Bienne

08 septembre 2010 17:33; Act: 15.09.2010 10:17 Print

Etat d'urgence pour un forcenéEtat d'urgence pour un forcené

Un homme armé tient en haleine depuis hier des dizaines de policiers dans un quartier résidentiel de Bienne.

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Hanspeter Uster a demandé que le dépôt de son rapport sur les événements entourant la cavale de Peter K. soit reporté. La maison du forcené de Bienne avait pu être visitée lundi 29 novembre en vue de sa vente aux enchères jeudi 9 décembre, à l'Hôtel Elite de Bienne. Les acheteurs de la maison de Peter K., vendue à 416'000 francs. Il s'agit d'un couple qui habite à Port (BE), à 3,5 km de la maison de Peter K. Dès leur sortie de la salle de vente de l'Hôtel Elite, à Bienne, le couple a été très sollicité par la dizaine de médias «J'irai rendre visite à Peter Kneubühl en prison», a souligné Albert Glaus, le nouveau propriétaire. «Et, une fois, qu'il en sera sorti, il sera le bienvenue chez nous pour venir y boire un verre», a-t-il précisé aux journalistes. Il entend retaper en partie lui-même la maison et y vivre avec Romy, sa compagne. Une quinzaine d'acheteurs potentiels s'était inscrit pour cette visite. La valeur officielle de cette maison mitoyenne était estimée à 377'800 francs. D'importants travaux (pour plus de 200'000 francs) sont nécessaires pour la rendre habitable comme l'a révélé une visite des lieux. La maison de trois appartements donne l'impression de n'avoir plus été occupée depuis de nombreux mois. Seules des fenêtres brisées recouvertes de plastique et de bande adhésive ainsi qu'une porte d'entrée défoncée témoignent du fait divers qui s'y est déroulé en septembre. La maison n'a rien du bunker ou d'une forteresse blindée pour tenir un siège policier comme d'aucuns pouvaient l'imaginer. Les murs sont recouverts d'un papier peint défraîchi avec des motifs floraux. Au sol, du tapis tendu usager ou du parquet en bois. L'entrée du 1er étage. Aucun tunnel, passage secret ou ouvrage récent en béton n'a été observé dans la cave de Peter K.. Une cave qui doit d'ailleurs ressembler aux autres avec un congélateur, un établi pour bricoler... une étagère à bouteilles... une douche... un chauffage... et une machine à laver. La plupart des meubles du sexagénaire ont été regroupés dans une pièce du rez-de-chaussée sous étroite surveillance policière lors de la journée des visites. Au 1er et 2e étage, deux autres appartements presque identiques à celui du rez-de-chaussée avec une vieille cuisine et des sanitaires en très mauvais état. Dans une des pièces dans les étages, on pouvait observer quelques tableaux. Tous les objets ont été débarrasser par la police qui les a stockés dans des dizaines de cartons réunis dans des pièces au rez-de-chaussée. Une cloison montée pour condamner une porte a été apparemment arrachée par la police. Les combles. Au fond du jardin, un cabanon avec des outils et un fourneau. La maison de Peter K., dans le quartier des Tilleuls, photographiée le jour de son arrestation. Le 17 septembre 2010: «Faro», le chien policier. C'est lui qui a «capturé» Peter Kneubühl à 6h du matin. C'est sur les hauteurs de Bienne, dans le quartier du Ried, que Peter K. a finalement été arrêté le 17 septembre 2010. Les barrières de la police sont encore présentes. Les forces de l'ordre ont retourné le jardin du forcené. Le 15 septembre 2010: La police bernoise confirme que la première image diffusée était en fait celle du père du fugitif (gauche). Elle a ensuite tenté de vieillir cette fausse image, puis a enfin diffusé la bonne image de Peter K (droite). C'est dans cette armoire murale que les enquêteurs ont découvert une cache. L'armoire contenait un avec un double fond. Dans cette pièce se cachait un ratelier et un petit coffre-fort. Mardi 14 septembre 2010: La police découvre des armes, des munitions et des lettres cachées dans la maison de Peter K. La police cantonale bernoise a diffusé le lundi 13 septembre deux nouvelles photos du forcené, sur son site internet. Cette image date de 2000. «Peter K. doit devenir maire», pouvait-on lire sur la pancarte d’un homme qui a manifesté lundi en faveur du forcené. La police a placardé lundi des tracts rédigés par un proche du forcené, afin de pouvoir entrer en contact avec lui. Ces tracts ont également été largués par avion sur la ville. Le cliché date de 2003. Depuis vendredi matin, selon un journaliste de 20 minuten online, des photographes de la police travaillent à l’intérieur de la maison, devant laquelle une camionnette de menuisiers est stationnée. La police a tout d'abord diffusé par erreur une image du père du forcené datant des années 1980 qu'elle vieilli en lui blanchissant les cheveux. La police lance un avis de recherche avec une fausse photo et demande de l’aide. Sur ce cliché, il s'agit du père de Peter Kneubühl dans les années 1980. Une photo du père de Peter Kneubühl Le suspect lui ressemble beaucoup, affirme la police. L’homme, âgé de 67 ans, mesure environ 2m et est de stature mince. Il a des cheveux blancs et une légère barbe blanche. Il porte des lunettes, une chemise claire et des pantalons foncés. Une équipe de recherche de la police près de Büren an der Aare. Le jardin est négligé. La maison de Peter Kneubühl à Bienne. Le quartier a été quadrillé par une centaine d'agents des forces de l'ordre. Son coup de folie a été déclenché par l'annonce publique parue la semaine dernière de la vente aux enchères de cette maison familiale. Le fuyard vivait de manière recluse. Sa maison décrite par un voisin comme «une ruine» était estimée à environ 380'000 francs, mais nécessitait près de 250'000 francs de travaux pour la renover. Le chemin Mon Désir dans le quartier paisible des Tilleuls à Bienne. La propriété ainsi que le voisinage ont été fouillés afin de retrouver le sexagénaire. Des dizaines de journalistes ont accouru de toute la Suisse pour couvrir cet événement. Des chiens de police ainsi qu'un hélicoptère de l'armée équipé d'une caméra infrarouge ont notamment été utilisés. Un hélicoptère de l'armée suisse a longuement survolé le quartier en début de matinée jeudi. Il est reparti vers 7h15. Des forces d'intervention provenant de divers cantons ont été appelées en renfort. Il est apparu jeudi en début d'après-midi seulement que le sexagénaire ne se trouvait plus dans sa demeure. Des forces d'intervention zurichoises sont venues prêter main forte à la police bernoise. Des élèves de l'école du quartier des Tilleuls à Bienne sont cantonnés quelques heures dans la salle de gym alors que leur école a été fermée. Ils pourront rentrer chez eux peu après. Les policiers ont bloqué le périmètre et sont aux abois depuis hier matin. L'homme, d'un certain âge, s'est barricadé chez lui mercredi matin et s'opposerait à la vente de la maison.

