Santé valaisanne

03 novembre 2011 16:11; Act: 03.11.2011 18:28 Print

L'Etat veut cacher une erreur médicale

Le chef du département valaisan de la santé, Maurice Tornay, est accusé d'avoir voulu étouffer une erreur médicale. Le groupe parlementaire libéral-radical exige des explications.

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Un détail de la lettre du conseiller d'Etat valaisan adressée à Michel Clavien. (Photo: dr)

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L'affaire, révélée vendredi dernier par l'hebdomadaire satirique «Vigousse», commence à faire des vagues. Dans un communiqué diffusé jeudi, le groupe parlementaire libéral-radical s'interroge sur «un conseiller d'Etat au-dessus des lois»: «Qu'une autorité fasse pression sur des citoyens pour empêcher une autre autorité de remplir son rôle n'est pas admissible en démocratie».

«Aujourd'hui, nous attendons des explications et des justifications claires de la part du chef du département de la santé sur ces comportements qui ne doivent plus exister. Le Valais a besoin d'une politique de santé efficiente, transparente et de qualité», conclut le groupe PLR. Le site internet pour un Valais critique et libertaire «L'1Dex» va plus loin en demandant la démission du conseiller d'Etat PDC valaisan.

Erreur de diagnostic

Victime d'une erreur de diagnostic de l'Hôpital du Valais, Michel Clavien, l'ex-porte-parole de l'Etat, en a informé Maurice Tornay. Le chef du département valaisan de la santé lui a répondu que son cas serait examiné s'il n'en parlait ni à l'autorité de surveillance ni aux médias. Stupéfait par la réponse de Maurice Tornay, Michel Clavien, ancien chef de l'information de l'Etat du Valais, réplique au conseiller d'Etat qu'il s'en tiendra aux dispositions légales applicables en la matière dans un Etat de droit. Quelques semaines plus tard, il envoie son dossier à l'autorité de haute surveillance, soit la Commission de gestion (COGEST) du Grand Conseil valaisan.

«La Commission de gestion s'est en effet penchée sur ce dossier le mercredi 26 octobre», a confirmé à l'ats Laurent Léger, président de la COGEST. «J'avoue que personnellement, le fait que M.Tornay demande que l'expertise ne soit pas divulguée à l'autorité de haute surveillance - le parlement et ses commissions - me laisse perplexe et dubitatif...».

Mise en garde

Selon Michel Clavien, Maurice Tornay lui a envoyé un second courrier dans lequel il tente de manière «alambiquée» d'expliquer sa position en évoquant la protection de la sphère privée. La missive ne convainc pas plus son destinataire.

Maurice Tornay réfute vouloir et pouvoir interdire au patient de divulguer quoi que ce soit. Il indique que son rôle consiste à mettre en garde le patient contre les risques encourus par lui-même mais aussi par les tiers concernés, lorsqu'un dossier médical est mis sur la place publique. Le secret médical, le secret de fonction et la nécessité de trouver et de pouvoir conserver un expert peuvent être mis à mal, souligne-t-il.

Session animée

Cette nouvelle affaire remet aussi le doigt sur les manquements du Réseau Santé Valais: «Il aura fallu un troisième examen pour démontrer que les cellules étaient bien cancéreuses alors que les deux premiers le prouvaient déjà», regrette Michel Clavien.

L'ancien chef de l'information de l'Etat du Valais a soutenu l'ex- conseiller d'Etat Serge Sierro et Jean-Claude Pont dans leur croisade contre les dysfonctionnements du RSV. Mais il n'a pas porté plainte pour cette erreur de diagnostic de l'Hôpital du Valais, «même si elle a eu d'importantes conséquences sur ma santé».

La prochaine session du Grand Conseil qui débute le 15 novembre s'annonce d'ores et déjà animée: de très nombreuses interventions parlementaires relatives à la santé publique sont au programme.

(ats)