Nicaragua

14 juin 2018 00:12; Act: 14.06.2018 04:16 Print

Les évêques convoquent une réunion vendredi

Les évêques du Nicaragua ont reçu une réponse du président Ortega. Ils convoquent vendredi gouvernement et opposition.

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Le gouvernement de Daniel Ortega a accepté l'ouverture d'une enquête par des observateurs des droits de l'Homme indépendants pour enquêter sur les violences, qui ont fait au moins 170 morts depuis deux mois. (Samedi 16 juin 2018) Le président Daniel Ortega a rejeté la requête des évêques catholiques sur l'ouverture d'une enquête par des organismes internationaux. Il exige d'abord que les manifestants démontent les barrages installés sur de nombreuses routes du pays, ce que l'opposition a immédiatement refusé. (Vendredi 15 juin 2018) De nouvelles violences meurtrières ont éclaté au Nicaragua, paralysé toute la journée par une grève générale, portant à plus de 160 le nombre de morts depuis le début de la vague de contestation. (Jeudi 14 juin 2018) Les évêques du Nicaragua ont reçu une réponse du président Ortega. Ils convoquent vendredi gouvernement et opposition. (Mercredi 13 juin 2018) L'opposition au président du Nicaragua Daniel Ortega appelle à une grève générale pacifiste jeudi. (Mardi 12 juin 2018) La police anti-émeute et les milices paramilitaires pro-gouvernementales ont attaqué lundi à l'est de Managua les barricades dressées par les manifestants, plongeant cette zone de la capitale nicaraguayenne dans le chaos pour tenter de mater un soulèvement contre le président Daniel Ortega, toujours silencieux. (Lundi 11 juin 2018) Depuis le début du mois d'avril, le bilan est de 137 morts dans les affrontements entre les manifestants et le gouvernement. (Samedi 9 juin 2018) Une réunion est prévue entre le président Ortega et les évêques pour une éventuelle reprise du dialogue avec l'opposition. (Jeudi 7 juin 2018) Les manifestations anti-Ortega ont fait 121 morts et 1300 blessés depuis mi-avril, selon une ONG locale. (Mardi 5 juin 2018) Au moins cinq personnes ont été tuées au Nicaragua dans de nouvelles violences en marge des manifestations contre le président Daniel Ortega, dont l'épouse et vice-présidente a appelé au dialogue. (Lundi 4 août 2018) Un citoyen américain a été tué au Nicaragua, à Managua, lors des manifestations anti-gouvernementales et ce dans des circonstances troubles. (Samedi 2 juin 2018) Les dernières victimes de la répression étaient enterrés vendredi au Nicaragua. Le bilan dépasse désormais les 100 morts depuis plus d'un mois. (Vendredi 1er juin 2018) La marche de soutien aux mères dont les enfants avaient été tués dans les manifestations précédentes a été prise sous les tirs soudains de snipers. (Jeudi 31 mai 2018) «Le Nicaragua nous appartient à nous tous et nous restons tous ici», a lancé Daniel Ortega devant ses partisans dans le nord de Managua, la capitale nicaraguayenne. (Mercredi 30 mai 2018) La marche des «Mères d'avril», dont les enfants sont morts pendant les manifestations, a été la cible de snipers. (Mercredi 30 mai 2018) Les affrontements avec la police ont fait une centaine de morts depuis avril. (Mardi 29 mai 2018) Un manifestant brandit une arme artisanale à Masaya. (Lundi 28 mai 2018)

Une faute?

Le Nicaragua s'apprêtait à vivre une journée de paralysie totale jeudi, l'opposition ayant décrété une grève générale pour protester contre la violente répression des manifestations contre le président Daniel Ortega, qui fait plus de 150 morts en moins de deux mois. Tout en soutenant cette «expression de protestation pacifique», l'influente Eglise catholique, qui s'est posée en médiatrice du conflit, a prié le gouvernement et l'opposition de renouer le dialogue.

