Trump et les «pays de merde»

12 janvier 2018 01:46; Act: 12.01.2018 18:03 Print

«Des mots remplis de haine prononcés plusieurs fois»

Selon divers médias américains, le président Trump a qualifié jeudi plusieurs nations africaines ainsi qu'Haïti de «pays de merde». Il dément sans grande conviction.

storybild

Donald Trump à la Maison Blanche. (Jeudi 11 janvier 2018) (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le président américain Donald Trump a laissé entendre vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde» lors d'une réunion avec des élus, la veille, sur l'immigration. «Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés», a-t-il tweeté, après la vague d'indignation suscitée par ses propos rapportés par plusieurs médias américains s'appuyant sur des personnes présentes lors de la réunion.

Il a aussi affirmé dans un tweet n'avoir «jamais dit de mal des Haïtiens». «Je n'ai jamais dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens outre le fait que, et c'est une évidence, Haïti était un pays très pauvre et en difficulté. Je n'ai jamais dit virez-les . Inventé par les Dem (l'opposition démocrate Ndlr). J'ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens», a tweeté le président américain, ajoutant qu'il devrait probablement enregistrer ses réunions.

«Il l'a dit plusieurs fois»

Donald Trump a utilisé «plusieurs fois» l'expression de «pays de merde» au cours d'une réunion sur l'immigration à la Maison Blanche, a affirmé vendredi le sénateur démocrate Dick Durbin, qui y assistait. «Il a prononcé ces mots remplis de haine et il les a prononcés plusieurs fois», a déclaré le sénateur, remettant en cause le démenti tweeté de Trump.

Donald Trump a délivré sa version des faits après que le «Washington Post» se fut fait l'écho d'un éclat du président américain sur l'immigration, qualifiant plusieurs nations africaines ainsi qu'Haïti de «pays de merde».

Propos visant les Haïtiens

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?», a demandé le président Trump lors des discussions, selon le quotidien qui cite plusieurs sources anonymes. Selon elles, l'homme d'affaires devenu président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador, expliquant que les Etats-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il a rencontré la Première ministre la veille. «Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens ?», aurait encore demandé le président, selon le quotidien.

Le gouvernement haïtien s'est déclaré «profondément indigné et choqué» par les propos de Trump.

De son côté, le «New York Times», qui fait état également des mêmes propos du président, citant des participants non identifiés à la réunion, avait rapporté en juin dernier que Donald Trump avait assuré lors d'une autre réunion sur l'immigration, que les Haïtiens «ont tous le sida». La Maison Blanche avait démenti. Toujours de même source, les sénateurs présents ont été déconcertés par ces propos.

Président «raciste»

Membre du Congrès, le démocrate Luis Gutierrez a réagi en déclarant: «Nous pouvons dire maintenant avec 100% de certitude que le président est un raciste qui ne partage pas les valeurs inscrites dans notre Constitution». Sa collègue républicaine Mia Love, d'ascendance haïtienne, a jugé pour sa part «désobligeants» et «clivants» les propos présidentiels et demandé des excuses. «Cette attitude est inacceptable de la part du chef de notre nation», a-t-elle déclaré dans un communiqué.

La Maison Blanche n'a pas nié que le président américain a tenu ces propos. «Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain», a souligné un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.

«Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation», a-t-il poursuivi.

Les parlementaires étaient présents pour évoquer les discussions entre les responsables des deux partis pour encadrer le sort des «Dreamers», les jeunes bénéficiaires du programme appelé Daca (Deferred Action for Childhood Arrival), hérité de l'administration Barack Obama.

Les négociations sont ardues entre la Maison Blanche et les parlementaires sur ce projet. En septembre, le président Trump a abrogé le programme qui a permis à 690'000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu'ils étaient enfants, de travailler et d'étudier en toute légalité en les protégeant de l'expulsion. Il a donné jusqu'au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis.

(nxp/afp)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Facile le 12.01.2018 12:42 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Qui la sème ?

    Faudrait que ces mêmes pays, surtout africains, ferment leurs frontières lorsqu'il s'agit d'aller leur voler leurs ressources minières !

  • maisLOL le 12.01.2018 12:47 Report dénoncer ce commentaire

    isitajoke?

    Les USA sont responsables d'une bonne partie de l'immigration (guerre en Irak, renversement de gouvernement, ventes d'armes, etc...) et maintenant ils en veulent pas ? et il ne récolte même pas encore tout ce qu'il sème !!! On fout le bordel dans le monde par contre on veut uniquement les génies sur notre sol ???

  • kalach447 le 12.01.2018 12:22 Report dénoncer ce commentaire

    ouais

    ouais, que tant de ressortissants de ces pays ne cherchent qu'à les quitter, y compris au péril de leur vie, c'est parce que se sont des havres de sérénité sans doute

Les derniers commentaires

  • Seth Bert le 13.01.2018 16:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tellement vrai

    Et pourtant ce qu il dit est tellement vrai! Qui désirent aller habiter ou émigrer dans ces pays? Les Africains s offusquent et cependant ils désirent tous partir pour venir chez nous! Moi, je reste au paradis terrestre, la Suisse!

  • Pasicon le 13.01.2018 13:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Super rusé

    Trump est très fort dans la provocation. Ainsi tout le monde se détourne de son passé sulfureux dont il paie des femmes pour se taire. Il mène la presse où il veut, trop fort!

  • Le mécréant le 13.01.2018 12:03 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bravo

    Bravo Donald, nous vous aimons de plus en plus! Si nous pouvions avoir des dirigeants comme vous en Europe quel bonheur....

  • Ali mentaire Watson le 13.01.2018 05:48 Report dénoncer ce commentaire

    faut agir et arrêter de ce plaindre

    c'est vrais qu'il y a des pays qui font pas rêver, la faute a qui ? et bien aux dirigeants de ces pays qui non seulement ne son pas capable de nourrir leurs habitants, mais qui souvent ont une politique de dictature mélangée a la religion qui est aussi une dictature.

  • John Kawielski le 13.01.2018 00:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive Trump!

    Bravo! Faut oser dire la vérité même si elle blesse ! Sans haine mais factuellement. Y en a marre de la bienséance à deux balles... faut pas dire ci, pas dire ça, pas penser ci,...