Catalogne

13 septembre 2017 14:54; Act: 14.09.2017 09:55 Print

Les maires pro-référendum convoqués et menacés

Le ton se durcit. Le parquet général convoque et met en examen les maires prêts à organiser le référendum. Ils seront arrêtés s'ils ne se présentent pas.

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Pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy, il faut que les indépendantistes «disent qu'il n'y aura pas de référendum, ils savent qu'il n'aura pas lieu». (Samedi 23 septembre 2017) Malgré les menaces de poursuites judiciaires, les partisans du référendum ont continué à manifester à Barcelone. (Vendredi 22 septembre 2017) Si l'Union européenne refuse de commenter le dossier des indépendantistes catalans, l'inquiétude est bien présente. (Vendredi 22 septembre 2017) Vice-président du gouvernement de la Catalogne, Oriol Junqueras: «Il est évident que nous ne sommes pas en mesure de voter comme d'habitude.» (21 septembre 2017) «Nous votons pour être libres». Sur cette pancarte, une manifestante se fait porte parole des indépendantistes catalans dans les rues à Barcelone. (Mercredi 20 septembre 2017) . «Les forces d'occupation dehors!», criaient des manifestants à Barcelone. Des milliers de Catalans sont descendus dans la rue après l'arrestation d'une douzaine de membres du gouvernement. (Mercredi 20 septembre 2017) (Mercredi 20 septembre 2017) La garde civile ont perquisitionné mercredi matin plusieurs départements de l'exécutif de la Catalogne à Barcelone. (Mercredi 20 septembre 2017) La garde civile espagnole menait mardi matin des perquisitions dans la ville de Gérone, le fief du président séparatiste catalan Carles Puigdemont. (Mercredi 20 septembre 2017) En cas d'éventuelle indépendance de la Catalogne, beaucoup d'entrepreneurs n'hésiteraient pas à délocaliser leur entreprise à Madrid pour continuer à profiter du marché européen. (Dimanche 17 septembre 2017) Le ministre du Budget Cristobal Montoro: «Nous avons établi un nouveau système de contrôle des dépenses pour éviter qu'elles ne financent des activités illégales comme le référendum.» (15 septembre 2017) Les indépendantistes catalans ont lancé jeudi soir la campagne du «oui» à leur référendum d'autodétermination par un grand meeting. (jeudi 14 septembre 2017) Le ton se durcit. Le parquet général espagnol convoque les maires pro-référendum et les menacent d'arrestation si ils ne se présentent pas. (13 septembre 2017) La Cour constitutionnelle d'Espagne a suspendu une loi adoptée par le parlement de Catalogne définissant les modalités légales de la création d'un Etat catalan indépendant. (Mardi 12 septembre 2017) Rafael Nadal s'est prononcé en faveur de l'unité espagnole et contre la tenue d'un référendum d'autodétermination de la Catalogne. (Mardi 12 septembre 2017) Des dizaines de milliers de Catalans étaient dans les rues de Barcelone pour revendiquer l'indépendance de leur région. (Lundi 11 septembre 2017) La Catalogne a organisé un référendum d'autodétermination, scrutin jugé anticonstitutionnel par la haute cour d'Espagne. (Lundi 11 septembre 2017) La manifestation a été organisée le jour de la fête nationale de Catalogne. (Lundi 11 septembre 2017) «Adieu l'Espagne!», ce slogan était sur toutes les pancartes. (Lundi 11 septembre 2017) Le slogan général de la manifestation était «une Diada pour le oui». (Lundi 11 septembre 2017) L'indépendance de la Catalogne est un enjeu de taille pour Madrid: elle fournit 20% du PIB espagnol. (Lundi 11 septembre 2017) La semaine dernière, la justice a ouvert une enquête visant Carles Puigdemont et les membres de son gouvernement pour déterminer s'ils ont commis les délits de «désobéissance», «prévarication» et «malversation de deniers publics». (Lundi 11 septembre 2017) Le référendum a lieu dans trois semaines. (Lundi 11 septembre 2017)

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Le parquet général d'Espagne a annoncé mercredi que les maires de Catalogne qui participent à l'organisation d'un référendum d'autodétermination interdit risquent des poursuites judiciaires, voire une arrestation, provoquant un tollé parmi les 700 édiles concernés.

L'annonce est intervenue à la veille de l'ouverture jeudi soir de la campagne des séparatistes pour le référendum du 1er octobre, où ils entendent encore montrer de manière massive leur détermination.

Un meeting dans d'anciennes arènes est prévu à Tarragone, ville à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Barcelone, à 20h00 (18h00 GMT), non sans incertitudes: un juge administratif a déjà annulé à Madrid un autre acte de promotion du réferendum, partant du principe qu'il est interdit.

