Attaque au couteau à Paris

14 mai 2018 08:46; Act: 14.05.2018 11:28 Print

Les enquêteurs cherchent d'éventuelles complicités

Les forces de l'ordre ont effectué une perquisition chez un ami de Khamzat A., l'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort à Paris samedi soir. Elles ont emmené un homme.

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Un ami de l'assaillant a été mis en examen et écroué, tandis que deux jeunes femmes ont été interpellées. (Jeudi 17 mai) L'auteur de l'attaque au couteau qui a fait un mort samedi soir à Paris était «quelqu'un d'assez seul», a déclaré mercredi le ministre français de l'Intérieur Gérard Collomb. (Mercredi 16 mai 2017) Alors que l'ami de l'auteur de l'attaque qui a fait un mort samedi à Paris est toujours en garde à vue, ses parents ont été libérés. (Mardi 15 mai 2018) Le groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué l'attaque au couteau a diffusé une vidéo sur Telegram sur laquelle un jeune homme est présenté comme l'auteur de l'attentat. Une dizaine de policiers porteurs de cagoules et lourdement armés ont effectué à Strasbourg une perquisition au domicile d'un ami de Khamzat A. Les policiers ont quitté l'immeuble avec un homme menotté, le visage également dissimulé par une cagoule. France Info révèle la première photo de Khamzat A. Né en 1997 en Tchétchénie (Russie), il avait obtenu la nationalité française en 2010, selon les médias français. L'homme qui a tué à l'arme blanche une personne et en a blessé quatre autres est né en Tchétchénie. Ses parents ont été placés en garde-à-vue. (Dimanche 13 mai 2018) Cette attaque intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste. (Samedi 12 mai 2018) Un important périmètre de sécurité a été rapidement mis en place dans un secteur bouclé où ont convergé un nombre impressionnant de véhicules de police, de pompiers et de secours. (Samedi 12 mai 2018) «Ce soir, notre ville a été meurtrie», a dit la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui s'est rendue sur place. (Samedi 12 mai 2018) L'enquête est menée notamment sous les qualifications d'«assassinat» et de «tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique», «en relation avec une entreprise terroriste», selon le procureur de Paris Francois Molins. (Samedi 12 mai 2018) «L'auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l'État islamique et l'opération a été menée en représailles envers les Etats de la coalition», a déclaré une «source sécuritaire» à Amaq, l'agence de presse l'EI. (Samedi 12 mai 2018) Pour maîtriser l'assaillant qui avait menacé les forces de l'ordre, un policier a fait usage d'un taser. Puis un deuxième fonctionnaire de police lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement. (Samedi 12 mai 2018) Un passant agressé est décédé. Deux autres personnes ont été blessées grièvement et transférées à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris. Deux des quatre blessés le sont plus légèrement. (Samedi 12 mai 2018) L'assaillant s'en est pris à cinq personnes peu avant 21h00 rue Monsigny. (Samedi 12 mai 2018) Les faits se sont produits dans le IIe arrondissement, près de l'Opéra, dans un quartier de bars, restaurants et théâtres très fréquenté le samedi soir. (Samedi 12 mai 2018)

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Les enquêteurs français s'efforçaient lundi de mettre au jour les éventuelles complicités dont a pu bénéficier Khamzat Azimov, le jeune homme d'origine tchétchène qui a semé la terreur et tué un homme samedi soir en plein Paris, une attaque au couteau revendiquée par le groupe jihadiste, État islamique.

Khamzat Azimov, abattu par des policiers juste après l'attaque, est né en novembre 1997 en Tchétchénie, république musulmane russe du Caucase, théâtre de deux guerres dans les années 1990 et 2000.

Tôt dimanche, les parents de l'assaillant ont été placés en garde à vue. Les chambres que la famille louait dans un meublé à Paris ont été perquisitionnées, sans qu'«aucun élément incriminant» n'ait été trouvé, selon une source proche du dossier.

Fiché S

Sans antécédent judiciaire, le jeune homme, naturalisé français en même temps que sa mère en 2010, figurait depuis 2016 sur le fichier «S» des services de renseignement français. Le fichier «S» (risque d'atteinte à la «Sûreté de l'État») regroupe plus de 10'000 personnes dont pour moitié environ des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste.

Il était également inscrit au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste, mais en raison de «ses relations» «plutôt» que de «son propre comportement, ses agissements et prises de position», selon une source proche du dossier.

Dimanche, un de ses amis, âgé de 20 ans également, a été interpellé et placé en garde à vue à Strasbourg (est), ville où la famille Azimov a vécu plusieurs années avant d'arriver à Paris, selon une source judiciaire. Une perquisition a été effectuée dans l'après-midi au domicile de ce proche et un ordinateur a été saisi.

«Il voulait faire sa vie»

Contrairement à Khamzat Azimov, son ami «avait un comportement particulier. Il était en contact avec la Syrie, il voulait partir. Mais après le bac, il était sorti de tout ça, il voulait faire sa vie», a raconté un ancien camarade de lycée des jeunes gens.

Khamzat Azimov avait été «entendu il y a un an par la section antiterroriste de la brigade criminelle, car il connaissait un homme lui-même en lien avec quelqu'un parti en Syrie», a indiqué une source proche de l'enquête.

Un passant français, âgé de 29 ans, a été tué et quatre personnes blessées par le jeune homme armé d'un couteau muni d'une lame de 10 centimètres, samedi peu avant 21h près de l'Opéra Garnier à Paris, dans un quartier touristique de restaurants et de théâtres.
Les blessés, âgés de 26 à 54 ans, sont hors de danger, selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

«Tire, tire, je vais te planter»

L'agresseur s'est dirigé vers les policiers arrivés rapidement sur les lieux et les a menacés en criant: «Tire, tire, je vais te planter», selon des sources policières. Un agent a fait usage d'un pistolet à impulsion électrique pour le maîtriser, sans succès. Puis un deuxième policier lui a tiré dessus à deux reprises, le blessant mortellement.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a rapidement revendiqué l'attaque et diffusé dimanche une vidéo sur laquelle un jeune homme présenté comme l'auteur de l'attentat prête allégeance à l'organisation jihadiste.

«La France paie une nouvelle fois le prix du sang, mais ne cède pas un pouce aux ennemis de la liberté», avait réagi samedi soir le président Emmanuel Macron sur Twitter.

«C'était glaçant»

«C'est triste de voir l'attaque terroriste à Paris. À un moment donné, les pays devront ouvrir les yeux et voir ce qui se passe réellement (...) Des changements doivent être apportés à notre processus de réflexion sur le terrorisme», a tweeté dimanche soir Donald Trump.


«Nous sommes solidaires du peuple français et de son gouvernement contre cet acte terroriste brutal et promettons toute l'aide nécessaire», lit-on dans le communiqué de la présidence des États-Unis. Cet attentat «ne fait que renforcer la détermination de la coalition internationale à vaincre» l'État islamique et d'en «faire cesser l'existence», ajoute le communiqué.

Des témoins ont raconté une attaque qui les a saisis d'effroi. L'agresseur «s'est approché calmement, ça contrastait avec la panique qu'il y avait autour de lui, les gens qui criaient et couraient. Il a dit Allah Akbar , deux fois, tout doucement, c'était glaçant», a confié à l'AFP Romain, 34 ans.

Cette attaque porte à 246 le nombre de victimes tuées dans des attentats sur le sol français depuis 2015 et intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste.
Paris fait partie de la coalition militaire internationale intervenant en Syrie et Irak contre l'EI.

Où en est l'enquête

(20 minutes/afp)