Fribourg

04 juillet 2012 18:48; Act: 05.07.2012 11:04 Print

Sauvé d’une maladie qui a tué trois de ses frères

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Grâce à une association et à un médecin généreux, un Sénégalais de 21 ans a été opéré avec succès d’une maladie du cœur.

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Babayel a retrouvé le sourire après son opération. (Photo: dr)

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Juste avant d’être opéré à l’Hôpital de Fribourg, Babayel lève les yeux avec tristesse et demande à être enterré au Sénégal. A ce moment-là, le jeune Dakarois de 21 ans a peur que la funeste cardiopathie qui a déjà enlevé trois membres de sa fratrie de neuf l’emporte lui aussi. Une heure trente après, un stimulateur cardiaque est implanté au patient qui souffrait d’une transposition des gros vaisseaux. Les médecins n’ont pas voulu d’une transplantation jugée délicate et de dernier recours.

«Sa malformation cardiaque est congénitale. En Suisse, ce genre de cas se voit une fois sur 100 000 naissances et s’opère tout de suite», explique le Dr Jean-Jacques Goy. Ce cardiologue au grand cœur fait de l’humanitaire. Babayel est le quinzième patient africain à bénéficier d’une prise en charge médicale grâce à lui. L’association Niokobok, basée à Villars-Tiercelin (VD), s’occupe du transport et de l’hébergement. Le Dr Goy de tout le reste.

Notre monde a besoin de bonnes nouvelles

«Je me sens beaucoup mieux. Avant, j’avais l’impression d’étouffer en permanence. Maintenant, j’aimerais trouver du travail et aider ma famille car mon père est retraité», a réagi le Sénégalais avant son retour au pays. «On refera un contrôle en 2013, Babayel», lance le Dr Goy au moment des adieux. «Des actions comme ça donnent sens à mon métier. Pour un médecin, voir le sourire d’un jeune patient et l’entendre dire merci, c’est de l’or. Notre monde a besoin de bonnes nouvelles», savoure Jean-Jacques Goy.

Présidente de Niokobok, Nicoll Mougin songe déjà au prochain patient, attendu à la fin de ce mois. «Pour un Babayel sauvé, il y en a beaucoup qui meurent en Afrique», se désole-t-elle.