Manifestations

06 janvier 2018 22:20; Act: 06.01.2018 23:09 Print

Quatrième jour de mobilisation en Iran

Alors que le mouvement contestataire perd de l'ampleur, les manifestations progouvernementales se poursuivent dans plusieurs villes du pays.

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Le chef de la CIA a nié toute implication de son agence dans les manifestations qui secouent l'Iran. (Dimanche 7 janvier 2018) Le guide de la révolution iranienne, Ali Khamenei, que l'on voit sur un portrait brandi par une manifestante, a décidé ce dimanche d'interdire l'enseignement de l'anglais à l'école primaire. (7 janvier 2018) Des partisans du gouvernement iranien ont défilé samedi pour la quatrième journée consécutive. (Samedi 6 janvier 2018) Dix personnes ont perdu la vie dimanche soir lors de heurts entre manifestants et forces gouvernementales. (1er janvier 2018) Des étudiants iraniens fuient les gaz lacrymogènes à l'université de Téhéran lors d'une manifestation pour protester contre les mauvaises conditions économiques. (Samedi 30 décembre 2017) Des heurts ont opposé les étudiants de l'université de Téhéran et la police. (Samedi 30 décembre 2017) En fin d'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté ailleurs dans le quartier de l'université, scandant des slogans hostiles au pouvoir. Elles ont également été dispersées par la police anti-émeutes. (Samedi 30 décembre 2017) Manifestation pro-gouvernement près de la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran. Des dizaines de milliers de supporters du régime ont manifesté dans plusieurs villes du pays après deux jours de manifs anti-gouvernement. (Samedi 30 décembre 2017) Manifestation pro-gouvernement près de la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran. Des dizaines de milliers de supporters du régime ont manifesté dans plusieurs villes du pays après deux jours de manifs anti-gouvernement. (Samedi 30 décembre 2017) Des femmes chantent des slogans à la gloire du régime lors d'une manifestation pro-gouvernement à Téhéran. (Samedi 30 décembre 2017) Des manifestants sont visés par des gaz lacrymogènes à Téhéran. (Samedi 30 décembre 2017) Dans la nuit, l'internet a été coupé sur les téléphones portables au moins à Téhéran. Des millions d'Iraniens consultent l'internet sur ces téléphones. (Samedi 30 décembre 2017)

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Des partisans du gouvernement iranien ont défilé samedi pour la quatrième journée consécutive. Ces manifestations se veulent une réaction au mouvement de contestation qui a débuté la semaine dernière et que Téhéran impute à des puissances étrangères.

Le ministre iranien des Affaires étrangères a dénoncé comme une gaffe la décision de l'administration Trump de porter la question des protestations en Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Mohammad Javad Zarif s'est d'ailleurs félicité de l'isolement des Etats-Unis lors de cette réunion organisée vendredi.

Le conseil, écrit-il sur Twitter, «a déjoué la flagrante tentative américaine de détournement de son mandat (...)». Plusieurs Etats-membres du Conseil ont jugé que les troubles relevaient des affaires intérieures de la République islamique. «La majorité du Conseil a souligné la nécessité d'appliquer complètement l'accord nucléaire (conclu entre l'Iran et les grandes puissances en 2015) et de s'abstenir de s'ingérer dans les affaires intérieures des autres pays. Une autre gaffe de politique étrangère de l'administration Trump», ajoute M. Zarif.

Baisse de la mobilisation

Alors que le mouvement contestataire perdait de l'ampleur, les manifestations progouvernementales se poursuivaient dans plusieurs villes du pays. Des images diffusées par les chaînes de télévision publiques montraient de nombreuses personnes rassemblées dans une bonne dizaine de villes comme à Amol, Semnan ou Shadegan, brandissant des drapeaux iraniens en criant «Mort à l'Amérique!», «Mort à Israël!» et «Mort à la Grande-Bretagne!».

Le mouvement de contestation avait débuté le 28 décembre, lorsque le gouvernement a annoncé son intention d'augmenter les prix du carburant et de réduire des aides aux plus démunis. Il s'est étendu à 80 villes et communes rurales. Le bilan donné par les autorités iraniennes est de 22 morts et un millier d'arrestations.

D'après des Iraniens contactés vendredi dans plusieurs localités, le durcissement de la répression et le déploiement des gardiens de la Révolution dans plusieurs provinces ont entraîné une nette baisse de la mobilisation.

Suivi des étudiants arrêtés

Le gouverneur de la province de Mashhad, d'où le mouvement est parti, a annoncé samedi que 85% des manifestants interpellés avaient été libérés après s'être engagés par écrit à ne pas récidiver. Le vice-président de l'université de Téhéran, Majid Sarsangi, a annoncé la mise en place d'un comité universitaire chargé du suivi des étudiants arrêtés pendant les manifestations.

«Nous voulons coopérer avec les autorités compétentes pour créer les conditions du retour des étudiants détenus à l'université et dans leurs familles le plus vite possible», a déclaré Majid Sarsangi à l'agence Isna. Selon le parlementaire réformateur Mahmoud Sadeghi, interrogé par l'agence de presse Ilna, à peu près 90 étudiants sont détenus, dont dix dont on est sans nouvelles.

En Europe aussi

En Europe, des manifestants antigouvernementaux se sont rassemblés dans plusieurs villes comme Londres, Berlin ou Paris où 400 personnes ont dénoncé la répression menée par le régime iranien.

(nxp/ats)