Fribourg

29 octobre 2012 08:18; Act: 29.10.2012 08:30 Print

La suppression du chauffage électrique divise

La nouvelle loi sur l'énergie adoptée par le Grand Conseil fribourgeois en février est combattue par un référendum. Le peuple se prononcera le 25 novembre.

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Les Fribourgeois se prononceront le 25 novembre sur la nouvelle loi sur l'énergie, votée à l'unanimité par le Grand Conseil en février dernier. La révision est combattue par un référendum en raison de l'obligation de remplacer les chauffages électriques existants d'ici 2025.

La nouvelle loi vise à concrétiser la stratégie énergétique du canton d'une société à 4000 Watts d'ici 2030. Elle prévoit de nombreuses mesures comme, par exemple, l'efficience de l'éclairage public ou l'introduction du certificat énergétique des bâtiments.

Mesure importante

Pour les autorités fribourgeoises, l'interdiction des chauffages et des chauffe-eau électriques est une des mesures importantes. Selon elles, le faible rendement global de ce système induit un gaspillage massif d'électricité.

Elles rappellent que la Confédération a interdit l'installation de nouveaux chauffages électriques depuis 1990 déjà. En septembre dernier, le Conseil national s'est prononcé pour l'interdiction des chauffages électriques d'ici à 2025.

La Conférence des directeurs cantonaux de l'énergie s'est aussi décidée pour leur interdiction d'ici à 2025. Plusieurs cantons, comme Berne ou Neuchâtel, ont légiféré dans ce sens ou s'apprêtent à le faire, comme Vaud. Dans le canton de Fribourg, cette mesure concerne 11'000 unités d'habitation, soit environ 6000 bâtiments.

«Décision hâtive et arbitraire»

Les référendaires partagent largement la stratégie énergétique du canton de Fribourg. En revanche, ils considèrent l'interdiction des chauffages électriques comme un grand gaspillage. Selon eux, il s'agit d'une mesure disproportionnée, hâtive et arbitraire: il est «aberrant» de démonter des installations existantes.

A leur avis, bien souvent, cette interdiction nécessitera aussi de changer de chaudière. Par exemple, le propriétaire d'une habitation avec un chauffage au mazout et un boiler électrique pour l'eau chaude devra acquérir une nouvelle chaudière à mazout combinant eau chaude sanitaire et chauffage. Beaucoup de paysans, laitiers ou artisans seront touchés par la nouvelle loi, indiquent- ils sur leur site Internet.

Incohérence écologique

De plus, ils ne trouvent pas cohérent d'inciter les citoyens à remplacer leurs voitures à essence par des voitures électriques, et en même temps, d'exiger le démontage des chauffages électriques.

Les référendaires sont partis au combat sans soutien particulier. Ils ont été eux-mêmes étonnés de leur succès: ils ont récolté en moins de deux mois 12'356 signatures, soit plus du double requis.

Depuis le dépôt de la demande de référendum en mai, le Conseil d'Etat a fait un pas dans leur sens. Dans sa brochure d'information, il annonce que des dérogations seront possibles «si le remplacement des installations n'est techniquement pas réalisable, économiquement insupportable, ou si des mesures de compensation ont été prises».

Pas de garantie

Ce n'est pas pour déplaire aux référendaires. Ceux-ci n'ont cependant pas la garantie que ces exceptions feront partie du règlement d'exécution.

La nouvelle loi est fortement soutenue par les associations économiques. Directeur de l'Union patronale fribourgeoise et vice- président du comité de soutien, Jean-Pierre Siggen ne décolère pas. Il reproche aux référendaires de prendre le peuple fribourgeois «en otage» et risquer «de repousser aux calendes grecques cette loi moderne et tournée vers l'avenir».

(ats)

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