Forcené de Bienne en fuite

09 septembre 2010 07:59; Act: 15.09.2010 10:15 Print

Une chasse à l'homme est lancéeUne chasse à l'homme est lancée

La police a lancé jeudi une vaste chasse à l'homme pour capturer le forcené qui s'était retranché dans sa maison à Bienne (BE).

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Hanspeter Uster a demandé que le dépôt de son rapport sur les événements entourant la cavale de Peter K. soit reporté. La maison du forcené de Bienne avait pu être visitée lundi 29 novembre en vue de sa vente aux enchères jeudi 9 décembre, à l'Hôtel Elite de Bienne. Les acheteurs de la maison de Peter K., vendue à 416'000 francs. Il s'agit d'un couple qui habite à Port (BE), à 3,5 km de la maison de Peter K. Dès leur sortie de la salle de vente de l'Hôtel Elite, à Bienne, le couple a été très sollicité par la dizaine de médias présents. «J'irai rendre visite à Peter K. en prison», a souligné Albert Glaus, le nouveau propriétaire. «Et, une fois, qu'il en sera sorti, il sera le bienvenu chez nous pour venir y boire un verre», a-t-il précisé aux journalistes. Il entend retaper en partie lui-même la maison et y vivre avec Romy, sa compagne. Une quinzaine d'acheteurs potentiels s'étaient inscrits pour cette visite. La valeur officielle de cette maison mitoyenne était estimée à 377'800 francs. D'importants travaux (pour plus de 200'000 francs) sont nécessaires pour la rendre habitable, comme l'a révélé une visite des lieux. La maison de trois appartements donne l'impression de n'avoir plus été occupée depuis de nombreux mois. Seules des fenêtres brisées recouvertes de plastique et de bande adhésive ainsi qu'une porte d'entrée défoncée témoignent du fait divers qui s'y est déroulé en septembre. La maison n'a rien d'un bunker ou d'une forteresse blindée pour tenir un siège policier comme d'aucuns pouvaient l'imaginer. Les murs sont recouverts d'un papier peint défraîchi avec des motifs floraux. Au sol, du tapis tendu usagé ou du parquet en bois. L'entrée du 1er étage. Aucun tunnel, passage secret ou ouvrage récent en béton n'a été observé dans la cave de Peter K. Une cave qui doit d'ailleurs ressembler aux autres avec un congélateur, un établi pour bricoler... ... une étagère à bouteilles... ... une douche... ... un chauffage... ... et une machine à laver. La plupart des meubles du sexagénaire ont été regroupés dans une pièce du rez-de-chaussée sous étroite surveillance policière lors de la journée des visites. Aux 1er et 2e étages, deux autres appartements presque identiques à celui du rez-de-chaussée avec une vieille cuisine et des sanitaires en très mauvais état. Dans une des pièces dans les étages, on pouvait observer quelques tableaux. Tous les objets ont été débarrassés par la police qui les a stockés dans des dizaines de cartons réunis dans des pièces du rez-de-chaussée. Une cloison montée pour condamner une porte a été apparemment arrachée par la police. Les combles. Au fond du jardin, un cabanon avec des outils et un fourneau. La maison de Peter K., dans le quartier des Tilleuls, photographiée le jour de son arrestation. Le 17 septembre 2010: «Faro», le chien policier. C'est lui qui a «capturé» Peter Kneubühl à 6h du matin. C'est sur les hauteurs de Bienne, dans le quartier de Ried, que Peter K. a finalement été arrêté le 17 septembre 2010. Les barrières de la police sont encore présentes. Les forces de l'ordre ont retourné le jardin du forcené. Le 15 septembre 2010: La police bernoise confirme que la première image diffusée était en fait celle du père du fugitif (gauche). Elle a ensuite tenté de vieillir cette fausse image, puis a enfin diffusé la bonne image de Peter K. (droite). C'est dans cette armoire murale que les enquêteurs ont découvert une cache. L'armoire avait un double fond. Dans cette pièce se cachaient un râtelier et un petit coffre-fort. Mardi 14 septembre 2010: La police découvre des armes, des munitions et des lettres cachées dans la maison de Peter K. La police cantonale bernoise a diffusé le lundi 13 septembre deux nouvelles photos du forcené, sur son site internet. Cette image date de 2000. «Peter K. doit devenir maire», pouvait-on lire sur la pancarte d'un homme qui a manifesté en faveur du forcené. La police a placardé des tracts rédigés par un proche du forcené, afin de pouvoir entrer en contact avec lui. Ces tracts ont également été largués par avion sur la ville. Ce cliché date de 2003. Des photographes de la police travaillent à l'intérieur de la maison, devant laquelle une camionnette de menuisiers est stationnée. La police a tout d'abord diffusé par erreur une image du père du forcené datant des années 1980 qu'elle a vieilli en lui blanchissant les cheveux. La police lance un avis de recherche avec une fausse photo et demande de l'aide. Sur ce cliché, il s'agit du père de Peter K. dans les années 1980. Une photo du père de Peter K. Le suspect lui ressemble beaucoup, affirme la police. L'homme, âgé de 67 ans, mesure environ 2m et est assez mince. Il a des cheveux blancs et une légère barbe blanche. Il porte des lunettes, une chemise claire et des pantalons foncés. Une équipe de recherche de la police près de Büren an der Aare. Le jardin est négligé. La localisation de la maison de Peter K. à Bienne. Le quartier a été quadrillé par une centaine d'agents des forces de l'ordre. Son coup de folie a été déclenché par l'annonce publique de la vente aux enchères de cette maison familiale. Le fuyard vivait de manière recluse. Sa maison décrite par un voisin comme «une ruine» était estimée à environ 380'000 francs, mais nécessitait près de 250'000 francs de travaux pour la rénover. Le chemin Mon-Désir, dans le quartier paisible des Tilleuls, à Bienne. La propriété ainsi que le voisinage ont été fouillés afin de retrouver le sexagénaire. Des dizaines de journalistes sont accourus de toute la Suisse pour couvrir cet événement. Des chiens de police ainsi qu'un hélicoptère de l'armée équipé d'une caméra infrarouge ont notamment été utilisés. Un hélicoptère de l'armée suisse a longuement survolé le quartier. Des forces d'intervention provenant de divers cantons ont été appelées en renfort. Il est apparu que le sexagénaire ne se trouvait plus dans sa demeure. Des forces d'intervention zurichoises sont venues prêter main-forte à la police bernoise. Des élèves de l'école du quartier des Tilleuls sont cantonnés quelques heures dans la salle de gym alors que leur école a été fermée. Ils pourront rentrer chez eux peu après. Les policiers ont bloqué le périmètre et sont aux abois. L'homme, d'un certain âge, s'est barricadé chez lui et s'opposerait à la vente de la maison.