Esprits échauffés

Mercredi, les menaces du parquet vis-à-vis des maires ont encore échauffé les esprits dans cette région du nord-est de l'Espagne de 7,5 millions d'habitants.

Le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont a dénoncé dans la soirée une «atrocité... peu digne d'une démocratie», et annoncé qu'il participerait samedi à une manifestation à Barcelone au côté des maires pour protester contre l'annonce.

Ignorant Madrid, il a aussi lancé un nouveau défi à l'Etat en publiant sur Twitter deux nouvelles adresses web consacrées au référendum, alors que la garde civile venait d'annoncer la fermeture d'un précédent site. Il a promis «que les gens pourront voter le 1er octobre, alors que le gouvernement de Mariano Rajoy répète à qui veut l'entendre qu'il n'y aura pas de référendum».

«Tension accrue»

La tension s'est vivement accrue depuis que le parlement catalan a adopté le 6 septembre une loi organisant ce référendum, convoqué ensuite par le gouvernement de Carles Puigdemont. La loi a été presque immédiatement suspendue par la Cour constitutionnelle, qui a prévenu ses organisateurs qu'ils risquaient des poursuites. Indifférents à la menace, 712 maires catalans sur 948 se sont engagés à céder des locaux pour le référendum.

Mercredi le parquet général a du coup ordonné aux procureurs de Catalogne de citer ces maires à comparaître, »en tant que mis en examen» soupçonnés de coopérer à «l'organisation du référendum illégal».

Au cas où un maire ne répondrait pas, le parquet demande même d'«ordonner son arrestation« pour qu'il soit amené au parquet »dans les plus brefs délais». «Nous n'avons rien à cacher, et quand nous devrons comparaître (devant les parquets), nous leur dirons (...) que nous continuerons à travailler pour pouvoir voter le 1er octobre», a déclaré à la presse la présidente de l'Association des mairies indépendantistes, Neus Lloveras.

«Qu'ils nous arrêtent !»

«Quand plus de 700 maires sont poursuivis par la justice, ce ne sont pas les maires qui ont un problème, c'est la justice», a déclaré Miquel Buch, maire de Premià de Mar (28'000 habitants) et membre du PDeCAT (conservateur et indépendantiste) «Qu'ils nous arrêtent ! Ils sont fous !», a réagi David Rovira, le maire de l'Espluga de Francoli (3800 habitants), également du PDeCAT.

La CUP, petit parti d'extrême gauche séparatiste, a de son côté assuré que les maires issus de ses rangs ne comparaîtraient pas. Le chef du gouvernement conservateur espagnol, Mariano Rajoy, bien décidé à empêcher la consultation, a de nouveau appelé les dirigeants catalans à se plier aux décisions de justice: «Si la loi n'est plus respectée, cela signifie que la volonté de la majorité des citoyens ne sert absolument à rien et que chacun peut faire ce qu'il juge opportun», a-t-il déploré.

Les Catalans sont profondément divisés selon les sondages, même si plus de 70% d'entre eux sont favorables à un référendum légal. Et, sur les dix villes catalanes les plus peuplées, six ont pour le moment refusé de s'impliquer directement dans l'organisation du scrutin - dont Barcelone (1,6 million d'habitants).

La Catalogne connaît depuis le début des années 2010 une montée de l'indépendantisme, liée notamment à l'annulation partielle du nouveau statut d'autonomie qui lui conférait des compétences élargies et la reconnaissait en tant que «Nation» dans l'Etat espagnol. Lundi, des centaines de milliers de personnes avaient ainsi de nouveau défilé à Barcelone en faveur du référendum et du «oui» à l'indépendance.

Depuis 2012, les séparatistes - majoritaires au parlement régional - réclament un référendum d'autodétermination, déclaré anticonstitutionnel par la justice. Le roi Felipe VI, chef de l'Etat censé incarner son unité, est sorti de sa réserve mercredi se disant sûr que «la Constitution prévaudra sur toute rupture du vivre-ensemble».

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Un Suisse le 13.09.2017 18:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    En Suisse ce serait pareil

    Aux adeptes de l'autodétermination des peuples et de la démocratie Suisse: le sujet est louable, mais compliqué. Par exemple, l'indépendance du Jura en 1978 a nécessité la double majorité du peuple Suisse et des cantons. Lisez l'article 53 de la constitution fédérale: Toute modification du nombre des cantons ou de leur statut est soumise à l'approbation du corps électoral concerné et des cantons concernés ainsi qu'au vote du peuple et des cantons. L'Espagne dit la même chose: c'est une décision qui concerne tous les espagnols.

