24 mars 2008 20:42; Act: 24.03.2008 22:37 Print

Tibet: cérémonie de la flamme olympique perturbée par des opposants

Des militants ont réussi à perturber lundi la cérémonie d'allumage de la flamme des Jeux Olympiques (JO) de Pékin.

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Le week-end pascal a été marqué par de nouvelles passes d'armes entre Pékin et le dalaï lama et de nouvelles manifestations dans le monde.

Lundi, trois hommes, dont le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), Robert Ménard, ont tenté de s'approcher de la tribune pendant le discours du responsable chinois du Comité d'organisation des jeux (Bocog), Qi Liu.

L'un d'eux a eu le temps de déployer une banderole sur laquelle était inscrit «Boycottez le pays qui piétine les droits de l'Homme». Un autre a crié de derrière la tribune officielle «liberté, liberté». Ils ont été aussitôt interpellés. Au total, six personnes ont été arrêtées et une Suissesse d'origine tibétaine figure, selon la police, parmi elles.

«Nous continuerons des actions comme ça jusqu'au 8 août», date de l'ouverture des jeux de Pékin, a promis Robert Ménard. Il a appelé les chefs d'Etats étrangers à boycotter la cérémonie d'ouverture des jeux.

Appel de Rice et Sarkozy

La télévision chinoise a suspendu brièvement la retransmission, sans explication, pour diffuser des images d'archives du site d'Olympie et d'une torche.

Alors que des voix ont condamné dans le monde la dure répression d'émeutes par Pékin au Tibet, le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, ne voit pas se dessiner d'»élan» pour un boycott des jeux.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a néanmoins appelé la Chine à adopter une politique plus «viable» au Tibet, impliquant un dialogue avec le dalaï lama, réclamé samedi par un groupe de 29 dissidents chinois et vendredi par le Japon, et souhaité aussi lundi par un ancien responsable du Parti communiste chinois.

Crainte d'une extension des troubles

Peu après la fin de la cérémonie, une dizaine de militants de la cause tibétaine, certains barbouillés de peinture rouge, se sont allongés dans une rue d'Olympie, où ils ont chanté des slogans hostiles au gouvernement chinois, avant d'être délogés par la police.

La Chine a elle dit vouloir imposer de strictes mesures de sécurité lorsque la flamme traversera le Tibet. Ce week-end, elle a poursuivi ses accusations contre la «clique» du dalaï lama. Elle estime que le chef spirutel tibétain prépare des actes terroristes et veut saboter les JO. Le dalaï lama a rejeté ces reproches, les qualifiant de «sans fondement».

La Chine a aussi promis samedi «d'écraser» la contestation indépendantiste au Tibet. Pékin redoute une extension des troubles à la province du Xinjiang, dont les activistes ouïghours réclament l'indépendance.

L'agence de presse officielle Chine Nouvelle avait assuré ce week-end que le calme revenait notamment les provinces de l'ouest proches du Tibet (Qinghai, Gansu et Sichuan) où vivent des minorités tibétaines.

Les autorités chinoises affirment elles que 381 personnes impliquées dans les «émeutes» au Sichuan (sud-ouest) se sont rendues à la police.

Quelque 300 manifestants à Genève

Le bilan officiel fourni par Pékin ce week-end est de 19 tués au total mais il s'élèverait à plus d'une centaine selon les Tibétains. Lundi, un policier chinois a été tué et plusieurs autres blessés lors d'affrontements avec des Tibetains dans le province Sichuan, selon Pékin.

Parallèlement, les manifestations se sont poursuivies un peu partout dans le monde. Quelque 600 personnes se sont rassemblées samedi à Tokyo, plusieurs centaines à Londres.

Un millier de personnes ont demandé à Marseille un boycott des JO. Quelque 300 manifestants à Genève ont eux déploré le silence de la communauté internationale et réclamé que le Conseil des droits de l'homme se saisisse du problème. Lundi, environ 400 Tibétains ont été arrêtés lors d'une manifestation au Népal.

(ats)