Italie

08 juillet 2009 12:15; Act: 09.07.2009 09:00 Print

Un groupe Facebook publie une lettre ouverte contre Berlusconi

Un groupe de citoyens s’est mobilisé grâce à Facebook pour défendre la presse italienne contre les attaques de Silvio Berlusconi.

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Outrés par les attaques répétées perpétrées par Silvio Berlusconi à l’encontre de la presse, des Italiens de tous bords politiques ont décidé de réagir.

Pour faire passer leur message, ils ont décidé d’acheter un espace publicitaire et faire paraitre une lettre ouverte dans le quotidien Repubblica. Quelque 500 personnes qui se sont rencontrées sur le site de réseautage Facebook ont cotisé de 1 à 300 euros (1,5 à 450 francs) pour financer la parution de la lettre.

Publiée aujourd’hui, jour du début du G8 à L’Aquila, la missive est adressée à tous les Grands de ce monde présents au meeting. Elle est destinées à les informer sur ce qui se passe en Italie. Et rappeler à Silvio Berlusconi l’article 21 de la Constitution italienne de 1948: «La presse ne peut être assujettie à aucune autorisation ni censure».

Un discours du 13 juin à l’origine du ras-le-bol

Tout a commencé le 13 juin dernier. Habitué aux intimidations envers les médias, et particulièrement ceux à tendance de gauche, Silvio Berlusconi s’était illustré lors d’un meeting organisé avec les jeunes industriels du pays. Le Premier ministre italien avait alors demandé aux personnes présentes dans la salle de boycotter les journaux qui racontent les conséquences de la crise économique. «Il faudrait que l'on n'ait pas une opposition et des médias qui entonnent chaque jour l'air du défaitisme et du catastrophisme. Vous devriez en faire plus: ne confiez plus vos publicités aux médias qui se comportent de la sorte», avait-il dit, en accusant directement Repubblica d’être le chef de file de la subversion.

«Nous souhaitons nous adresser à celles et ceux qui pensent qu'une telle forme d'ingérence est indigne, antilibérale et antidémocratique», ont écrit les pétitionnaires. «Nous ne contestons pas le gouvernement, ses choix ou sa politique, nous contestons le fond et la forme de qui le préside en exprimant un mode d'exercice du pouvoir aussi aberrant».

Ce projet a été lancé et coordonné par l’Italien Geronimo Emili, 38 ans, relate le site aglioecipolla.com. Il a été cosigné par les 500 donateurs et est disponible en français. Vous pouvez le lire en cliquant ici.

(atk)