Forcené de Bienne en fuite

09 septembre 2010 10:13; Act: 15.09.2010 10:14 Print

«La police est tournée en ridicule!»«La police est tournée en ridicule!»

par Grégoire Corthay, Bienne - Dans le quartier du forcené, la population ne comprend pas comment ce retraité a pu échapper au dispositif policier autour de sa maison.

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Hanspeter Uster a demandé que le dépôt de son rapport sur les événements entourant la cavale de Peter K. soit reporté. La maison du forcené de Bienne avait pu être visitée lundi 29 novembre en vue de sa vente aux enchères jeudi 9 décembre, à l'Hôtel Elite de Bienne. Les acheteurs de la maison de Peter K., vendue à 416'000 francs. Il s'agit d'un couple qui habite à Port (BE), à 3,5 km de la maison de Peter K. Dès leur sortie de la salle de vente de l'Hôtel Elite, à Bienne, le couple a été très sollicité par la dizaine de médias «J'irai rendre visite à Peter Kneubühl en prison», a souligné Albert Glaus, le nouveau propriétaire. «Et, une fois, qu'il en sera sorti, il sera le bienvenue chez nous pour venir y boire un verre», a-t-il précisé aux journalistes. Il entend retaper en partie lui-même la maison et y vivre avec Romy, sa compagne. Une quinzaine d'acheteurs potentiels s'était inscrit pour cette visite. La valeur officielle de cette maison mitoyenne était estimée à 377'800 francs. D'importants travaux (pour plus de 200'000 francs) sont nécessaires pour la rendre habitable comme l'a révélé une visite des lieux. La maison de trois appartements donne l'impression de n'avoir plus été occupée depuis de nombreux mois. Seules des fenêtres brisées recouvertes de plastique et de bande adhésive ainsi qu'une porte d'entrée défoncée témoignent du fait divers qui s'y est déroulé en septembre. La maison n'a rien du bunker ou d'une forteresse blindée pour tenir un siège policier comme d'aucuns pouvaient l'imaginer. Les murs sont recouverts d'un papier peint défraîchi avec des motifs floraux. Au sol, du tapis tendu usager ou du parquet en bois. L'entrée du 1er étage. Aucun tunnel, passage secret ou ouvrage récent en béton n'a été observé dans la cave de Peter K.. Une cave qui doit d'ailleurs ressembler aux autres avec un congélateur, un établi pour bricoler... une étagère à bouteilles... une douche... un chauffage... et une machine à laver. La plupart des meubles du sexagénaire ont été regroupés dans une pièce du rez-de-chaussée sous étroite surveillance policière lors de la journée des visites. Au 1er et 2e étage, deux autres appartements presque identiques à celui du rez-de-chaussée avec une vieille cuisine et des sanitaires en très mauvais état. Dans une des pièces dans les étages, on pouvait observer quelques tableaux. Tous les objets ont été débarrasser par la police qui les a stockés dans des dizaines de cartons réunis dans des pièces au rez-de-chaussée. Une cloison montée pour condamner une porte a été apparemment arrachée par la police. Les combles. Au fond du jardin, un cabanon avec des outils et un fourneau. La maison de Peter K., dans le quartier des Tilleuls, photographiée le jour de son arrestation. Le 17 septembre 2010: «Faro», le chien policier. C'est lui qui a «capturé» Peter Kneubühl à 6h du matin. C'est sur les hauteurs de Bienne, dans le quartier du Ried, que Peter K. a finalement été arrêté le 17 septembre 2010. Les barrières de la police sont encore présentes. Les forces de l'ordre ont retourné le jardin du forcené. Le 15 septembre 2010: La police bernoise confirme que la première image diffusée était en fait celle du père du fugitif (gauche). Elle a ensuite tenté de vieillir cette fausse image, puis a enfin diffusé la bonne image de Peter K (droite). C'est dans cette armoire murale que les enquêteurs ont découvert une cache. L'armoire contenait un avec un double fond. Dans cette pièce se cachait un ratelier et un petit coffre-fort. Mardi 14 septembre 2010: La police découvre des armes, des munitions et des lettres cachées dans la maison de Peter K. La police cantonale bernoise a diffusé le lundi 13 septembre deux nouvelles photos du forcené, sur son site internet. Cette image date de 2000. «Peter K. doit devenir maire», pouvait-on lire sur la pancarte d’un homme qui a manifesté lundi en faveur du forcené. La police a placardé lundi des tracts rédigés par un proche du forcené, afin de pouvoir entrer en contact avec lui. Ces tracts ont également été largués par avion sur la ville. Le cliché date de 2003. Depuis vendredi matin, selon un journaliste de 20 minuten online, des photographes de la police travaillent à l’intérieur de la maison, devant laquelle une camionnette de menuisiers est stationnée. La police a tout d'abord diffusé par erreur une image du père du forcené datant des années 1980 qu'elle vieilli en lui blanchissant les cheveux. La police lance un avis de recherche avec une fausse photo et demande de l’aide. Sur ce cliché, il s'agit du père de Peter Kneubühl dans les années 1980. Une photo du père de Peter Kneubühl Le suspect lui ressemble beaucoup, affirme la police. L’homme, âgé de 67 ans, mesure environ 2m et est de stature mince. Il a des cheveux blancs et une légère barbe blanche. Il porte des lunettes, une chemise claire et des pantalons foncés. Une équipe de recherche de la police près de Büren an der Aare. Le jardin est négligé. La maison de Peter Kneubühl à Bienne. Le quartier a été quadrillé par une centaine d'agents des forces de l'ordre. Son coup de folie a été déclenché par l'annonce publique parue la semaine dernière de la vente aux enchères de cette maison familiale. Le fuyard vivait de manière recluse. Sa maison décrite par un voisin comme «une ruine» était estimée à environ 380'000 francs, mais nécessitait près de 250'000 francs de travaux pour la renover. Le chemin Mon Désir dans le quartier paisible des Tilleuls à Bienne. La propriété ainsi que le voisinage ont été fouillés afin de retrouver le sexagénaire. Des dizaines de journalistes ont accouru de toute la Suisse pour couvrir cet événement. Des chiens de police ainsi qu'un hélicoptère de l'armée équipé d'une caméra infrarouge ont notamment été utilisés. Un hélicoptère de l'armée suisse a longuement survolé le quartier en début de matinée jeudi. Il est reparti vers 7h15. Des forces d'intervention provenant de divers cantons ont été appelées en renfort. Il est apparu jeudi en début d'après-midi seulement que le sexagénaire ne se trouvait plus dans sa demeure. Des forces d'intervention zurichoises sont venues prêter main forte à la police bernoise. Des élèves de l'école du quartier des Tilleuls à Bienne sont cantonnés quelques heures dans la salle de gym alors que leur école a été fermée. Ils pourront rentrer chez eux peu après. Les policiers ont bloqué le périmètre et sont aux abois depuis hier matin. L'homme, d'un certain âge, s'est barricadé chez lui mercredi matin et s'opposerait à la vente de la maison.

