Catastrophe annoncée

18 novembre 2013 13:40; Act: 18.11.2013 18:16 Print

Un nouveau séisme pourrait anéantir le Japon

Un scientifique canado-japonais s'alarme de l'état désastreux de la centrale de Fukushima. Une nouvelle secousse pourrait avoir des conséquences inimaginables.

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L'état désastreux de la centrale nucléaire de Fukushima pourrait donner lieu à un véritable cataclysme.

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Le Japon rayé de la carte et la côte ouest de l'Amérique du Nord évacuée? C'est le scénario catastrophe que dresse un spécialiste environnemental canado-japonais, si un nouveau séisme d'une magnitude de 7 ou plus sur l'échelle de Richter venait à frapper le pays, rapporte le «Huffington Post Canada».

David Suzuki, qui s'exprimait lors d'un colloque sur l'écologie organisé à l'Université d'Alberta (Canada), a expliqué que l'état dramatique de la centrale nucléaire de Fukushima exposait le Japon à une catastrophe sans précédent. «Fukushima est la situation la plus terrifiante que je peux imaginer», a-t-il affirmé.

«Bye bye le Japon»

«Le réacteur no 4 a été tellement endommagé que s'il subit un nouveau tremblement de terre et que les barres de combustibles sont exposées à l'air, alors c'est bye bye le Japon et tout le monde sur la côte ouest de l'Amérique du Nord devra être évacué», a-t-il déclaré. Avant de préciser qu'il y a 95% de risques qu'un séisme de 7 ou plus sur l'échelle de Richter frappe le pays dans les trois prochaines années. Le scientifique accuse le gouvernement japonais d'avoir menti à propos de la réelle étendue du désastre causé par la centrale de Fukushima. Il déplore l'orgueil mal placé du Japon, qui s'entête à ne pas demander de l'aide à une équipe internationale pour améliorer la situation à Fukushima.

Retrait du combustible

La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima au Japon a commencé lundi comme prévu le retrait du combustible de la piscine du réacteur 4. L'opération très délicate prendra au total plus d'un an, si tout va bien. L'ensemble du démantèlement de la centrale devrait durer des décennies. Tepco a transféré quatre assemblages dans un réceptacle en acier, au sein du bassin de refroidissement où elles se trouvaient déjà. «Nous continuerons ce travail demain, en accordant une attention importante à la sécurité», a expliqué Tokyo Electric Power (Tepco) au cours d'une conférence de presse. Pour ce début, Tepco prévoit de répartir sur deux jours le retrait de 22 premiers assemblages (contenance maximum d'un caisson). Aucun incident n'a été signalé lundi. «Le caisson une fois plein ne sera fermé et retiré de la piscine que mardi. Nous avons choisi de débuter de façon assez lente par sécurité», a précisé le porte-parole. Tepco a en outre choisi de retirer d'abord 22 des 202 assemblages neufs sur le total de 1533 que contient la piscine, ce qui est bien moins risqué que le combustible usé.

Le combustible extrait de la piscine 4 sera ultérieurement placé dans une autre piscine, dite «commune», plus sûre, distante d'une centaine de mètres. L'ensemble des opérations pour ces 22 assemblages prendra une semaine. «Tepco fera ensuite une pause pour analyser cette première étape et étudier s'il existe des améliorations à apporter avant de reprendre les travaux à une date indéterminée», a précisé un porte-parole.

Environnement difficile

«Nous espérons que le retrait sera réalisé comme prévu en toute sûreté afin de ne pas causer de soucis supplémentaires aux habitants de la région», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'un point de presse. L'extraction du combustible de la piscine 4 est d'autant plus délicate que ce bassin est situé en hauteur dans le bâtiment du réacteur 4, à moitié détruit par une explosion d'hydrogène quelques jours après la dévastation de la centrale Fukushima Daiichi par le tsunami du 11 mars 2011. Tepco a depuis bâti une nouvelle couverture, installé un dispositif neuf de retrait du combustible, et procédé à la récupération des détritus tombés dans le bassin, au-dessus des assemblages qu'il contient. Cependant la difficulté se trouve dans la présence de petits débris coincés au milieu des assemblages de combustible, préviennent les experts.

Experts circonspects

Des répétitions ont eu lieu et les équipes sont désormais jugées bien formées par Tepco et l'expert nucléaire américain, Lake Barrett, invité à suivre les préparatifs. Toutefois, d'autres spécialistes étrangers sont sceptiques et préviennent que d'éventuelles erreurs de manipulation pourraient avoir des conséquences graves qui pourraient perturber le calendrier des travaux. C'est la première fois qu'une telle opération est réalisée dans un environnement accidenté où les techniciens doivent oeuvrer en combinaisons de protection et porter des masques intégraux pour se protéger de la radioactivité. Il s'agit en outre de la plus délicate opération depuis la stabilisation du site en décembre 2011. «Ce retrait ouvre un nouveau chapitre important dans notre tâche de démantèlement», qui doit durer 40 ans, a commenté le PDG Hirose dans un message vidéo.

Les prévisions terrifiantes du scientifique

(joc/afp)