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Brésil
10 février 2012 16:28; Act: 10.02.2012 20:10 Print
Les policiers en grève menacent le carnaval
Au Brésil, les policiers de Rio de Janeiro se sont joints dans la nuit de jeudi à vendredi à la grève lancée par leurs homologues de Salvador de Bahia. Ils menacent le bon déroulement du carnaval.
La grève des policiers menace le bon déroulement du carnaval. (photo: Keystone)
Dans la nuit, des centaines de policiers et de pompiers ont voté lors d'une assemblée générale une grève pour obtenir une augmentation de salaire, rejoignant le mouvement lancé il y a neuf jours par les policiers de Salvador de Bahia (nord-est). Le Parlement de Rio a lui voté jeudi une loi leur accordant une augmentation progressive de 39%.
Policiers et pompiers grévistes appellent la population à les soutenirLes policiers et pompiers grévistes de Rio ont lancé un appel vendredi à la population pour qu'elle les soutienne et les aide à obtenir des salaires dignes, lors d'une conférence de presse.
«Ils peuvent nous arrêter mais nous implorons la population de nous soutenir pour obtenir des salaires dignes. Ne croyez pas ce qu'ils disent, nous ne sommes pas des vandales», a dit un porte-parole des grévistes, le caporal Joao Carlos Gurgel de la Police Militaire (PM) de Rio.
Quatorze mandats d'arrêt ont été émis contre les principaux dirigeants de la grève. «Il y aura une réponse dure (...) contre les policiers qui se croisent les bras», a promis un colonel de la PM Federico Caldas.
Les policiers de Rio sont parmi les plus mal payés du pays, avec un salaire mensuel de début de carrière de 1200 reals (640 francs suisses). Les grévistes, qui réclament un plancher de 3500 reals (1800 francs) par mois, plus 700 reals (360 francs) de primes, ont rejeté une proposition d'augmentation progressive de 39% approuvée jeudi à l'Assemblée législative locale. Une députée de Rio accusée d'inciter les policiers à la grève
Une députée d'opposition de l'Etat de Rio a été accusée vendredi d'avoir incité à la grève les policiers de Bahia (nord-est) et de Rio de Janeiro et pourrait perdre son mandat, a rapporté la presse.
D'après des enregistrements de conversations téléphoniques autorisés par la justice, Janira Rocha du Parti Socialisme et Liberté (PSOL-extrême gauche, opposition) a incité le leader des pompiers de Rio Benevenuto Daciolo «à retarder le plus possible un accord avec le gouverneur», Jaques Wagner, afin de ne pas affaiblir le mouvement de grève prévu pour commencer ce vendredi à Rio.
La députée a nié avoir encouragé les policiers à faire grève et a affirmé qu'elle discutait d'une simple tactique de négociation.
Vendredi matin, la situation était calme dans les rues de Rio, deuxième ville du Brésil, alors que la grève à Salvador avait provoqué une vague de violences qui a fait plus de 120 morts en une semaine. Le secrétaire à la Défense civile de l'Etat, le colonel Sergio Simoes, avait dit dans la nuit que 14'000 militaires étaient prêts à garantir la sécurité à Rio.
Le commandement de la police militaire de Rio de Janeiro a toutefois démenti vendredi que les policiers étaient en grève, cherchant à rassurer la population à huit jours du carnaval, une des plus grandes fêtes de rue au monde.
«Réponse dure»
«Un groupe de policiers s'est mis en grève, mais ils sont une minorité (...) Le carnaval aura lieu normalement, et pour le moment, il n'y a pas besoin de faire appel aux forces armées», a dit le porte-parole de la police militaire (PM) de Rio.
Un colonel de la PM, Federico Caldas a précisé sur la radio CBN que 11 mandats d'arrêt avaient été émis contre les principaux dirigeants de la grève. «Il y aura une réponse dure (...) contre les policiers qui se croisent les bras», a-t-il promis.
Un porte-parole des gréviste, le caporal Joao Carlos Gurgel de la PM a déclaré dans une conférence de presse: «Ils peuvent nous arrêter mais nous implorons la population de nous soutenir pour obtenir des salaires dignes. Ne croyez pas ce qu'ils disent, nous ne sommes pas des vandales».
Le commandement de la PM a affirmé que la situation était sous contrôle et que «toutes les unités travaillaient normalement», selon un communiqué. «Aucun service à la population n'est paralysé. La police militaire réitère son engagement à assurer la sécurité de la population de Rio de Janeiro», a ajouté le commandement.
La présidente critique
Les carnavals de Rio et de Salvador, qui réunissent tous les ans des millions de personnes, doivent commencer la semaine prochaine. La présidente Dilma Rousseff a durement critiqué la grève de Bahia et a réitéré jeudi son refus d'amnistier les leaders du mouvement qui ont commis des délits «contre les personnes et l'ordre public».
Les policiers de Rio sont parmi les plus mal payés du pays, avec un salaire de départ de 1200 reals (environ 800 francs). Les grévistes réclament un plancher de 3500 reals, plus 700 reals en bons de transport et d'alimentation. Ils protestent également contre la détention jeudi du leader syndical des pompiers, Benevenuto Daciolo, accusé par la justice d'alimenter la mutinerie.
(ats)





