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Notre envoyé spécial a recueilli les réactions du voisinage.

Pierre*, un homme dont la fille Anne* habite près du forcené et a dû être évacuée:
«Je ne veux pas le juger mais cet homme devait être au bout du rouleau et a pété les plombs. Forcé à vendre sa maison à laquelle il était sentimentalement attachée, il a voulu attirer l’attention sur lui. Et on peut dire qu’il a réussi son coup! La procédure de vente de sa maison va être retardée. Reste à savoir si cela en valait la peine. S’il ne se tue pas ou qu’il n’est pas abattu par la police, il va finir en hôpital psychiatrique. Cet homme qui ne veut pas se séparer de sa maison est en détresse et a un évident besoin d’être soigner» relève Pierre.

«Comme simple citoyen, je suis surtout abasourdi par le déploiement de forces de l’ordre. On a vu débarquer des dizaines de pompiers de Bienne, de policiers du canton de Berne, des unités d’élites de la police zurichoise, des chiens en quête d’explosifs, une brigade de déminage… Ils sont postés partout autour du quartier! Cela me semble disproportionné. Jusqu’à preuve du contraire, on n’a pas affaire à une cellule d’Al-Qaïda mais à un simple retraité qui a pété un plomb le jour où des acquéreurs potentiels de sa maison devaient venir la visiter», précise Pierre.

«Ce n’est pas un Rambo mais un sexagénaire en détresse!»

