Affaire Giroud

25 mars 2014 10:19; Act: 12.06.2014 23:51 Print

Maurice Tornay en savait plus qu'il ne le prétend

Des échanges d'e-mails publiés par la RTS prouvent que le conseiller d'Etat valaisan connaissait les liens tissés entre l'encaveur et les sociétés zougoises accusées de manœuvres fiscales.

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Selon la RTS, le conseiller d'Etat valaisan Maurice Tornay (à gauche ) en connaissait plus que ce qu'il dit sur les montages autour des sociétés de l'encaveur Dominique Giroud . (Photo: keystone/LM)

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Le conseiller d'Etat valaisan Maurice Tornay a toujours affirmé qu'il n'avait «pas de vision d'ensemble de toutes les sociétés» du groupe Giroud Vins. Un échange de mails entre l'actuel conseiller d'Etat et Dominique Giroud en personne publié lundi par la RTS semble pourtant démontrer le contraire. Les courriels datent de 2005. Maurice Tornay donne des conseils à l'encaveur au sujet de deux des sociétés du groupe basées à Zoug et soupçonnées d'exister uniquement pour l'optimisation fiscale. Extraits. «Dominique, contrairement à Torcularia qui ne devrait pas payer d’impôts, Weinhandel Edelweiss AG paie des impôts. Il faut donc, même si je pense que cela devrait déjà avoir été fait, dégager le plus de charges possibles chez Weinhandel Edelweiss AG au profit de Torcularia AG.»

Un ton amical

Ce type d'indications aurait permis à Dominique Giroud d'économiser de gros montants d'impôts. Mais la pratique est légale. Le hic, c'est plutôt que l'élu démocrate-chrétien prétendait ne rien savoir. Et que l'encaveur est aujourd'hui sous enquête fiscale fédérale pour des infractions présumées d'un montant de plus de 10 millions de francs, rappelle encore la RTS.

Sur un ton plutôt amical, Maurice Tornay prévient encore Dominique Giroud. «Les prix appliqués entre sociétés actionnaires sont examinés avec attention par le fisc et il me paraît évident que le Dr Hess (ndlr: gérant des deux sociétés zougoises), habitué à ces problèmes éventuels de distribution dissimulée de bénéfices à l’actionnaire, aura pris les dispositions les plus opportunes (…) Amitié et cordiales salutations.»

Interrogé sur ces révélations par nos confrères de la RTS, le conseiller d'Etat a déclaré ne pas vouloir faire de commentaire avant que la Commission de gestion du Grand Conseil valaisan ait bouclé son enquête. Au surplus, il précise qu'aucune enquête pénale n'était ouverte contre lui.

(frb)