraie torture»

L'hypothèse a été accréditée dans la presse britannique par l'un des «pères» des agents Novitchok, Vil Mirzaïanov, 83 ans. «Seule la Russie a pu faire ça (...) C'était une démonstration délibérée de Vladimir Poutine de son pouvoir contre ses ennemis», a déclaré au Telegraph ce chimiste exilé à Princeton (États-Unis).

Ses propos sur les effets physiologiques ont de quoi glacer. «C'est une vraie torture, c'est impossible à imaginer. Même à de faibles doses la douleur peut durer des semaines», a-t-il dit au Daily Mail.

La Russie est censée avoir détruit tous ses stocks d'armes chimiques déclarés. Mais dès leur conception, les agents Novitchok ont eu pour avantage, ou pour inconvénient selon le point de vue, de pouvoir être fabriqués à partir de composants tous autorisés.

Contrairement à d'autres armes du même type, «les produits chimiques mélangés pour l'obtenir sont bien plus faciles à livrer sans risque pour la santé du porteur», a souligné Gary Stephens, un pharmacologue de l'université de Reading, cité par Science Media Centre.

(nxp/afp)