Présidentielle en France

21 avril 2017 18:57; Act: 22.04.2017 10:57 Print

Poutou insulté par des policiers à l'issue du débat

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a réclamé à de nombreuses reprises le désarmement des policiers, y compris jeudi soir après l'annonce de l'attaque sur les Champs-Elysées. Des propos qui passent mal pour les forces de l'ordre.

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La fin du grand oral a été difficile pour Philippe Poutou, qui avait brillé lors du second débat. Le candidat d'extrême gauche, qui milite pour le désarmement de la police et dénonce régulièrement les violences policières, a été pris à partie par des agents après le débat en des termes crus, rapporte un de ses proches. «On a besoin de nos armes, enculé, ordure!», auraient vociféré les policiers à Philippe Poutou.


La proposition de désarmement de la police, qui figure au programme du NPA, a été âprement discutée lors du grand oral des onze candidats sur France 2. En effet, l'annonce de l'attaque est intervenue en plein milieu de ce dernier grand rendez-vous avant le scrutin de dimanche. Les deux journalistes, Léa Salamé et David Pujadas, n'ont donc pas manqué d'interroger le candidat anticapitaliste sur cette annonce, au regard de l'actualité (voir vidéo ci-dessus). «La police au contact de la population n'a pas besoin d'être armée!», a persisté le trotskiste. «On veut désarmer les policiers car ils agressent dans les manifs, les jeunes et les quartiers populaires. (…) On a vu ce qu'il s'est passé lors des manifestations de la loi Travail, il y a des agressions de la police.»




Une sortie qui n'a pas manqué de soulever un tollé sur les réseaux sociaux. «Indécence», «Pas trop honte?», «Peut-être pas le moment idéal pour dire ça», «Un policier est mort et tu oses écrire ça?», «Tu sais qu’un policier vient de se faire tuer?»… Ses deux tweets, postés 40 minutes après l’annonce de la fusillade, ont généré plus de 800 réponses, très négatives pour la plupart, relève 20min.fr.


Philippe Poutou a tenté de rectifier un peu le tir lors de la conclusion de 2''30, accordée à chaque candidat: «Je vais évidemment commencer par l'actualité dramatique du jour, la mort de ce policier, pour dire que nous aussi on est attristés. Je voudrais dire que la lutte contre le terrorisme, c'est d'abord la lutte contre la politique française à l'international, et il y a un soutien à exprimer d'urgence aux populations du Moyen-Orient qui sont victimes de la dictature de Bachar el-Assad».

«Si les policiers n’étaient pas armés, peut-être qu’ils n’auraient pas été visés»

Vendredi matin, invité des «4 Vérités» sur France 2, le candidat du NPA a précisé sa proposition de désarmer les policiers. «C’est une situation dramatique. Il y a au moins un homme mort, c’est triste, il y a des blessés graves. On est sous l’émotion, sous le choc, encore une fois, et c’est difficile de parler politique dans l’urgence. On verra bien ce qui se passera. Ça fait des années que les attentats se multiplient, le problème c’est comment on lutte contre ça, il va y avoir un débat», a-t-il fait avoir avant d'annoncer qu'il n'est «pas question de désarmer toute la police».

Mais alors qu'il était, quelques instants plus tard sur la chaîne concurrente, LCI, le trotskiste a encore choqué en balançant à la présentatrice: «Si les policiers n’étaient pas armés, peut-être qu’ils n’auraient pas été visés».


Les réactions des candidats à l'attaque des Champs-Elysées

(cga)