Trump et l'immigration

13 janvier 2018 03:23; Act: 13.01.2018 07:41 Print

Tollé international après le triste «pays de merde»

54 ambassadeurs de pays du groupe africain à l'ONU ont exigé des excuses après les propos injurieux de Donald Trump.

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Image d'illustration - Lagos, au Nigeria, vendredi 12 janvier 2018. (Photo: Keystone)

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«Racistes», «abjects» et «blessants», les propos de Donald Trump sur l'immigration en provenance de «pays de merde» ont provoqué un torrent d'indignation à travers le monde qui ne tarissait pas dans la nuit de vendredi à samedi, l'Afrique entière réclamant des excuses.

D'une même voix, dans un langage d'une rare dureté, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé une «rétractation» au président américain, condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont dit préoccupés par la tendance «grandissante» de l'administration Trump «à dénigrer le continent, et les gens de couleur».

Le Sénégal et le Bostwana ont convoqué chacun l'ambassadeur américain. Le gouvernement haïtien a lui dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils reflèteraient une vision simpliste et raciste».

Cuba et le Vénézuéla ont renchéri dans la soirée.

«Pas les mots utilisés»

Comme souvent, c'est via Twitter que le président américain a réagi à cette nouvelle polémique qu'il a lui-même suscitée et qui le met en difficulté au moment où il tente de trouver un compromis au Congrès sur le dossier sensible de l'immigration.

«Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés», a affirmé le milliardaire dans une formule alambiquée.

Quelques minutes plus tard, le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la réunion, assurait pourtant que le président avait bien utilisé «plusieurs fois» l'expression injurieuse.

«Les mots utilisés par le président tels qu'ils m'ont été rapportés directement par ceux qui ont participé à la rencontre n'étaient pas durs , ils étaient abjects et répugnants», a ajouté en écho le sénateur républicain Jeff Flake, un conservateur opposé à Donald Trump.

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n'avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que M. Trump se battrait «toujours pour le peuple américain».

Louanges pour Martin Luther King

Dans un étrange télescopage, le président américain a signé vendredi en milieu de journée une déclaration en l'honneur de Martin Luther King, qui sera célébré à travers les Etats-Unis lundi, jour férié.

Au cours d'une brève cérémonie, il a a loué «le rêve d'égalité, de liberté, de justice et de paix» du militant noir des droits civiques. Saluant un homme qui a «changé le cours de l'histoire», il a ignoré les questions qui lui ont été posées à l'issue de son allocution. Presque simultanément, à quelques kilomètres de là, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson faisait l'éloge de la «diversité» et défendait les «valeurs américaines» lors d'un discours sur le «respect».

Au coeur des débats de la réunion désormais célèbre de jeudi à la Maison Blanche: la régularisation de centaines de milliers de clandestins arrivés jeunes aux Etats-Unis, et dont le statut temporaire accordé sous Barack Obama a été supprimé en septembre. Quand M. Trump a abrogé le programme Daca, qui a permis à 690'000 jeunes sans-papiers de travailler et d'étudier en toute légalité, il avait donné jusqu'à mars au Congrès pour trouver une solution pérenne pour ces clandestins connus sous le nom de «Dreamers» (Rêveurs).

Mais il a lié toute régularisation à son projet de mur à la frontière avec le Mexique, auquel les démocrates se sont jusqu'à présent opposés fermement.

«Agression»

Outre la réalisation de cette promesse de campagne, M. Trump exige aussi la suppression de la loterie annuelle de cartes vertes et une réforme de l'immigration légale pour réduire le rapprochement familial.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?», a demandé le président Trump lors des discussions jeudi, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes.

Selon elles, M. Trump faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège.

«Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens ?», aurait encore demandé le président.

Vendredi, il a tenté de donner une version différente de ses propos. «Je n'ai jamais dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c'est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté», a-t-il lancé.

«Choquant et honteux»

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a déploré des propos «racistes», «choquants et honteux».

L'ancien vice-président démocrate Joe Biden a lui aussi donné de la voix. «Ce n'est pas comme cela qu'un président devrait parler et se comporter. Mais surtout, ce n'est pas comme cela qu'un président devrait penser».

Cuba aussi

Cuba a aussi condamné vendredi «fermement les déclarations racistes, dénigrantes et grossières des Etats-Unis sur Haïti, le Salvador, les états africains et les autres continents», a déclaré lors d'un journal télévisé le ministère cubain des Affaires étrangères.

