Présidentielle américaine

23 février 2012 06:31; Act: 23.02.2012 07:09 Print

Vifs échanges lors d'un débat téléviséVifs échanges lors d'un débat télévisé

Les 4 candidats à l'investiture républicaine se sont affrontés mercredi soir lors d'un débat télévisé en Arizona, le 20e de la série.

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Lors du débat, le modéré Mitt Romney (à droite) a multiplié les attaques contre l'ultraconservateur Rick Santorum. (photo: Keystone)

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Il s'agissait pour M. Romney de bloquer l'élan de son principal rival à un moment charnière de la campagne des primaires. Le débat organisé par CNN était le dernier avant les primaires du 28 février dans l'Arizona et le Michigan, pour lesquels les sondages prédisent un duel serré entre l'ex-gouverneur du Massachusetts et l'ex- sénateur de Pennsylvanie.

Mitt Romney s'est interrogé à plusieurs reprises sur le bilan de Rick Santorum lorsqu'il était au Sénat, dans la première moitié des années 2000, en s'efforçant de le dépeindre comme le partisan de coûteux projets gouvernementaux. «Vous déformez la réalité. Vous ne savez pas de quoi vous parlez», s'est emporté M. Santorum alors qu'il était critiqué par M. Romney sur son bilan au Congrès.

M. Romney a vivement critiqué son rival assurant que «lors de son mandat au Sénat, les dépenses ont augmenté de 80% dans le budget fédéral». M. Santorum a aussi été accroché sur la contraception pour avoir voté en faveur d'une loi comprenant des dispositions favorables au planning familial.

Vifs échanges

L'homme d'affaires mormon a également mis en difficulté son adversaire en lui reprochant d'avoir voté en faveur d'un projet de pont monumental en Alaska pour 400 millions de dollars. Le «pont qui ne mène nulle part», exemple fréquemment relevé par les républicains pour critiquer les «gaspillages» de l'Etat fédéral, n'a jamais été mis en chantier.

Les esprits se sont à ce point échauffés entre MM. Santorum et Romney que les deux hommes se sont un moment coupé la parole en refusant d'écouter l'autre, provoquant quelques sifflets du public.

De son côté, Newt Gingrich, qui tente de raviver sa campagne, a tenté de se placer au dessus de la mêlée, focalisant ses attaques sur le président Obama dont il a dénoncé le «discours démagogue». Critiquant M. Obama sur sa politique de sécurité nationale, l'ex- président de la Chambre des représentants l'a qualifié de président le plus «dangereux».


Nucléaire iranien

Dans l'un des échanges les plus marquants, le conservateur isolationniste Ron Paul s'est illustré en qualifiant M. Santorum de politicien «faux», assurant que celui-ci avait voté pour des projets coûteux lorsqu'il était membre du Congrès. «Je suis vrai, je suis vrai», s'est empressé de répondre M. Santorum en défendant son bilan d'élu.

En revanche, MM. Romney et Santorum se sont accordés à dénoncer comme «inacceptable» le danger d'un Iran nucléaire. Seul M. Paul s'est distingué en assurant que les Etats-Unis ne devaient pas entrer en guerre «de façon si imprudente» et «sans preuve» que l'Iran est en train d'acquérir l'arme nucléaire.

Depuis son triplé du 7 février dans les primaires et caucus du Colorado, du Minnesota et du Missouri, Rick Santorum est le nouveau champion de l'électorat ultraconservateur qui ne se satisfait pas du «modéré» Mitt Romney comme candidat.


Au coude à coude

Ce dernier redoute que son désormais principal adversaire, catholique fervent apte à attirer l'électorat religieux conservateur, engrange des victoires dans l'Arizona et le Michigan qui le placeraient en position idéale pour le «Super Tuesday» du 6 mars, échéance clé de la campagne avec dix Etats appelés à voter.

L'enjeu du 28 février est de taille pour M. Romney car le Michigan est l'Etat où il est né et dont le père fut gouverneur. Quant à l'Arizona, il compte une importante population mormone. Les sondages donnent les deux hommes au coude à coude dans les deux Etats.

A l'échelle nationale, Rick Santorum est crédité d'une avance de neuf points de pourcentage sur Romney (35% contre 26%) dans un sondage de l'université de Quinnipiac publié mercredi. Newt Gingrich est à 14% et Ron Paul à 11%.

(ats)

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