Affaire Luca

24 octobre 2011 12:00; Act: 24.10.2011 14:49 Print

Le dernier recours des parents accepté

Les parents du jeune Luca, retrouvé dénudé et inconscient à Veysonnaz (VS) en 2002, ont obtenu gain de cause au Tribunal fédéral. Ils pourront faire appel à un expert italophone.

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Le 7 février 2002, Luca Mongelli, alors âgé de 7 ans, est retrouvé, en début de soirée près de sa maison, inconscient. En hypothermie, il gît dans la neige, torse nu... la culotte baissée à hauteur des genoux et le corps couvert de griffures. Après deux mois de coma, il se réveille avec de graves lésions. Luca est quasi tétraplégique et aveugle. L'affaire est classée fin février 2004. Le chien est euthanasié. La justice valaisanne conclut qu'il a été attaqué par son propre chien, «Rocky», un berger allemand, qu'il promenait avec son petit frère Marco, âgé de 4 ans au moment des faits. «Canines», un roman, signé par un mystérieux auteur (sous le pseudonyme de Janus) et qui s'inspire de cette histoire, sort le 8 juin 2010 aux Editions Xenia. Le 13 octobre 2010, une pétition munie de plus de 9300 signatures a été déposée au Ministère public valaisan, à Sion. Elle demande la réouverture du dossier Luca. La pétition vient compléter une lettre adressée à l'Office du juge d'instruction cantonal le 4 octobre dernier par les parents de la jeune victime. Celui-ci garde encore aujourd'hui de graves séquelles. Ces derniers sollicitent la réouverture du dossier avec, à l'appui, un dessin réalisé au printemps 2005 par le frère cadet de Luca. Ce dernier retrace, selon eux, les événements du drame et implique l'intervention de tiers. Marco, le petit frère de la victime (presque 4 ans lors du drame) avait 7 ans lorsqu'il a réalisé ce dessin à l'école, en Italie. La maîtresse avait donné à ses élèves le thème «Dessine tes émotions». Selon le détective privé engagé par la famille, Marco a dessiné la scène de l'agression en exprimant le sentiment de la peur. Il explique qu'il regarde son frère en train de se faire tabasser. A terre, les yeux fermés, la bouche poussant des cris, c'est Luca en train de se faire taper par des méchants. En bas à gauche, Marco s'est dessiné lui-même, caché derrière un arbre, les yeux horrifiés et la bouche ouverte. Le Dr Charles-Antoine Haenggeli, neuropédiatre aux HUG, confirme que ce dessin est troublant. Ce serait «le scénario qui explique tout», a-t-il confié à la TSR, en janvier 2009. Le 4 janvier 2009, dans l'émission «Zone d'ombre» de la TSR, Luca, alors âgé de 14 ans, raconte ce qu'il s'est passé, selon lui.

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Les parents de Luca, tétraplégique après une agression subie à Veysonnaz en 2002, voient leur dernier recours accepté. Le Tribunal fédéral (TF) désavoue le Ministère public valaisan et impose un nouveau psychologue pour interpréter un dessin du petit frère de Luca.

En avril 2005, l'enfant avait réalisé un dessin dans son école en Italie. Il montrait Luca en train de se faire tabasser par d'autres garçons et contredit la version des autorités valaisannes, qui ont classé l'affaire et imputé l'agression au chien de la famille.

Exigeant la réouverture du dossier, les parents de Luca n'avaient pas accepté que le Ministère public valaisan choisisse de soumettre le dessin au psychologue canadien Hubert Van Gijseghem, qui ne parle pas l'italien et aurait dû établir un contact avec l'enfant avant de rendre son expertise.

Communication primordiale

Saisi du recours des parents de Luca, le TF partage leurs réticences. Il juge que la question de la langue est «problématique» et que «la communication avec l'enfant est primordiale dans le cas d'espèce».

«Sans remettre en cause les qualités intrinsèques de l'expert désigné par le Ministère public, on peut considérer qu'il ne dispose pas des qualités requises pour mener à bien son expertise», souligne le TF.

Il refuse toutefois de désigner lui-même un expert et d'appuyer le choix des parents, qui se porte sur un expert tessinois. Sur ce point, Mon-Repos précise qu'il appartiendra au Ministère public valaisan de vérifier dans un délai acceptable si ce spécialiste dispose des qualités requises. (arrêt 1B_495/2011 du 18 octobre 2011)

(ats)