Présidentielle française

26 avril 2017 14:37; Act: 26.04.2017 22:55 Print

Visite surprise de Le Pen à l'usine Whirlpool d'Amiens

La candidate du Front National a pris de vitesse Emmanuel Macron en se rendant avant lui dans l'entreprise en grève.

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Marine Le Pen est arrivée mercredi à l'heure du déjeuner devant l'usine Whirlpool à Amiens, au moment même où son adversaire à la présidentielle française Emmanuel Macron s'entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l'entreprise, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.

«Je suis là aux côtés de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois», a déclaré à la presse la candidate. Elle s'est fait photographier aux côtés de salariés faisant des selfies.

«Evidemment que c'est un message», a-t-elle ajouté. «Quand j'ai appris qu'Emmanuel Macron venait ici et qu'il n'entendait pas rencontrer les salariés, qu'il n'entendait pas venir sur ce piquet de grève, mais qu'il allait à l'abri dans je ne sais quelle salle de la chambre de commerce pour rencontrer 2-3 personnes triées sur le volet, j'ai trouvé que c'était une preuve tellement de mépris à l'égard de ce que vivent les salariés de Whirlpool que j'ai décidé de sortir de mon comité stratégique et de venir vous voir».

Mme Le Pen s'est présentée comme la candidate «des ouvriers» et des «travailleurs». «Je suis la candidate surtout des Français qui ne veulent pas être dépossédés de leur emploi, de leur pouvoir d'achat, qui ne veulent pas être mis en concurrence déloyale avec les pays à bas coût (...) c'est à l'Etat de venir dire ça, c'est un abus, ça c'est une dérive, et je ne laisserai pas faire ça», a-t-elle ajouté.

La réplique de Macron

De son côté, Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'il rencontrerait dans l'après-midi les salariés du site d'Amiens de Whirlpool en compagnie des représentants de l'intersyndicale de l'entreprise, après la visite surprise de Marine Le Pen sur se site industriel.

«Mme Le Pen est donc venue à Amiens parce que j'y venais. Bienvenue à elle. Mais Mme Le Pen n'a pas compris comment fonctionnait le pays et nous n'avons définitivement pas la même ambition, ni le même projet», a-t-il déclaré. Elle «fait de l'utilisation politique puisqu'elle va haranguer des militants politiques sur un parking», a-t-il encore ajouté.

Le numéro un mondial de l'électroménager a annoncé en janvier la réorganisation de sa production de sèche-linge en Europe, avec un renforcement en Pologne et l'arrêt de la production à Amiens au 1er juin 2018. Quinze repreneurs potentiels se sont manifestés.

«Heures sombres»

M. Macron a par ailleurs aussi renvoyé aux »heures sombres« de l'histoire de France dans une allusion à Marine Le Pen. Il a évoqué »une espèce de fantasme de repli« pour qualifier le projet de la présidente en congé du Front national.

«La France n'a jamais été cela, la France n'a jamais été ce qu'elle propose. La France n'a jamais été ce rétrécissement dans la haine, sauf à quelques heures sombres, quand quelques-uns ont prétendu la représenter», a-t-il déclaré.

Soutien de Sarkozy

L'ancien président Nicolas Sarkozy a lui annoncé mercredi sur les réseaux sociaux qu'il voterait pour Emmanuel Macron au second tour pour faire barrage à la candidate du Front national. «Je considère que l'élection de Marine Le Pen et la mise en oeuvre de son projet entraîneraient des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français», écrit-il dans un message.

«Je voterai donc au second tour de l'élection présidentielle pour Emmanuel Macron. C'est un choix de responsabilité qui ne vaut en aucun cas un soutien à son projet», ajoute-t-il.

(nxp/ats)