Italie

08 mars 2018 16:49; Act: 08.03.2018 16:49 Print

Un escort boy balance plus de 30 prêtres «hypocrites»

Un gigolo napolitain a envoyé au diocèse de Naples un dossier très documenté à propos d'une trentaine de prêtres homosexuels avec lesquels il avait des relations.

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«Je parle de pêchés, pas de crimes». Francesco Mangiacapra, un escort boy italien, a lancé un pavé dans la mare fin février, en envoyant au diocèse de Naples un dossier explosif. Reçu par le chancelier, Mgr Luigi Ortaglio, le trentenaire napolitain lui a remis un dossier de 1200 pages avec messages Whatsapp et photos de pénis à l'appui. Le jeune homme qui a une formation d'avocat y met directement en cause trente-quatre prêtres et six séminaristes.

«Pas contre l'Eglise, c'est en faveur de l'Eglise»

«Il ne s'agit pas d'ac­cu­sa­tions, car je ne trans­mets pas de crimes péna­le­ment répré­hen­sibles», a-t-il justifié dans les médias italiens. Francesco Mangiacapra explique avoir voulu dénoncer un «réseau gay» dans le but d'«aider» l'Eglise et de dénoncer l'«hypocrisie» ambiante. «Il s'agit d'in­vi­ter ces personnes à faire leur mea culpa concernant la compatibilité entre leur col romain et la conduite qu'il implique. Je veux expliquer tout de suite que mon geste n'est pas contre l'Eglise catholique, paradoxalement, c'est en faveur de l'Eglise», poursuit-il.

Des rendez-vous via Telegram

Le trentenaire napolitain assure qu'il diffuse ses informations «pour que les gens arrêtent de prêcher la haine des gays». «Le but n'est pas de faire du mal aux personnes mentionnées mais de les aider à comprendre que leur double vie, bien qu'elle semble pratique, n'est pas utile, ni pour eux, ni pour les gens qu'ils sont censés guider». Et Francesco de préciser que l'application Telegram, bien connue des jihadistes, est aussi très prisée des ecclésiastiques pour organiser les rendez-vous pour lesquels les prêtres sont prêts à débourser des sommes élevées.

Aider ceux qui «ont fauté à se repentir»

Le diocèse a transmis le dossier au Vatican non sans avoir dénoncé «ceux qui cherchent à dépeindre un visage sale de l'Eglise.» Dans un communiqué, il précise qu'«il n'y a pas de noms concer­nant le diocèse de Naples» dans le dossier mais que «ceux qui ont fauté devront payer et être aidés à se repen­tir pour le mal commis». La Croix rappelle que Francesco Mangiacapra n'est pas un inconnu du grand public en Italie. En 2017, il était devenu célèbre en publiant un livre-confession sur son quotidien de gigolo. L'Eglise s'était alors refusée à tout commentaire. Le quotidien français estime qu'il a désormais décidé «de passer à la vitesse supérieure».



(cga)