«Ce qui m’étonne aussi c’est que cet homme n’est pas un Rambo de 30 ans, mais un sexagénaire. Il doit avoir un sacré physique pour tenir en haleine les forces déployées (rires). Peut-être, la police a-t-elle aussi tardé parce qu’elle veut à tout prix le capturer vivant... Si on avait voulu l’abattre, cela aurait été fait!
Je ne comprends pas comment ils ont pu le laisser filer! A moins qu’il ait un passé particulier... Je me demande si les autorités ne profitent pas de l’occasion pour tester et valider leur dispositif en cas d’urgence. Je m’interroge aussi sur le coût pour les contribuables d’un tel engagement... Incapable de maîtriser un sexagénaire, la police bernoise a été tournée en ridicule.»

Anne*, une voisine du désaxé:

«La rue Mon Désir est située dans un quartier super tranquille où il ne se passe d'habitude jamais rien! C’est plutôt fréquenté par des personnes âgées. Ce coin de Bienne est considéré comme plutôt chic», explique-t-elle.

«Hier matin, j’ai entendu des détonations. Je ne sais pas si c’était des coups de feu ou des claquement de portes. J’ai ensuite vu des policiers essayer de négocier avec mon voisin qui semblait énervé, de le raisonner. En vain. Plus tard, un policier dans une tenue très impressionnante des forces spéciales a frappé à ma porte. Il ne parlait qu’allemand. Il m’a expliqué qu’un tireur d’élite allait prendre position chez moi! Il s’est installé dans mes toilettes car c’était la seule pièce qui avait une fenêtre donnant directement sur la maison de mon voisin. Vers 15 h, on m’a demandé de quitter mon appartement pour ma sécurité», confie Anne*, qui a été dormir chez son père.

«On espère une issue positive le plus vite possible. Tant que cela dure un moment, c’est rigolo. Mais à force d’attendre, cela devient pénible», souligne la jeune fille.

20 minutes online: Comment était votre voisin?
«On parlait de lui comme d’un ancien ingénieur. C’est un type assez grand et sportif. Dans le quartier on le trouvait bizarre. Il énervait certains parce qu’il n’entretenait pas son jardin. Parfois, on le voyait sortir la nuit avec une lampe torche pour jardiner à la cisaille. Il fait aussi moins que son âge. On sait surtout qu’il était très attaché à sa maison et avait fait savoir qu’il ne voulait jamais la vendre.»

Une petite maison en mauvais état

La maison à laquelle il tient tant est une petite villa mitoyenne avec un garage et un jardin. Construite en 1920 sur un terrain d’un peu plus de 500m2, elle a été estimée, fin août 2008, environ 380'000 francs par un bureau bernois d’ingénieurs. Mais, du fait de son très mauvais état, plus de 250'000 francs de travaux de restauration devaient être rajouté pour la rendre parfaitement habitable. «Cela faisait une maison à environ 700'000 francs. Un prix correct pour une résidence dans un quartier coté de Bienne», note Hans, un habitant du quartier.

*prénoms d’emprunt

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  • Guillaume le 17.09.2010 17:55 Report dénoncer ce commentaire

    Chapeau les internautes!!

    Que tous ceux qui jettent leur fiel et leurs critiques fassent mieux que la police, on est toujours beaucoup plus intelligent lorsqu'on est pas impliqué. De plus il est navrant de remarquer la décadence dans laquelle nous vivons, de voir que dans ce pays lorsqu'un type pète un plomb et manque de tuer un policier il devient une star pour une partie de la population, vraiment navrant...

  • Mortadelle le 17.09.2010 10:22 Report dénoncer ce commentaire

    universitaire

    Pauvre police! Même le chien a bien fait son travail. Mais certains incompétents haut perchés tiennent tellement à leur poste et à leur salaire!

  • Darth le 17.09.2010 08:27 Report dénoncer ce commentaire

    le cirque remballe

    Il paraît qu'il a été arrêté ce matin (ils ont la bonne photo cette fois??), mais grâce à nos amis à 4 pattes, car sans ça il leur aurait encore une fois échappé. Maintenant, c'est dans l'administration bernoise que des têtes doivent tomber, les incompétents dehors et SANS BONUS bon sang !!!