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Grèce
07 février 2012 13:16; Act: 07.02.2012 20:35 Print
Milliers de manifestants sous la pluie
Environ 20'000 personnes ont manifesté durant le jour de grève générale de 24 heures en Grèce, malgré la pluie.
Plus de 20'000 personnes ont manifesté à Athènes et Salonique mardi, jour de grève générale en Grèce, pour protester contre un nouveau train de rigueur imposé par les créanciers du pays. Pendant ce temps, les dirigeants grecs se réunissaient pour valider leur réponse aux bailleurs de fonds.
Drapeau allemand brûléUn groupe de manifestants nationalistes grecs a brûlé mardi un drapeau allemand et tenté d'enflammer un drapeau nazi devant le parlement à Athènes pour protester contre les mesures d'austérité demandées par les bailleurs de fonds du pays, ont rapporté deux photographes de l'AFP.
Un groupe de 200 manifestants, porteurs d'un grand drapeau grec où était inscrit un slogan en grec ancien «avec le bouclier ou sur le bouclier» («I Tan I epi tas», ce qui veut dire «gagnant ou mort»), ont été repoussés par la police, alors qu'ils tentaient d'entrer sur le parvis du parlement, place Syntagma.
Les manifestants ont dénoncé les nouvelles réformes exigées par les créanciers du pays, l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). Ceux-ci s'apprêtent à accorder un deuxième prêt d'au moins 130 milliards d'euros, qui ferait suite aux 110 milliards accordés en mai 2010.
Pour sécuriser cette aide, le gouvernement grec envisage des économies budgétaires supplémentaires de 1,5% du PIB, soit environ 3,3 milliards d'euros.
Population à bout
Mais la population grecque qui a déjà accepté une première cure d'austérité depuis le printemps 2010 est à bout. Mardi, écoles, ministères, hôpitaux, médias publics et banques étaient touchés par la grève. Les transports urbains, le métro et les bus ont observé des arrêts de travail. L'Acropole a été fermé aux touristes.
Le mouvement a été lancé à l'appel des principaux syndicats du pays, GSEE (privé) et Adedy (public). Les manifestants rejettent notamment la demande de baisse des salaires et de réduction du salaire minimum formulée par les créanciers. Ils dénoncent aussi le projet de coupes dans les retraites complémentaires et de suppression de 15'000 emplois dans le secteur public.
Les manifestants se sont rassemblés notamment sur la place Syntagma, dans le centre d'Athènes. Des policiers anti-émeute ont été déployés autour du parlement, qui donne sur la place, en prévention d'éventuelles violences.
Dans ce contexte défavorable, le Premier ministre Lucas Papadémos a négocié un accord avec les représentants de la troïka (BCE, FMI et UE) durant presque toute la nuit de lundi à mardi. L'Europe espère éviter un défaut de paiement «désordonné» de la Grèce, qui doit rembourser en mars 14,5 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance.
Accord souhaité
Le gouvernement grec devait soumettre le programme aux dirigeants des formations politiques soutenant l'exécutif (socialistes du Pasok, conservateurs de Nouvelle Démocratie et extrême droite du LAOS) pour validation. Mais la réunion des leaders politiques a été renvoyée à mercredi, ont indiqué en soirée les services du Premier ministre.
M. Papadémos doit encore finaliser avec la troïka le texte définitif. Ce nouveau report, alors que la réunion du trio politique aurait dû avoir lieu lundi déjà, n'est pas un blocage, a indiqué une source au cabinet de M. Papademos.
La troïka demande l'accord explicite des leaders politiques sur les réformes et sur leur mise en oeuvre avant de s'engager sur le deuxième prêt. La validation de ce programme d'ajustement est aussi la condition préalable pour avaliser parallèlement un autre accord avec les créanciers privés du pays sur la restructuration de la dette grecque.
L'UE sereine
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré mardi qu'il n'avait aucun doute sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro, à condition que le pays respecte ses obligations vis-à-vis des autres membres de la monnaie unique.
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont suggéré la création d'un compte bloqué pour garantir l'affectation des fonds européens accordés à la Grèce au service de la dette.
(ats)





















