France

14 novembre 2017 18:22; Act: 14.11.2017 20:12 Print

Une journaliste du «Temps» arrêtée

Une journaliste suisse qui faisait un reportage sur les migrants dans la région de Briançon a été arrêtée et interrogée par la gendarmerie.

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Photo d'illustration. (Photo: Keystone)

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«Ce n'est pas digne de la France à qui nous demandons des explications et des excuses», écrit le rédacteur en chef du journal, Stéphane Benoît-Godet, qualifiant les faits d'«intolérable attaque contre la presse».

L'envoyée spéciale du quotidien, Caroline Christinaz, avait pris place samedi dans une voiture d'un habitant des Hautes-Alpes, qui portait secours aux migrants franchissant le col de l'Echelle (1762 mètres d'altitude), alors partiellement enneigé, pour entrer en France depuis l'Italie. Un second véhicule transportait le journaliste français de la radio France Culture Raphaël Krafft.

A leur descente du col ils ont été arrêtés par la gendarmerie, alors que les deux véhicules transportaient quatre migrants.

Les deux journalistes ont été convoqués dimanche à la gendarmerie de Briançon. «L'interrogatoire a duré deux heures», témoigne Caroline Christinaz.

Empreintes digitales

«Ils m'ont dit vouloir connaître mes capacités financières pour établir le montant de l'amende», dit-elle. Elle explique avoir été photographiée et ses empreintes digitales ont été relevées. «Devant l'insistance et la pression des deux gendarmes, elle finit par leur donner son téléphone portable, puis, de guerre lasse, son code d'accès», dénonce Le Temps, qui précise que les gendarmes lui ont redonné finalement son appareil.

«Quand elle les interroge sur le statut de cette audition, on lui répond qu'elle est mise en cause dans une procédure pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'étrangers sur le territoire français», explique le journal.

«Lors de son interrogatoire, notre consoeur a subi des tentatives d'intimidation de la part des gendarmes et du procureur, qui l'ont mise en cause alors qu'elle ne faisait qu'exercer sa profession», dénonce le rédacteur en chef.

«Choquée»

Interrogé, le procureur de Gap Raphaël Balland a accusé Le Temps «de tenir des propos totalement diffamatoires à (son) encontre». Il assure «n'avoir été informé par les gendarmes de l'audition de la journaliste suisse qu'à son issue».

Il a expliqué que la journaliste s'est vu notifier ses droits - «droit d'avoir un avocat, de garder le silence et de partir à tout moment» - et qu'«elle les a signés».

Il a aussi précisé que quand les gendarmes lui ont rendu compte de l'audition de la journaliste et du conducteur, il leur a dit qu'«au vu des premiers éléments de l'enquête», «il n'y avait pas d'éléments suffisants pour mettre en cause le deuxième journaliste», qui a donc été entendu comme «témoin».

Interrogé, le journaliste de France Culture a expliqué que sa consoeur était sortie de l'entretien «choquée qu'on lui ait posé des questions intimes».

L'ONG Reporters sans frontières, qui milite pour la liberté de la presse, a estimé de son côté dans un communiqué que «traiter un journaliste comme un suspect alors qu'il ne fait qu'exercer sa profession est une entrave au libre exercice du journalisme» et rappelé que la protection des sources des journalistes était consacrée par le droit français.

(nxp/afp)

Les commentaires les plus populaires

  • Kurt Sempach le 14.11.2017 18:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Si on résume

    La journaliste était dans une voiture avec des migrants, qui traversaient illégalement la frontière franco-italienne et s'est fait arrêtée... et elle se plaint !? On marche sur la tête !

  • Fredy le 14.11.2017 19:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Journaleux

    Ils me font rire ces journalistes.... au nom de la liberté ils pensent pouvoir tout faire !

  • DATA le 14.11.2017 18:40 Report dénoncer ce commentaire

    Pas au dessus de la loi !

    Contribuer à une immigration illégale est interdit, ils s'attendait à quoi ? Si tout les passeurs risquait quelques année de prisons plutôt qu'une convocation au commissariat, peut être y aurait il moins d'immigrant illégaux en Europe.

Les derniers commentaires

  • Mary Gnan le 15.11.2017 11:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pollution

    En lisant ces commentaires je me dis quil y a dans notre pays une part de population prête pour un retour aux « valeurs » du fascisme. Heureusement dautres les en empêcheront, alors finalement quils profitent de ce déversoir à sottises, au moins ils restent entre eux.

  • Candide le 15.11.2017 10:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    journalistes

    Ça ne risque pas d'arriver aux journalistes de Télé Blocher, ni à tous les pseudos journalistes à sa botte.

  • GuydeToulon le 15.11.2017 07:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pas au dessus des règles.

    respect des règles en Suisse = respect des règles ailleurs. La prochaine fois, vérification d identité, max 4 heures de retenue. Journaliste ou pas.

  • george le 15.11.2017 02:56 Report dénoncer ce commentaire

    journaliste sans passe droit

    Finalement, j'ai pas choisi la bonne formation... j'aurais du faire journaliste comme ca j'aurais pu faire de la contrebande /passeur et ca m'aurait permis de dire que c'était pour une enquête d'investigation si je me faisais prendre... Personnelement, je pense que les gendarme ne font que leur boulot tentant d'éclairsir les faits... et bon deux heure, c'est pas la mort non plus...

  • Daniel pragmatique le 14.11.2017 23:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Immersion journalistique

    Cest quoi le problème ? Cela sappelle une enquête en immersion, on peut pas informer en regardant et en expliquant. Mademoiselle vous nêtes plus à lEcole, bienvenue dans la vraie vie. Saisissez votre chance de pouvoir parler de votre expérience vécue..... documentez vous cela nous intéresser

    • Hawk Eye le 15.11.2017 02:28 Report dénoncer ce commentaire

      Immersion orientée

      @Daniel (pas) pragmatique. Les journalistes peuvent faire leurs interviews de chaque côté des frontières. Il n'y a aucun "supplément" de faire le voyage avec eux ... si ce n'est de servir d'appui aux passeurs. Ces mêmes journalistes devraient faire plus "d'immersion" dans d'autres cercles très fermés, par exemples certaines mosquées.

    • Candide le 15.11.2017 10:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Hawk Eye

      Ils essaient de le faire ! Renseignez-vous. Combien de journalistes meurent pour qu'on soit au courant des turpitudes de ce monde ? Renseignez-vous !