France

08 mars 2014 14:08; Act: 08.03.2014 18:17 Print

L'image de Freysinger reprise par l'extrême-droite

Oskar Freysinger est-il devenu le chantre d'une partie de l'extrême-droite française? Voilà que le conseiller d'Etat valaisan se retrouve sur un tract de groupuscules islamophobes.

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(Source: ripsotelaïque.com)

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«Nous voulons un référendum sur l'immigration. Tous à Paris le 9 mars!» C'est en ces termes que deux groupuscules de l'extrême-droite française, connus pour leurs positions contre l'islam, ont appelé à un rassemblement dans la capitale, mus par le vote de la Suisse, le 9 février.

Pour rallier des manifestants à leur cause, Riposte laïque et Bloc identitaire ont utilisé des images des proches de leur mouvement pour les tracts. On retrouve ainsi Paul-Marie Coûteaux qui s'est fait remarquer cette semaine en proposant de mettre les roms dans des camps, les accusant d'attenter à «l’ordre esthétique» du VIe arrondissement de Paris. On retrouve également un certain Fabrice Robert, condamné pour avoir distribué des tracts négationnistes niant les chambres à gaz, devant des lycées, en 1992, et devenu depuis lors le chef de file du mouvement radical Bloc identitaire.

Mais ô surprise! Parmi toutes ces figures de l'extrême-droite française, on découvre le visage du Valaisan Oskar Freysinger, qui est décrit comme soutenant la manifestation. Dans un article du «Matin», le conseiller d'Etat explique pourtant: «Je ne connais pas ces gens. Je dis seulement que je soutiens la démocratie directe. Je crois qu’on m’utilise surtout pour faire de la pub.»

Mais samedi, à la veille de l'événement, son image était toujours associée à cette manifestation. Un manque de réaction qui laisse songeur, quand on sait que le conseiller d'Etat n'a pas sa langue dans sa poche quand il s'agit de se défendre. A mi-février, il a ainsi harangué le démocrate-chrétien valaisan Yannick Buttet en lui demandant de «s'occuper de ses fesses», parce que le politicien s'étonnait de son emploi du temps chargé. Oskar Freysinger cumule en effet divers mandats, dont sa charge au gouvernement valaisan et à Berne. Dans la même veine, il n'a pas hésité à réaliser une vidéo pour répondre à un portrait peu flatteur qu'a diffusé de lui la chaîne française Canal+.

Marine Le Pen prend ses distances

La présidente du Front national elle-même a pris ses distances avec le politicien suisse. «Pour lui, nous sommes trop modérés sur la question de l'islam», expliquait Marine Le Pen, en avril 2013, à des confrères alémaniques. «Pour lui, l'Islam n'est absolument pas compatible avec la manière de concevoir la démocratie en Europe.» Oskar Freysinger avait tempéré les propos de la politicienne française, lui conseillant de s'occuper de ce qu'elle comprenait.

L'agrarien n'a pu être joint samedi pour s'expliquer.

(cbx)