Wilders persona non grata

26 mai 2011 14:45; Act: 26.05.2011 23:03 Print

«Je pensais que la Suisse était un pays libre!»«Je pensais que la Suisse était un pays libre!»

Oskar Freysinger est furieux. La commune de Savièse refuse d'accueillir, samedi 11 juin, sur son territoire, le controversé politicien néerlandais Geert Wilders que l'UDC avait invité.

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Oskar Freysinger, apostrophe Michel Dubuis, president de la commune de Saviese alors que celui-ci informe la presse sur le refus de recevoir le politicien neerlandais Geert Wilders dans son village. (photo: Keystone)

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Les autorités de Savièse ont estimé, après «une évaluation des risques», que la venue de Geert Wilders le 11 juin dans leur commune représentait un trop grand danger. Elles l'ont annoncé, jeudi 26 mai en début d'après-midi, après avoir reçu hier une demande officielle d'une association islamiste à manifester à Savièse le même jour, indique la radio Rhône FM.

Le parlementaire néerlandais avait été convié par Oskar Freysinger à venir s'exprimer sur «l'islamisation de l'Europe» lors d'une soirée à la Halle des Fêtes à l'occasion du lancement de la campagne électorale de l'UDC du Valais romand.

Pour des motifs sécuritaires

Dans un communiqué diffusé jeudi, la municipalité de Savièse indique que des menaces de débordements sont réelles. Elles sont liés notamment à des projets de rassemblements organisés sur internet. Le Conseil communal a également «interdit toutes rencontres et rassemblements liés, de près ou de loin, à cette manifestation».

«Ces éléments pèsent désormais lourdement sur les intérêts et la sécurité de notre commune. Ils nous projettent dans une situation où l'on peut s'attendre à de grandes probabilités d'affrontements et de débordements», souligne la municipalité.

Un invité caché à la municipalité?

Et de préciser: «L'exécutif communal s'est posé la question suivante: «Pouvons-nous prendre le risque de mettre en danger la population saviésanne et de menacer l'ordre et la sécurité publics?». Cette décision communale est fondée exclusivement sur l'aspect sécuritaire et ne saurait être assimilée à une atteinte à la liberté d'expression».

La commune rappelle que la halle des fêtes avait été réservée pour une réunion politique ordinaire. La venue d'un invité «extraordinaire, annoncée tardivement, modifie totalement les conditions liées à la mise à disposition des locaux».

Une décision jugée inique

Président de l'UDC du Valais romand, Oskar Freysinger a qualifie la décision d'injuste, rapporte Rhône FM. Pour lui, c'est «le début de la fin des démocraties occidentales» qui «piétinent un principe fondamental qui est la liberté d'expression».

Contacté par «20 minutes», le Conseiller national confirme être sidéré par la décision des autorités du village où il réside. «Je ne pensais vraiment pas qu'il allait interdire la venue de Geert Wilders. Le président de la commune, le socialiste Michel Dubuis, connaissait depuis le 19 mars l'identité de la personnalité invitée. Peut-être n'a-t-il pas réalisé qui était Geert Wilders et pas eu le réflexe de se renseigner?», note Oskar Freysinger.

Et de s'offusquer: «Les autorités ont plié après l'annonce d'une manifestation de musulmans du Conseil central islamique suisse (CCIS), un organisme présidé par le Biennnois Nicolas Blanchot. C'est un comble! Quand ce sont des extrémistes musulmans qui se rassemblent en Suisse, comme à Bienne, ils peuvent le faire. Quand c'est Freysinger, un élu fédéral, qui invite quelqu'un au discours certes musclé mais qui est un élu d'un pays démocratique, à venir s'exprimer, on l'interdit! Moi qui pensait que l'on vivait dans un pays libre, je suis effaré!».

Geert Wilders dans une salle à Sion

La section locale du parti agrarien n'entend toutefois pas renoncer à recevoir Geert Wilders en Valais. Jeudi matin à 10h, elle a trouvé une solution alternative en louant une salle de 220 places au centre de conférences Giroud, à Sion. Le propriétaire de la salle indique espérer que la venue de Geert Wilders «se passe dans le calme».

«La salle de la Cave Giroud est beaucoup plus petite que celle de la Halle des fêtes de Savièse. On va passer d'une capacité de 1000 places à 220! Il faudra réfléchir si cette soirée privée se fera sur invitations. Pour la sécurité en dehors de la salle, ce ne sera pas mon problème», relève encore Oskar Freysinger

Incitation à la haine raciale

Dans son pays, Geert Wilders est jugé pour incitation à la haine raciale et à la discrimination envers les musulmans. Il encourt jusqu'à un an de prison ou 7600 euros d'amende.

Le 23 mai dernier, le tribunal d'Amsterdam a rejeté une demande de la défense de Geert Wilders qui demandait l'abandon des poursuites à l'encontre du chef de file d'un parti considéré comme de l'extrême droite néerlandaise.

Geert Wilders est poursuivi pour avoir comparé le Coran au «Mein Kampf» d'Adolf Hitler dans des déclarations faites entre 2006 et 2008 dans les journaux néerlandais, sur des forums internet et dans son film de 17 minutes «Fitna» («Discorde» en arabe). Film que le Valaisan Oskar Freysinger souhaitait projeter durant cette soirée à Savièse.

(ats/gco)

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  • titou le 06.06.2011 12:19 Report dénoncer ce commentaire

    Quelle utopie...

    la suisse, un pays libre? depuis quand? ca a toujours été une dictature cachée comme toute les "démocraties" européennes et américaines.

  • heidelberg le 01.06.2011 13:26 Report dénoncer ce commentaire

    Islam et Europe ne sont

    pas compatibles ! et les musulmans sont les plus grands intolérants ! Qu'ils aillent dans leurs pays construire leurs mosquée et qu'ils nous foutent la paix ! En Suisse on est chrétien point !

  • Damien le 01.06.2011 08:49 Report dénoncer ce commentaire

    Prise de position

    En fait chaque religion a du bon et du moins bon. Ce n'est pas la religion en elle-même qu'il faut blâmer mais plutôt les individus qui en font une mauvaise interprétation et qui essaient de l'imposer aux autres par la violence ou la fourberie ... De plus et c'est valable pour tout le monde, lorsqu'on s'expatrie pour quelle que raison que ce soit, on se doit d'avoir du respect pour le pays d'accueil en s'intégrant et non pas en imposant ses coutumes. La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres.

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