Année 2016

30 octobre 2017 11:08; Act: 30.10.2017 14:34 Print

Les concentrations de CO2 ont atteint un record

Le courant chaud El Niño a fortement diminué la capacité des forêts ou des océans à absorber du CO2 en 2016.

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Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère en 2016 ont augmenté à un rythme record, notamment en raison du courant chaud El Niño. Pour atteindre les limites du réchauffement climatique décidées dans l'Accord de Paris, il faudra davantage d'efforts des gouvernements, a dit lundi l'ONU à Genève.

Les concentrations se sont élevées en moyenne dans le monde à 403,3 parties par million (ppm), une hausse de plus de 3 unités par rapport à l'année précédente, selon les données annuelles de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). El Niño a diminué la capacité des forêts ou des océans à absorber du CO2.

Et le nombre de désastres comme les pluies importantes, les sécheresses, les incendies, les inondations se multiplient, de même que l'intensité des ouragans s'étend. La contribution des facteurs naturels dans les émissions avance par rapport aux activités humaines.

Pour autant, même si El Niño n'a pas été observé en 2017 et qu'un courant froid La Niña pourrait être constaté d'ici la fin de l'année, «il est probable que nous atteindrons à nouveau un record dans les concentrations de CO2», a estimé devant la presse le secrétaire général de l'OMM Petteri Taalas. En revanche, l'intensité de cette augmentation ne devrait elle pas être supérieure à celle de 2016.

Stabilisation des émissions de CO2

«Nous n'allons pas dans la bonne direction», a admis Petteri Taalas. Il salue des «signes positifs» sur les investissements dans l'énergie renouvelable, sur les voitures hybrides ou électriques, ou encore sur l'augmentation des habitudes végétariennes.

Mais les Etats doivent étoffer leurs engagements et le secteur privé doit accélérer les siens, ajoute encore Petteri Taalas. «Sans de rapides coupes dans les émissions de CO2 et d'autres gaz à effet de serre», la hausse des températures d'ici 2100 sera «bien supérieure» aux 1,5 ou 2°C prévus par l'Accord de Paris, ajoute le chef de l'OMM.

Les concentrations s'établissent désormais à près de 150% de celles de la période préindustrielle, selon les données annuelles de l'OMM. Cette situation pourrait aboutir à des «changements écologiques et économiques importants». En 2016, le réchauffement climatique s'est étendu de 2,5%.

Le CO2, qui constitue deux tiers de l'impact des gaz à effet de serre, reste dans l'atmosphère pendant des centaines d'années et encore plus longtemps dans les océans.

Outre les concentrations, les émissions se sont elles stabilisées. Mais elles restent aussi «bien trop importantes», affirme de son côté le chef d'ONU Environnement Erik Solheim, dont l'organisation doit lancer mardi à Genève un rapport sur le décalage en terme d'engagements sur cette question.

Outre le CO2, le méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, a également atteint un record dans l'atmosphère, à 1853 parties par milliard. Il est désormais à plus de 250% du niveau de la période préindustrielle. La concentration d'oxyde nitreux s'est par ailleurs établie en 2016 à 328,9 parties par milliard. Elle se trouve à plus de 120% de la valeur constatée avant la période industrielle, a aussi dit l'OMM dans son rapport.

(nxp/ats)