Les évêques ont annoncé mercredi soir avoir «reçu une réponse du président de la République» à leur proposition de démocratisation de la vie politique, présentée il y a près d'une semaine. Et ils ont dans la foulée convoqué les deux camps à une réunion de concertation vendredi, où ils présenteront la réponse apportée par l'ancien guérillero de 72 ans, à la tête du pays depuis 2007, après un premier passage de 1979 à 1990.

Les manifestants réclament notamment l'organisation anticipée de l'élection présidentielle prévue en 2021 et des réformes constitutionnelles. «Ca suffit. Nous voulons tous la paix, nous voulons dépasser ces circonstances dures, douloureuses, tragiques. Nous voulons trouver les possibilités de tracer un chemin vers l'avant à la table de négociations», a déclaré mercredi soir sur les médias officiels Mme Rosario Murillo, vice-présidente et épouse de Daniel Ortega, sans faire référence à la réponse présidentielle aux évêques.

En attendant de voir si ces discussions permettront de trouver une issue à la crise, les Nicaraguayens se sont précipités dans les supermarchés pour renflouer leurs stocks de nourriture avant le début de la grève prévu à minuit mercredi (06H00 GMT jeudi).

«Nous devons faire ce sacrifice; nous n'allons pas mourir de faim en un jour», a déclaré à l'AFP Jorge Esquivel, alors qu'il sortait d'un magasin, les bras chargés de vivre. Cet homme de 60 ans s'est dit favorable à la grève, qui doit toucher «tout le pays et toutes les activités économiques», à l'exception des services d'urgence, selon ses initateurs.

«La population est réprimée»

L'appel au débrayage a été lancé par l'Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie, qui regroupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile. Cette coalition est à la pointe des manifestations lancées le 18 avril contre le gouvernement sandiniste et qui n'ont cessé de prendre de l'ampleur, malgré une féroce répression qui a fait 152 morts et 1.340 blessés, selon le dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh).

La perspective d'une grève générale a été saluée par l'archevêché de Managua qui l'a qualifiée «d'expression d'unité nationale et de protestation pacifique en réponse à la grave crise politique». Traversé par une profonde crise économique et sociale, le pays a connu un regain de violences depuis lundi après que les forces de sécurité ont tenté de démanteler de force les barricades dressées sur plusieurs routes du pays.

Armés de frondes et de mortiers artisanaux face aux fusils des policiers anti-émeutes, les manifestants ont bloqué en plusieurs points les axes routiers, paralysant des milliers de camions et désorganisant l'approvisionnement du pays. Ces blocages ont miné la fragile économie du pays, avec un coût qui pourrait atteindre plus de 900 millions de dollars si le conflit se prolongeait, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (FUNIDES).

Après l'avoir longtemps soutenu, les milieux d'affaires ont coupé les ponts avec le président Ortega, lui reprochant sa violente répression des manifestations. «La population est réprimée et cette grève vise à exprimer son mécontentement», a souligné M. Arena.

«Guerre civile larvée»

Face à la répression déployée par les policiers anti-émeute et des milices paramilitaires pro-Ortega, certains manifestants commencent à envisager de prendre les armes, alors que le mouvement se voulait jusqu'ici pacifique.

«Pour moi, ce qui se passe est une guerre civile larvée», déclare un responsable étudiant surnommé «El Gato» (Le Chat), retranché depuis plus d'un mois avec des centaines d'autres dans l'enceinte de l'Université de Managua. «La plupart d'entre nous ne veulent pas l'envisager, mais personnellement je pense que le moment va arriver où nous allons devoir nous armer pour être à égalité avec eux» (les forces de sécurité), ajoute-t-il.

La guérilla sandiniste d'Ortega avait renversé la dictature de Somoza en 1979, la remplaçant par une junte communiste. Mais même les militants qui avaient alors combattu à ses côtés ont désormais lâché Ortega. «Je crois que ce combat est juste -- nous sommes retranchés ici pour faire pression sur le gouvernement et signifier notre refus de ce qu'il fait aux Nicaraguayens», insiste El Gato.

(nxp/afp)