  • N. Delémont le 13.09.2017 16:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dialogue

    Je ne pense pas qu'une escalade soit la meilleure manière de trouver une solution...

  • Español le 13.09.2017 16:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    menacé de quoi???

    faut pas dire n importe quoi!!!!! les maires ne sont pas menacés. il doivent faire leurs travail , simplement appliquer les lois du pays !!!!! je signale que ces maires ont signés et acceptés les lois de la constitution Espagnole et non pas la catalane pour etre elu a ce poste. ils doivent s expliquer de leur comportement et du pourquoi ils n obeissent pas aux lois. comme dans toute entreprise si vous n appliquez pas le reglement de votre job,vous etes convoqué et peut etre viré si vous n obeissez pas au reglement de votre employeur. ils peuvent tout simplement demissioner s ils ne sont pas en accord avec les lois. et ils n auraient aucun soucis!!

Les derniers commentaires

  • Respectons l'identité le 14.09.2017 19:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tu doit être comme on te dit

    La democratie est une illusion un peu partout. C'est la dictature qui règne en ce moment. Ceci s'appel l'ignorance des identité. Comparable aux Curdes dans de nombreux pays.

    • Pierre le 16.09.2017 22:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Respectons l'identité

      L'Espagne: une dictature ?Tu dis n'importe quoi et tu compares ce qui n'est pas comparable. L'Espagne est un état démocratique , une monarchie constitutionnelle unitaire, avec ses règles à respecter.La Suisse est aussi une démocratie, une confédération d'Etats avec un fonctionnement un peu différent. Alors abstiens-toi quand on ne connaît pas ce pays.

  • Jenny le 14.09.2017 17:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mêlez vous de vos affaires

    Non! C'est au peuple Espagnol de voter au cas ou! Ça les concerne aussi. Pour ceux qui ne connaissent rien à l'Espagne, abstenez vous d'écrire des âneries, de plus ça be vous concerne en rien!

    • Pierre le 15.09.2017 08:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jenny

      Bravo! Très juste

  • placide le 14.09.2017 01:21 Report dénoncer ce commentaire

    Lucide

    Ces réactions de nationalisme me font rire... Qu'est-ce que cela peut bien vous faire, espagnols de suisse que les catalans deviennent indépendants? C'est ces mêmes catalans qui étaient opposés au franquisme au contraire d'une bonne partie de l'espagne... Si la suisse-italienne veut sortir de la suisse, qu'elle sorte. Point. Pourquoi vouloir imposer aux catalans votre point de vue alors que vous n'y vivez pas? Un pays, ça se crée et ça se défait. C'est ainsi la marche de l'histoire...

    • Jodeteya le 14.09.2017 17:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @placide

      Mêle toi de tes fesses! La Catalogne est en Espagne depuis toujours!

    • Antoine Aaron le 14.09.2017 18:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jodeteya

      Voilà ! Magnifique et Merci ! Ce n'est que le juste aperçu du comportement injurieux d'un espagnol qui s'exprime, ce n'est que le mépris que l'Espagne a depuis des années exprimé envers le peuple catalan. Merci Jodeteya, ce sont des personnes de votre acabit qui font progresser l'Indépendantisme. Cette haine, cette hargne ces injures vous vont si bien Hidalgo à 4 sous !

    • Toujours les mêmes le 14.09.2017 18:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @placide

      Les indépendantistes était pour la plus part les caciques de Franco.

    • Pelayo le 14.09.2017 18:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Antoine Aaron

      N'importe quoi. Les Espagnols n'oublient pas et ne laisseront pas tombés le 50% ou plus qui veulent rester en Espagne.

    • Veteya le 14.09.2017 18:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Antoine Aaron

      Arrête on va pleurer! C'est vous qui méprisez tous les Espagnols! Non mais je rêve là!

    • Ostia le 14.09.2017 18:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Antoine Aaron

      Brrrrrrrrr

  • ... le 13.09.2017 23:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Règne de la peur

    L'intimidation ne va au final que desservir l'état espagnol. Une majorité de catalans est contre l'indépendance. Mais à force des dérives autoritaire du pouvoir en place cela pourrait changer

    • Plouf le 14.09.2017 17:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @...

      De quelles dérives tu parles exactement?? Des catalanes?!

  • lll le 13.09.2017 23:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le droit de s'exprimer...

    Et la démocratie dans tout ça? C'est presque du communisme cette histoire !

    • henri le 14.09.2017 01:16 Report dénoncer ce commentaire

      oui...

      C'est pas du communisme, on se rapproche plus du fascisme