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L'homme a pris la fuite malgré un imposant dispositif après avoir grièvement blessé un policier. Peter K.*, 67 ans, serait armé.

«Nous cherchons partout», a souligné François Gaudy, le chef de la police région Jura bernois-Seeland sans plus de détails. Plus d'une centaine d'agents sillonnent les rues de la ville de Bienne. Un avis de recherche national a été diffusé aux polices cantonales. «On doit craindre qu'il soit armé», a expliqué M. Gaudy.

Fugitif dangereux

Le fugitif a tiré plusieurs coups de feu sur les forces de l'ordre avec un fusil, mais la police cantonale bernoise n'a pas précisé s'il s'agissait d'une arme militaire. «La population ne doit pas être déstabilisée mais cela représente un danger», a souligné François Gaudy lors d'un point presse devant des dizaines de journalistes accourus de toute la Suisse.

«Ce n'est pas un échec pour la police mais nous regrettons ce qui s'est passé», a estimé François Gaudy. Malgré la présence d'unités d'élite des cantons de Berne, Zurich et Bâle-Campagne, le forcené a réussi à s'enfuir jeudi vers 01h00 après avoir tiré sur un policier, le blessant grièvement à la tête malgré son casque. Ce membre de l'unité d'élite bernoise Gentiane est cependant hors de danger.

Le forcené «a pu s'échapper grâce à la violence qu'il a utilisée», selon le responsable de la police qui n'a pas voulu dire si les forces de l'ordre ont riposté. Ce n'est toutefois que onze heures plus tard que les unités d'intervention ont définitivement constaté que l'homme n'était plus là. «La sécurité prime», selon M. Gaudy. La police compte sur la population pour lui fournir des indications sur le fuyard.

Homme reclus

Le profil du sexagénaire qui s'est barricadé mercredi vers 10h00 dans sa maison est difficile à cerner. La police décrit un homme qui vivait reclus. Elle ne précise pas s'il a déjà été condamné.

Le fuyard aurait dû comparaître devant un psychiatre pour une expertise. Avant même le drame, des mesures avaient été induites en vue d'une éventuelle privation de liberté à des fins d'assistance.

Plusieurs échanges de lettres ont laissé supposer un risque de menaces, a indiqué à l'ATS le préfet de Bienne Werner Könitzer. Par ses lettres, on pouvait conclure qu'il était en état de confusion psychique.

Le préfet aurait pu constituer une éventuelle cible de ces menaces. Pour cette raison, la préfecture sise à Nidau, près de Bienne, a été soumise à surveillance jeudi.

Son coup de folie avait été déclenché par l'annonce de la vente de sa maison. Le président de l'arrondissement judiciaire avait fait paraître une annonce de mise aux enchères publiques, avec une visite de la maison mercredi justement.

Les habitants du quartier des Tilleuls ne le connaissaient pas ou décrivent une personne introvertie. Toutes les tentatives de la police pour entrer en contact avec lui ont échoué.

Ecole évacuée

Ce fait divers a suscité une très vive émotion non seulement dans le quartier des Tilleuls mais également dans le reste de la ville. L'école des Tilleuls qui accueille 330 élèves a été fermée dès la matinée. Les écoliers ont été regroupés et les parents invités à venir chercher leur enfant. A 10h00, l'établissement était vide.

Toujours pour des raisons de sécurité, plusieurs maisons ont été évacuées. Au total près de 40 personnes ont provisoirement été placées dans un abri de la protection civile. En soirée, le dispositif dans le quartier a été fortement allégé, même si des policiers restaient sur place.

Les personnes évacuées ont pu rentrer chez elles jeudi soir, selon des informations recueillies par l'ATS en soirée. A priori, l'école devrait avoir lieu vendredi.

Rumeurs et communication

Durant la nuit de mercredi à jeudi et une partie de la journée de jeudi, les rumeurs se sont succédé, notamment sur l'éventuelle fuite de cet homme. Malgré l'insistance des journalistes, les porte-parole de la police n'ont pas voulu donner d'informations, se contentant de dire qu'une opération était en cours.


*Nom connu de la rédaction

La maison et la rue où le forcené tenait la police en haleine:


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(ats)

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