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Mercredi, à 10h du matin, une habitante du quartier des Tilleuls à Bienne entend des portes claquer devant chez elle, puis une vitre se briser ainsi qu'une déflagration qui aurait été provoquée par un fumigène. Des voisins lui ont rapporté avoir entendu un coup de feu. «On n'osait pas sortir», nous avoue-t-elle.

Ces bruits viennent de la maison voisine, chemin Mon-Désir. Notre témoin observe le spectacle qui se déroule dans sa rue: «J'ai vu arriver de plus en plus de policiers qui étaient à chaque fois plus armés et portant des gilets pare-balles. Il y avait des pompiers, des ambulances, des membres de la PC.»

Peu après, des policiers débarquent chez elle et lui donnent cinq minutes pour faire sa valise et quitter les lieux. Une partie du quartier est évacuée, soit quarante personnes. Des personnes âgées sont rassemblées et prises en charge à bord d'un véhicule. Personne ne sait quand ils pourront regagner leur domicile.

Comme la maison de notre témoin se trouve proche de celle où se terre le forcené, un policier armé d'un «fusil» a pris place dans sa salle de bain idéalement située. Selon la description de cette dame, le policier pourrait être un tireur d'élite.

Vers 17h30, la police bernoise nous a confirmé qu'une opération était toujours en cours sans vouloir nous donner plus d'informations. Les habitants du quartier n'étaient toujours pas rentrés chez eux.

L'homme d'un certain âge, barricadé chez lui depuis la matinée, a tiré un coup de feu vers l'extérieur, sans blesser qui que ce soit.


Une maison piégée?


Les raisons d'une telle situation sont pour l'instant floues. Une décision de justice, forçant les héritiers de la maison en question à la vendre, est à l'origine de cette situation, a confirmé la porte-parole de la police cantonale bernoise, Florie Marion, à l'ATS. Par ailleurs, de potentiels acheteurs étaient attendus ce mercredi pour y effectuer une visite, poussant apparemment le forcené, qui serait l'un des héritiers, à passer à l'acte.

Sur le coup des 22h, les habitants nous informaient qu'ils ne pourraient pas regagner leur logis. Des abris PC ont été mis à leur disposition.

Selon des habitants du quartier, des démineurs auraient été vus sur place dans la soirée, ce qui fait craindre que le forcené a piégé sa maison.

Une bonne vingtaine de véhicules de police, une ambulance et des pompiers étaient sur place, a constaté l'ATS. Les forces de police bernoises ont reçu le soutien de leurs homologues de la ville de Zurich. «Un déploiement policier d'une telle envergure est rare à Bienne», a déclaré la porte-parole de la police cantonale.

(mac/frs/ats)