«Ces déclarations pleines de haine et de mépris suscitent l'indignation du peuple cubain», a-t-il ajouté, rappelant notamment l'importance du rôle joué par les Africains et les Haïtiens dans l'histoire de Cuba.

Le président vénézuelien, Nicolas Maduro, a demandé de son côté, vendredi, à l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (Alba) d'exprimer sa solidarité avec les pays «agressés» par le président américain Donald Trump qui les a qualifiés de «pays de merde».

«C'est important que l'Alba exprime sa solidarité avec les peuples agressés par Trump: Haiti, Le Salvador et l'Amérique centrale. Dans un premier temps vient le mot de mépris, puis les menaces et ensuite les actes», a déclaré M. Maduro, lors d'un conseil politique de l'Alba à Caracas.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Max le juste le 13.01.2018 07:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Arrêtez

    Dire pays de merde c'est effectivement un peu exagéré mais que dire d'autre ? Il faut arrêter d'être obligé de tout embellir ce que l'on dit pour ne jamais dite ce que l'on pense vraiment..... les gens pètent les plombs beaucoup à cause de cela...tout ce que l'on fait ou dit doit être maîtrisé pour que ça reste en apparence correct mais la vérité est tout autre... ABE

  • Emma le 13.01.2018 08:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cest pas faux

    Il faut reconnaître quil y a des pays dans lesquels je suis heureuse de ne pas vivre. Pauvreté, maladie, bidonville, gangs, drogue, viols, etc.

  • Jules Brodard le 13.01.2018 07:47 Report dénoncer ce commentaire

    Pour son électorat ! Uniquement !

    Il ne faut pas oublier que tout ce que fait et dit Trump est destiné à son électorat. Et on peut parier que pour une bonne majorité d'Américains passablement incultes une grande parie du monde a des allures de marais putride. Gerard de Villiers dans ses SAS décrivait à merveille les réactions de ses collègues américains Chris Jones et Milton Brabeck: dès qu'ils quittaient la terre du Coca et des hamburgers, ils se sentaient en terrain miné. Trump est le reflet de son pays hélas ...

Les derniers commentaires

  • Rob le 14.01.2018 14:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Asie

    Une question,pourquoi cette migration ne va pas demander de l'aide en Asie, par exemple, le Vietnam, les Philippines, au Japon, en Thaïlande,au Laos? Mais pourquoi?

  • Rob le 14.01.2018 13:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pourquoi

    Mais pourquoi cette migration vient en Europe? Pourquoi pas en Asie, Japon, Thaïlande, Philippine, Vietnam, pourquoi ?

    • Welcomers le 14.01.2018 15:29 Report dénoncer ce commentaire

      @rob

      Après l'avoir demandée, faut pas s'étonner!! J'essaie juste de répondre à la question posée...en plus les prestations défient toute "concurrence" (à ma connaissance il y'en a pas mais l'UE doit avoir peur de perdre le monopole!)...

    • Le mécréant le 14.01.2018 16:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Rob

      Simplement car ils sont moins con que nous, ils ne le donnent rien....

  • Jojo le 14.01.2018 03:23 Report dénoncer ce commentaire

    La honte de ce monde

    À part le haut Commissaire à lONU, aucun gouvernement européen ni la Suisse ne se sont exprimés officiellement pour exprimer leur réprobation à ces insultes scandaleuses Pourquoi ??? Quelle lâcheté.

    • Francis le 14.01.2018 11:47 Report dénoncer ce commentaire

      @Jojo

      vous voulez dire quoi? qu'il a tort?

    • La Verité Qui Blesse! le 14.01.2018 14:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Jojo

      Il a dit la vérité !

  • Avis le 13.01.2018 18:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A quoi ressemblera nos rapports à l'avenir ?

    C'est justement les insultes qui poussent certains enfants au suicide ! Est-ce avec des insultes et des propos vulgaires et grossiers que votre supérieur s'adresse à vous ? D'ailleurs sait-il comment vous commentez sur les réseaux associaux ? Oui, on peut tout dire, mais avec la manière !

    • Stranger le 14.01.2018 12:49 Report dénoncer ce commentaire

      @avis

      et la politesse envers certains engendre des criminels...si on se comportait de façon moins accueillante et plus expulsive, ça serait moins la gabegie.

  • Donald le Caca le 13.01.2018 17:48 Report dénoncer ce commentaire

    Cacas merde Mac Do

    L'amerique est 1 pays de cacas